Vu! 11.22.63

14 février 2018

Vu! 11.22.63

11.22.63

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Jake Epping est un professeur d’anglais vivant à Lisbon, dans le Maine. Alors qu’il mange un burger dans le diner d’Al, il reçoit la visite de sa femme pour qu’il signe les papiers du divorce. Al s’est absenté quelques minutes mais revient bien plus vieux et avec un cancer des poumons très avancé. Il explique à Jake l’existence d’un passage, dans son arrière-boutique, qui mène en 1960. Évidemment, Jake ne le croit pas, mais après l’avoir constaté de lui-même, il doit se rendre à l’évidence. Al lui confie la mission d’empêcher l’assassinat de Kennedy. D’abord sceptique, Jake accepte finalement de reprendre le flambeau. Al le prépare et, surtout, le prévient, quand on essaie de le changer, le passé résiste.

11.22.63 est une mini-série adaptée du roman éponyme de Stephen King développée par J. J. Abrams et co-produite par Stephen King lui-même. Ajoutez James Franco dans le rôle-titre et je suis prêt à faire une entorse à ma règle habituelle de ne plus regarder les adaptations des histoires de Stephen King.

Bon, la vérité c’est que je n’ai souvent pas besoin de grand-chose pour me laisser tenter.

Bref.

Je lance donc 11.22.63 avec l’espoir que, cette fois-ci, l’adaptation soit à la hauteur.

Mes espoirs n’ont pas survécu au premier épisode.

Mon plus gros et éternel problème, quand on en vient aux adaptations (en général, et de Stephen King en particulier), c’est que si peu d’entre elles semblent essayer de respecter l’histoire originale.

Je ne comprends toujours pas l’idée qui consiste à adapter une histoire et ensuite en changer plusieurs éléments-clefs jusqu’à en faire une pâle-copie de piètre facture.

Si j’arrête mon jugement à la seule adaptation, 11.22.63 est une grosse déception. L’histoire originale est tellement plus dense et complexe que la comparaison n’a pas lieu d’être. Pour tenir en huit épisodes, elle a été condensée et modifiée, avec des changements majeurs qui nuisent à l’impact global.

Si je laisse cet aspect de côté et que je juge la série seulement sur elle-même, je trouve l’intrigue plutôt intéressante et globalement bien traitée, quoi que parfois un peu facilement.

Niveau réalisation, c’est correct. Les rares effets spéciaux (passages du portail) sont, par contre, à la limite du ridicule. Mais l’ambiance du début des sixties est plutôt réussie, aussi bien dans les décors que dans les comportements.

James Franco est bon, même si a des moments il semble un peu ailleurs. Mais j’aime bien James Franco et je ne suis probablement pas objectif.

J’ai trouvé Sarah Gadon parfaitement charmante en Sadie Dunhill et George MacKay très intéressant, même si son personnage de Bill est bien trop développé dans la série, pour compenser des changements majeurs dans l’intrigue.

Lucy Fry est très bien dans le rôle de Marina Oswald. J’ai aussi aimé retrouvé Nick Searcy de Justified, Cherry Jones, Gil Bellows, T. R. Knight, Leon Rippy et même Josh Duhamel, étonnamment convaincant en mari alcoolique et violent.

J’ai eu un peu plus de mal avec Chris Cooper, que j’ai trouvé très emprunté, et avec Daniel Webber, qui joue Lee Harvey Oswald. mais c’est peut-être parce que je venais de le voir dans The Punisher et que les deux rôles m’ont semblé trop proches.

J’ai aimé que la série se termine de la même manière que le livre, même si, ça va sans dire, c’est bien plus efficace dans le roman, où la notion de sacrifice est plus importante et mieux travaillée.

L’adaptation du roman est moyenne, mais 11.22.63 n’est pas une mauvaise série. Je suis seulement déçu qu’avec l’équipe de choc réunie devant et derrière la caméra, ils n’aient pu prendre le risque de rester plus fidèle à l’histoire. En adaptant le roman à la lettre, il y avait pourtant de quoi faire au moins deux ou trois saisons pleines et de qualité.

Si vous avez lu le roman, attention, 11.22.63 pourrait vous décevoir. Si vous ne l’avez pas lu, la série pourrait d’autant plus vous plaire. Mais il va de soi que je vous conseillerais plutôt de lire le roman.

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