Vu! 13 Reasons Why, saison 1.

6 juin 2017

Vu! 13 Reasons Why, saison 1.

Quelques semaines après le suicide de Hannah Baker, Clay Jensen, un lycéen de 17 ans, reçoit une boîte contenant 7 cassettes. Sur chaque face, Hannah explique les raisons de son geste. À mesure qu’il écoute les confessions, Clay comprend que plusieurs de ses camarades ont des choses à se reprocher et sont tous, à leur façon, plus ou moins responsable de la mort d’Hannah. Perturbé, il va se remettre en question et devoir décider ce qu’il doit faire des informations. D’autant plus que lui-même a droit à sa cassette.

13 Reasons Why est LA série Netflix du moment, celle dont tout le monde parle. Quand elle est apparue sur le site de streaming, je l’ai d’abord laissée de côté. Les séries pour ados américains, c’est pas ma came. Trop lisse. Trop niais.

Puis plusieurs personnes m’ont poussé à revoir mon jugement. Finalement, puisqu’on m’assure que 13 Reasons Why n’est pas le teen show typique et qu’il vaut le coup d’œil, pourquoi pas ?

Après tout, le pitch est alléchant, cette histoire d’ado qui se suicide en laissant derrière elle les raisons de son acte définitif. Bon, on s’emballe pas, faut encore trouver le moyen de faire en sorte que chacune de ces treize raisons s’additionnent pour, effectivement, justifier le suicide. Tout en réussissant à susciter chez le spectateur, à la fois de l’intérêt et, surtout, de l’empathie.

J’aime l’idée que le suspense final soit tué d’entrée (si vous lisez mes histoires, ça ne vous surprendra pas). On ne cherche pas à savoir si Hannah va aller jusqu’au bout, puisqu’elle est déjà morte.

Par contre, côté empathie, c’est plus compliqué. Je ne sais pas si c’est que moi, mais j’ai eu beaucoup de mal à apprécier Hannah. Je l’ai trouvée fade, superficielle, capricieuse, excessive et parfois carrément niaise.

C’est dommage, car 13 Reasons Why se veut une série avec des ados, certes, mais adulte néanmoins. Le thème principal, déjà, n’est pas anodin. Le suicide d’un ado, c’est plus que potentiellement polémique (et créateur de buzz), c’est un sujet grave. Un sujet qui mérite d’être traité avec sérieux.

Les responsabilités de chacun doivent donc refléter ce sérieux, cette gravité. Pour les deux tiers au moins de la saison, ce n’est pas le cas (du tout). C’est même puéril, presque insignifiant, en tout cas rien qui justifie de mettre fin à ses jours.

Si l’intensité monte crescendo, ce qui est une bonne chose, il m’a fallu une dizaine d’épisodes pour commencer à m’investir. Sur 13, ça fait un ratio très faible.

Les premiers épisodes sont longs et globalement assez ennuyeux. Les ficelles sont grossières et l’enjeu rarement souligné. Le fait le plus grave, c’est un lycéen un peu geek qui espionne l’héroïne dans sa vie privée. Pour le coup, c’est criminel, mais le châtiment est peu adapté et le coupable présenté comme inoffensif. C’est vrai que ça crée un potentiel concret pour une évolution très intéressante à l’avenir.

Le reste, c’est plutôt bof. Des trucs d’ados. Des listes sexistes, des rumeurs mal exploitées. Des rebondissements qui manquent de logique ou de réalisme. Quand on connait toute l’histoire, nombre d’éléments ne tiennent plus vraiment la route.

Les personnages centraux n’aident pas. Sous ses airs de série teenager audacieuse, 13 Reasons Why ressemble à une pub pour Benetton. Je pense même que les créateurs ont joué au Twister des stéréotypes pour déterminer les profils des lycéens. Mieux, je le sais de source sûre car j’ai pu mettre la main sur un extrait de réunion créative qui le prouve.

Mais revenons aux personnages. Ils se veulent différents et divers, à la fois traditionnels et anti-conformistes. Dans l’ensemble, ils paraissent pourtant tellement lisses. Et le casting conventionnel au possible n’aide pas. À l’exception des personnages de Clay et, dans une certaine mesure, de Bryce, il n’y a pas de surprise.

À commencer par Katherine Langford, qui joue une Hannah inconsistante et très peu attachante. Agaçante, même, à plusieurs endroits. Elle se rattrape par moment, notamment avec quelques scènes de très bonne facture dans les derniers épisodes. Mais globalement, son interprétation ne cadre pas avec celui d’une personnalité suicidaire. J’avais besoin de me mettre dans sa peau, de comprendre comment elle avait pu en arriver à vouloir se tuer. Ce n’est pas le cas.

Dylan Minnette, heureusement, relève le niveau. Il est à lui seul une raison suffisante pour persévérer quand on a très envie de lâcher après quelques épisodes. Si on laisse de côté son patronyme ridicule (en tout cas en français), son interprétation est excellente, même quand son personnage peine un peu.

Justin Prentice, lui, joue un personnage très stéréotypé, mais il le fait bien et sait être méprisable et détestable.

Du côté des adultes, c’est clairement mieux, grâce à des acteurs expérimentés comme Kate Walsh, Mark Pellegrino ou Steven Weber.

La réalisation est au top. C’est l’aspect le plus réussi de la série. Plus encore que la musique, qui est très MTV sur les bords.

Dans l’ensemble, 13 Reasons Why n’est pas vraiment une mauvaise série. Elle a des qualités certaines, ose aborder certains sujets tabous et graves et le fait de façon plutôt sérieuse. Mais elle met beaucoup trop longtemps à se mettre en place et ses épisodes d’une heure n’encouragent pas au binge watching. Elle verse également trop régulièrement dans la facilité et peine parfois à rester plausible.

Les derniers épisodes sont meilleurs, même si les épisodes 10 et 11 mettent à mal la crédibilité déjà fragile d’Hannah. Les épisodes 12 et 13 rattrapent tant bien que mal, mais un peu tardivement à mon goût. Ils auraient dû m’achever, pas seulement me tirer un pénible « quand même… ».

Le finale témoigne de la volonté de 13 Reasons Why d’aller jusqu’au bout de son propos. Et ce qui est cool, c’est que je peux en parler ouvertement, puisque la fin est connue dès le début.

J’ai trouvé la scène du suicide d’Hannah très forte et très réaliste visuellement. Une scène qui sera certainement dure à regarder pour beaucoup, mais qui est particulièrement nécessaire. La scène où la mère découvre le corps de sa fille est également très puissante. Parfaite, même.

La fin laisse présager , assez subtilement, les conséquences possibles sur une saison 2 d’ores et déjà commandée.

J’aurais presque espéré qu’on en reste là. Parce que je crains d’en avoir eu tout juste suffisamment pour avoir envie de regarder la suite, mais sans être pour autant emballé. Espérons que le rythme, maintenant que l’univers est en place, soit plus soutenu.

13 Reasons Why n’est pas un coup de cœur, je suis même très mitigé. Si les intentions sont bonnes, le résultat n’est pas toujours au niveau. Mais ce n’est pas mauvais pour autant et ça a le mérite d’aller dans la bonne direction.

En résumé, faites-vous votre propre opinion.

 

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