Vu! 3 Billboards, de Martin McDonagh.

13 juin 2018

Vu! 3 Billboards, de Martin McDonagh.

3 Billboards

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Dans la petite ville d’Ebbing, Missouri, près d’un an après le viol et le meurtre d’Angela Hayes, personne n’a été arrêté. Pour mettre la pression sur le chef de la police de la ville, Mildred Hayes, la mère d’Angela, décide de louer trois panneaux publicitaires sur le bord d’une petite route à la sortie de la ville. Sur les panneaux, elle invective la police pour le manque de résultat. Si son geste provoque la colère des habitants, qui soutiennent Bill Willoughby, le chef de la police, atteint d’un cancer en phase terminal, il a le mérite de faire reparler de l’affaire et de relancer l’enquête.

J’avais entendu parler de 3 Billboards à sa sortie ciné, le film ayant récolté plusieurs prix. De toute façon, avec un casting réunissant Frances McDormand, Woody Harrelson et Sam Rockwell en têtes d’affiche, il n’était pas question que je passe à côté.

Et puis j’aime bien les histoires de vengeance. J’aime bien également les histoires qui se passent dans les petites villes où tout le monde connaît tout le monde, à la Stephen King, et où les rancœurs sont facilement exacerbées.

Je pensais ne pas connaître Martin McDonagh, mais il s’avère en fait que j’ai vu ses deux autres films, Bon Baisers de Bruges et Sept Psychopathes et que les deux films m’ont laissé un plutôt bon souvenir.

Pour ce troisième film, il s’inspire grandement du meilleur du cinéma indépendant américain en racontant une histoire solidement ancrée dans la réalité crue du quotidien d’une petite ville. Les décors semblent authentiques et justes et la photo est souvent magnifique.

Mais plus encore, c’est l’importance donnée aux personnages qui m’a marquée. Tous ont une personnalité, une identité, un rôle à jouer, même les personnages secondaires.

Frances McDormand, sans aucune surprise, est parfaite dans ce rôle de femme imparfaite, marquée par la mort de sa fille, par l’absence de résultats de l’enquête de police et par ses propres erreurs. Oubliez le stéréotype de la mère abattue qui lutte contre l’injustice, le personnage de Mildred est tout sauf larmoyant, bien au contraire. Mais il sonne terriblement humain, dans toute sa complexité.

Woody Harrelson est lui aussi très bon dans son double rôle de chef de police juste (mais peut-être un peu laxiste) et de père de famille touché par la maladie. Ce n’est pas non plus une surprise, l’acteur américain, qui avait déjà travaillé avec le réalisateur britannique sur Sept Psychopathes, étant capable de jouer dans tous les registres à la perfection.

Sam Rockwell est un flic frustré à la mauvaise hygiène de vie et la réputation sulfureuse. Il est accusé d’avoir torturé un Noir en interrogatoire et se laisse aller à des phases de violence, même si Willoughby insiste sur son bon fond. Lui aussi avait déjà joué dans Sept Psychopathes et Martin McDonagh sait visiblement exploiter toute l’ambivalence de son interprétation. Même si j’ai trouvé que certains aspects de son personnage manquaient un peu de cohérence, surtout sur la fin.

Et les personnages secondaires ne sont pas en reste. John Hawkes est flippant en ex-mari violent, Lucas Hedges campe bien son rôle de fils de Mildred, Caleb Landry Jones est excellent en jeune publicitaire provocateur mais la très bonne surprise se nomme Samara Weaving (la nièce d’Hugo), géniale dans son rôle de Penelope.

Par contre, j’ai eu l’impression que le personnage de Peter Dinklage était un peu forcé et pas forcément très bien exploité. Mais ce n’est rien à côté de la prestation très moyenne d’Abbie Cornish, qui est la vraie fausse note du casting.

Côté histoire, l’intrigue est plutôt intelligente, en se focalisant sur les personnages et comment ils vivent leur situation plus que la situation en elle-même. J’aime la façon dont ce changement d’approche donne toute sa profondeur au film, même si j’ai noté plusieurs incohérences plus ou moins légères.

Ça m’empêche de faire de ce film un gros coup de cœur mais je ne m’y attarde pas vraiment non plus car j’ai malgré tout passé un très bon moment avec de très bons acteurs, allant même jusqu’à me faire surprendre par l’arrivée du générique de fin.

Si vous aimez les films indépendants américains, les drames personnels, les films noirs, les personnages avec des aspérités et les acteurs de talent, je vous recommande chaleureusement de jeter un coup d’œil à 3 Billboards.

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