Abandonné! You, saison 1.

25 janvier 2019
You, saison 1.

You, c’est la nouvelle série phare de Netflix, lancée le jour de Noël. Un cadeau empoisonné ?

You, c’est l’histoire d’un libraire new-yorkais à tendance psychopathe qui s’éprend et devient obsédé par Beck, une jeune et jolie cliente, aspirant écrivain. Plutôt que d’espérer la revoir ou de tenter de la séduire par des moyens disons classiques, comme le feraient n’importe qui d’équilibré, il va se mettre à la traquer, d’abord sur internet, puis dans la vraie vie, s’immisçant petit à petit dans son intimité.

Il va l’épier depuis sa rue, la suivre à sa fac (comme s’il n’avait rien de mieux à faire de ses journées, genre bosser), arranger une rencontre fortuite, lui sauver la vie lorsqu’elle tombe, raide bourrée, sur les rails du métro en pleine nuit, se faire vomir dessus, en profiter pour subtiliser son téléphone portable, surveiller ses communications, s’introduire chez elle, la regarder coucher avant son plan cul régulier, avant de kidnapper ce dernier et de le séquestrer.

Tout ça, pendant le premier épisode de 45 minutes.

Autant dire que, pour moi qui aime les histoires qui prennent leur temps, c’était mal barré. Très mal barré, même.

J’ai quand même regardé le deuxième épisode par acquis de conscience (et parce que je trouvais le concept intrigant), mais mes soupçons ont été vite confirmés : You est une série médiocre qui se fait passer pour une série de qualité.

L’idée est, sur le papier, intéressante (c’est marrant, d’ailleurs, parce que c’est adapté d’un roman, en l’occurrence Parfaite, de Caroline Kepners). La réalisation est plutôt soignée, avec une photo qui évoque une production de qualité. Même l’acteur principal, Penn Badgley, est plutôt bon dans son rôle.

À côté de ça, Elizabeth Lail, qui interprète Beck, est mignonne, quoi que banale et interchangeable. Bon, pour sa défense, son personnage n’est pas sublimé par le scénario (en tout cas sur les deux premiers épisodes).

Mais le défaut majeur de la série est ailleurs. Il se trouve au niveau de la création/production. Car You est une série créée et produite par nul autre que Greg Berlanti.

Si vous me suivez, vous savez tout le bien que je pense de ce saboteur de séries notoire. Sinon, pour la faire courte, je crois que Greg Berlanti serait tout à fait capable de ruiner un chef d’œuvre avant la première coupure pub. Et je pèse mes mots.

Greg Berlanti n’essaie pas de raconter une histoire, il essaie d’aller toujours plus loin toujours plus vite, sans se soucier de trivialités comme la crédibilité ou la cohérence.

You n’est que la dernière preuve en date de son incapacité à créer/produire une bonne série.

C’est grossier, c’est bâclé. Le premier épisode à lui seul avait des éléments qui auraient pu être racontés sur une saison entière. Bien sûr, pour ça, il aurait fallu être subtile, pervers, il aurait fallu prendre son temps, faire preuve d’audace, d’ambition, et ça, Greg Berlanti ne sait juste pas faire.

Une partie de moi aurait aimé aller au bout des dix épisodes de You pour juger la saison dans son ensemble, mais à quoi bon, puisque je n’aurais pu être que déçu et frustré par un tel gâchis.

Alors j’arrête les frais.

Et j’instaure pour nouveau principe de boycotter unilatéralement tout ce qui comporte la mention Greg Berlanti (et je vous recommande vivement d’en faire autant).

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