Vu! André, The Giant.

17 avril 2018

Vu! André, The Giant.

C’est assez étrange de se dire qu’une des premières grande star du catch était un français et qu’il est, encore à ce jour, considéré comme une légende Outre-Atlantique et si rarement évoqué en France.

Bon, il faut dire que le catch ne jouit pas particulièrement d’une bonne image en France.

Pour ma part, j’ai toujours été intrigué par le catch. Par ces hommes adultes qui se pavanent en slip en faisant (plus ou moins bien) semblant de se battre. Aujourd’hui encore, cet univers me fascine.

La plupart du temps, ce sont des chorégraphie mettant en valeur des monstres de physique ou des athlètes capables de réaliser des prises spectaculaires, qui prennent des risques et se font mal (car même si c’est faux, la douleur est réelle) pour divertir le public, le tout sur fond d’histoires souvent basiques et circonstancielles.

Mais, parfois, il y a des moments grandioses (je pèse mes mots) et, dans ces moments-là, le catch devient quelque chose de magique, qui génère des émotions extraordinaires. Dans ces moments-là, le catch est une discipline, un art.

Je pourrais citer le moment où, après leur combat à NXT Takeover : War Games, Aleister Black prononce le nom de Velveteen Dream ; le moment où Daniel Bryan remporte le titre de champion à Wrestlemania XXX devant une foule de plusieurs dizaines de milliers de spectateurs chantant Yes! Yes! Yes! ; le moment où CM Punk balance ses quatre vérité dans un épisode de RAW ; où Chris Benoit et Eddie Guerrerro célèbrent leur victoire à Wrestlemania XX ; où Hulk Hogan qui se révèle être le troisième membre fondateur de la nWo ; où Sting affronte à lui seul la nWo ; où Steve Austin fait un double doigt d’honneur à Mike Tyson.

Il y en a d’autres, et des dizaines, comme ce soir, lors de Wrestlemania III, où Hulk Hogan bodyslam André The Giant et lui inflige sa première défaite depuis plus de quinze ans.

J’ai entendu parler d’André le Géant quand j’étais gamin et que je regardais le catch, le samedi matin, à la télévision. Mais je ne l’ai que très rarement vu catcher. En tout cas à l’époque. Plus tard, j’ai vu les premiers Wrestlemania en VHS et j’ai trouvé qu’André était trop lent et pas assez agile pour être vraiment impressionnant, que ses combats n’étaient globalement pas de très bonne qualité.

Mais je ne l’ai jamais vu au sommet de son art et s’il est devenu, à titre posthume, le premier catcheur à entrer au Hall of Fame de la WWF (devenue WWE), si une bataille royale annuelle a été créée pour lui rendre hommage, il devait bien y avoir une raison.

André Roussimoff, né le 19 mai 1946 à Coulommiers, se fait connaître dès les années 60, avant même sa majorité, dans le monde du catch, d’abord français, puis international grâce à sa carrure imposante. Atteint d’acromégalie, il mesure plus de deux mètres vingt et pèse plus de 150 kilos (il montera à plus de 240 kilos en fin de carrière). Malgré son gabarit, André est assez athlétique. Il se fait rapidement un nom en France, où il incarne le Géant Ferré, personnage basé sur un héros historique, puis dans le reste de l’Europe et du monde. Tantôt nommé Monster Roussimoff ou The Polish Giant (du fait des origines polonaises du côté de sa mère), il finira par devenir André The Giant au début des années soixante-dix.

À l’époque, le catch est territorial, ce qui permet à André d’écumer les différents territoires pour avoir toujours un nouveau vivier de combattants à affronter et éviter de lasser le public. Au début des années 80, Vincent K. McMahon rachète la World Wide Wrestling Federation à son père Vincent J. McMahon dans le but de profiter des premières chaînes de câble pour conquérir le marché nord-américain. La WWWF devient la World Wrestling Federation et André The Giant en est une des figures de proue.

D’une certaine façon, André The Giant est le premier catcheur à devenir une superstar et transcender le monde du catch. Il aura le droit à des articles dans Sports Illustrated, jouera dans des séries comme L’Homme qui valait trois milliards ou encore dans le film Princess Bride.

Malheureusement, sa maladie aura de graves conséquences sur sa santé et mettra un frein à sa carrière dans les années 80. Néanmoins, en 1987, lors de Wrestlemania III, il reviendra après une opération au dos, pour affronter la nouvelle star de la WWF, Hulk Hogan, et passer le flambeau dans un match qui a contribué à cimenter la légende de Hulk Hogan.

Après ce point, et même s’il deviendra plus tard champion du monde de la WWF, sa carrière est ruinée par ses problèmes de santé. Quelques semaines après son dernier combat au Japon, au début des années 92, André rentre en France pour voir son père, gravement malade. Quelques jours après le décès de son père, il est retrouvé mort dans une chambre d’hôtel à Paris des suites d’une crise cardiaque causée par sa maladie.

Ce documentaire produit et diffusé par HBO raconte en 1h30 la vie et la carrière d’André the Giant. À travers des témoignages d’Hulk Hogan, Ric Flair, Vince McMahon et quelques autres personnalités du monde du catch, d’historiens de la discipline et d’analystes, mais aussi de Rob Reiner, Billy Cristal, Cary Elwes et Robin Wright, qui ont côtoyé André sur le tournage de Princess Bride.

1h30, c’est bien trop court pour raconter la vie d’André et beaucoup de points auraient mérité d’être d’avantage creusés. Mais ça donne une bonne idée de l’homme qu’il était, de sa joie de vivre, de sa capacité à boire (Ric Flair raconte une soirée où André aurait bu plus de 100 bières et d’autres des journées où il buvait du vin par caisses entières), de son besoin de boire pour calmer les douleurs causées par sa maladie, de son rapport aux autres, de son aura, du respect qu’il imposait, de son envie d’être normal, de son refus des traitements qui auraient pu prolonger sa vie, de son acceptation de sa condition.

1h30, c’est trop peu pour revenir sur la vie d’un homme, d’une légende, plus grand que nature.

Mais diable, ce que cette heure et demie est captivante et touchante. Elle nous offre, à travers les témoignages de ceux qui l’ont connu, un aperçu de la vie d’André sur la façon dont il a conquis le monde grâce à sa personnalité et son physique hors norme.

Que vous soyez fan de catch ou non (bon, ça marchera peut-être mieux si vous êtes fan de catch), si vous avez l’occasion de regarder ce documentaire sur une des légendes françaises les plus méconnues, je vous le recommande chaudement.

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