Vu! Assassin’s Creed, de Justin Kurzel.

2 mai 2017

Vu! Assassin’s Creed, de Justin Kurzel.

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Enfant, Callum est témoin de l’assassinat de sa mère par son propre père. Poussé par ce dernier, il s’enfuit tandis que des véhicules noirs entourent la propriété familiale. Trente ans plus tard, Callum est exécuté par injection létale après avoir commis un meurtre. Il se réveille après quelques heures, à l’intérieur d’un grand complexe futuriste appartenant à l’entreprise Abstergo Industries. Le Docteur Sophia Rikkin lui explique alors qu’il est le descendant d’Aguilar, un maître de la confrérie des assassins qui opérait durant l’Inquisition espagnole. Grâce à l’Animus, une machine capable de synchroniser les souvenirs d’Aguilar contenus dans son ADN, Callum va pouvoir revivre des passages de la vie de son ancêtre et ainsi découvrir où il a caché la Pomme d’Eden, artefact ancien qui contiendrait les clefs pour éradiquer la violence.

Plusieurs choses à dire, avant de rentrer dans le vif du sujet.

Premièrement, j’ai joué à quelques épisodes de la saga vidéo-ludique. Le premier, que j’avais trouvé très beau mais ultra-répétitif, et qui ne m’avait pas donné envie de joué au deuxième. J’ai essayé un peu le troisième, sans rentrer dedans. J’ai pris plus de plaisir avec le quatrième, qui ressemblait un peu à tous les jeux récents de type monde ouvert, mais qui se distinguait grâce à ses bateaux.

Deuxièmement, j’ai découvert Justin Kurzel avec Macbeth, que j’avais trouvé esthétiquement très impressionnant, même si parfois un peu longuet, Shakespeare oblige. Je n’ai pas contre toujours pas vu les Crimes de Snowtown, malgré les très bonnes critiques que j’ai entendu sur ce film.

Troisièmement, j’adore Michael Fassbender.

Quand j’ai entendu parlé d’une adaptation d’Assassin’s Creed en film, ma première pensée a été de me dire qu’ils allaient encore nous pondre un blockbuster insipide fait à la va-vite histoire de tirer quelques deniers supplémentaires d’une saga de jeux vidéos qui en rapporte déjà pas mal.

Puis j’ai vu Macbeth et j’ai appris dans la foulée que le trio principal (Justin Kurzel, Michael Fassbender et Marion Cotillard) travaillerait ensemble sur le film. Et, d’un coup, je me suis mis à attendre quelque chose de ce film.

Ai-je eu raison ? Ai-je eu tort ?

La réponse se situe évidemment quelque part entre les deux.

Visuellement, j’ai beaucoup aimé cet Assassin’s Creed. Avec ses courses-poursuites folles à travers l’Espagne de l’Inquisition, déjà. Les amateurs de parkour s’y retrouveront sans mal et ceux qui apprécient les grands décors également. Les scènes de combats, aussi, sont agréables à suivre et plutôt bien chorégraphiées.

L’histoire a un potentiel indéniable. Cette lutte de croyance entre les Assassins et les Templiers peut être développée et creusée à l’infini, avec la possibilité d’explorer toutes les zones grises entre les deux groupes, faisant des gentils des méchants et vice-versa selon le point de vue choisi.

On n’en voit malheureusement pas beaucoup dans ce premier volet (nul doute que d’autres suivront), l’accent étant mis sur la découverte de l’univers, sur la technologie de l’Animus (symbolisé par un bras métallique géant qui frise parfois le ridicule) et les enjeux politico-économiques de la découverte de la Pomme.

Côté casting, on a donc Michael Fassbender dans le premier-rôle. Comme c’est l’un des meilleurs acteurs de notre génération, il n’est pas surprenant qu’il soit au niveau. Bon, il n’est pas oufissime, comme il peut l’être dans certains films (Macbeth, par exemple), mais il est très bon.

Pour Marion Cotillard, par contre, c’est plus compliqué. Je précise que je l’aime bien et que je ne suis pas de ceux qui l’ont tournée en ridicule après The Dark Knight Rises. Mais j’aurais aimé qu’elle joue un personnage moins froid. Son interprétation manque souvent de conviction et c’est dommage car il y avait de quoi faire.

À leurs côtés, on retrouve les expérimentés Jeremy Irons et Charlotte Rampling dans des rôles assez sombres mais relativement peu exploités. Brendan Gleeson, Michael K. Williams, Denis Ménochet, Ariane Labed et Essie Davis complètent le casting.

Assassin’s Creed n’est pas un mauvais film, surtout quand on le compare aux autres blockbusters du même type. Il souffre d’un scénario un peu brouillon par moments, avec notamment des incohérences très hollywoodiennes (la négation des moyens de transport, notamment) et des retournements de situation pas toujours bien amenés. Dommage également qu’ils aient tenu à faire une histoire originale (et surtout qu’ils l’aient un peu bâclée) quand il y a déjà tellement de matériel disponible à travers la saga. La réalisation est également assez inégale.

Néanmoins, j’ai trouvé l’ensemble plutôt sympathique à regarder. On retrouve un certain nombre d’éléments des jeux vidéos et le rythme est plutôt bon, avec beaucoup d’action, mais pas trop.

On pourra reprocher au film de mettre l’accent sur le présent et pas assez sur le passé, comme dans les jeux, ou la construction des personnages qui laisse un peu à désirer, mais si vous avez aimé l’univers d’Assassin’s Creed ou que vous appréciez les films d’actions en règle générale, cette adaptation reste quand même un (petit) cran au-dessus des productions habituelles du genre.

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