Vu! Ave, César !, de Joel et Ethan Coen.

2 novembre 2016

Vu! Ave, César !, de Joel et Ethan Coen.

ave-caesarDans le Hollywood des années 50, Eddie Mannix est le fixer du studio Capitol Pictures. Lien direct avec le grand patron à New York, il doit veiller au bon fonctionnement du studio, à éviter que les facéties de ses stars soient découvertes par le grand public tout en réglant les divers problèmes et en orientant la presse dans la bonne direction.

Attendu avec beaucoup d’espoirs, le dernier film en date des Frères Coen promettait d’excellentes choses. On connait le duo de scénaristes/réalisateurs pour ses histoires loufoques et ses personnages pittoresques, alors les imaginer revisitant l’Âge d’Or des studios de cinéma Hollywoodiens était alléchant. D’autant plus quand on voit le casting avec lequel ils travaillent ici.

Jugez plutôt : Josh Brolin dans le rôle d’Eddie Mannix (inspiré par le célèbre fixer Eddie Mannix) ; George Clooney en star de cinéma, qui joue un centurion romain dans un péplum sur Jésus (et auquel le film emprunte le titre) ; Channing Tatum en star de comédie musicale ; Scarlett Johansson en starlette à la vie privée chaotique ; Aiden Ehrenreich dans le rôle d’un acteur de western propulsé à l’affiche d’une drame psychologique ; Ralph Fiennes en tant que réalisateur snob et exigeant ; Tilda Swinton dans le double rôle de deux soeurs jumelles journalistes rivales ; sans compter les petits rôles de Jonah Hill, Frances McDormand, Alison Pill, Fred Melamed, David Krumholtz, Robert Picardo, Clancy Brown, Wayne Knight, Jack Huston, Michael Gambon et même Christophe Lambert ou encore Dolph Lundgren.

Avec autant d’acteurs de renom, il faut une histoire à la hauteur, qui permette de mettre tout le monde en avant. Et les bases sont là, avec la star du studio à la réputation sulfureuse qui se fait enlever par des figurants avant d’être livré à un groupe de scénaristes communistes qui lui font un cours de marxisme. Mannix doit gérer la pression des journalistes, les déboires des autres stars, les caprices de son réalisateur vedette, les exigences de son patron, l’offre d’emploi venue du secteur de l’aviation et sa femme qui s’ennuie, seule à la maison.

Mais, malgré quelques scènes sympathiques et autres personnages truculents, la mayonnaise ne prend pas. Déjà parce qu’à s’éparpiller dans tous les sens, on en perd de vue le but de ce film. Si tant est qu’il y en est un. Et il y a tellement de personnages que l’on a pas le temps de s’attacher à la plupart d’entre eux et beaucoup de situations s’en trouvent sous-exploitées.

Sans aller jusqu’à dire que c’est un navet complet (faut peut-être pas exagérer), ce Ave, César ! reste néanmoins une déception. Il manque de véritables scènes cultes, de dialogues truculents et, surtout, de liant. J’ai eu l’impression d’assister à une succession de sketches inégaux qui, pour la plupart, tournent plus à la caricature qu’à la parodie. Et j’ai eu une vilaine impression de gâchis au moment du générique final, en imaginant le potentiel qu’avait ce casting XXL sous la houlette du duo de réalisateurs de génie.

Sans être tout à fait désagréable à regarder, Ave, César ! ne fera probablement pas partie de ces films des Frères Coen que l’on peut regarder et reregarder encore et encore avec autant de plaisir des années après leur sortie.

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