Vu! Big Eyes, de Tim Burton.

23 mai 2017

Vu! Big Eyes, de Tim Burton.

Big Eyes

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À la fin des années cinquante, Margaret Ulbrich s’enfuie de son domicile conjugal avec Jane, sa fille. Elles débarquent à San Francisco, où Margaret fait de son mieux pour trouver du travail tout en continuant à peindre et vendre des portraits sur un marché. C’est là qu’elle rencontre Walter Keane, un artiste comme elle, qui a vécu à Paris, a fait les Beaux-Arts et vend des peintures de paysages parisiens. Walter tombe aussitôt sous le charme de Margaret et l’épouse. Un peu par hasard, il se met à vendre une des toiles de sa femme à son nom. Le succès est fulgurant. Mais Margaret a de plus en plus de mal à accepter la situation.

Tim Burton, en théorie, c’est l’assurance d’un bon film, d’une histoire parfois glauque, parfois loufoque, souvent noire, mais toujours touchante et humaine. Pensez à Beetlejuice, Edward Aux Mains d’Argent, Sleepy Hollow, L’Étrange Noël de Monsieur Jack, Big Fish, ou même Batman.

Bon, j’ai bien dit en théorie.

Si j’ai mis autant de temps à regarder ce Big Eyes, c’est notamment parce que j’en avais entendu des critiques mitigées et que j’étais encore marqué par un Alice au Pays des Merveilles très moyen. Mais bon, je me suis dit qu’il était temps et je me suis lancé.

Dès le début, il y a un petit côté Big Fish, avec ces couleurs, à l’opposée de la palette habituellement sombre du réalisateur, avec ces personnages aussi, ce Walter plein de bagout, ainsi que les rôles de Krysten Ritter et Jason Schwartzman. Il y a aussi la performance tout en retenue d’Amy Adams.

Malheureusement, l’état de grâce passe très, très vite.

Les facéties de Walter m’ont rapidement agacées. Les personnages de Krysten Ritter et de Jason Schwartzman disparaissent. Margaret reste plutôt attachante, mais elle est confinée à son atelier et à des préoccupations qui me dépassent.

Si Amy Adams livre une prestation très juste, elle ne fait rien qu’on ne lui connaisse déjà et il manque cruellement ce petit quelque chose qui rendrait son personnage mémorable.

Christoph Waltz, que j’apprécie d’habitude beaucoup, a laissé sa subtilité au vestiaire. Danny Huston, dans son rôle de journaliste narrateur, est plutôt bon, au contraire de Terrence Stamp qui ressemble à un Christopher Walken au rabais.

Et puis bon, l’histoire, aussi vraie soit-elle, ne m’a que moyennement passionné. À vrai dire, je ne comprends toujours pas l’énormité de ce scandale qui a secoué le monde l’art. Impossible, par conséquent, de m’impliquer émotionnellement.

Big Eyes, au final, n’a rien en commun avec Big Fish. Il manque des rires, des larmes, et surtout une certaine magie. Il y a bien quelques plans, avec ces personnages aux yeux démesurés qui donnent leur nom au film, mais c’est à peu près tout. Ni la tension grandissante ni la folie qui gagne Margaret ne transparaissent à l’écran.

Si j’apprécie beaucoup le travail plus ancien de Tim Burton, j’ai beaucoup de mal avec ses films plus récents.

Big Eyes en est, pour moi, un exemple parfait. Tim Burton y réalise un biopic plutôt lisse et sans réelle saveur. Un film qui ne mérite pas la mention Tim Burton. Un film, en fait, qui aurait pu être réalisé par à peu près n’importe qui sans que ça fasse de grande différence.

Dommage.

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