Vu! Birdman, de Alejandro Gonzalez Iñarritu.

20 octobre 2016

Vu! Birdman, de Alejandro Gonzalez Iñarritu.

birdman

Voir sur Amazon

Il y a vingt ans, Riggan Thomson était la star d’Hollywood en prêtant ses traits au super-héros Birdman. À la recherche de reconnaissance et pour relancer sa carrière, il décide d’adapter la nouvelle de Raymond Carver, Parlez-moi d’Amour, à Broadway. Mais à mesure que la première approche, Riggan doit composer avec ses angoisses personnelles ainsi qu’avec les contretemps qui surviennent, mettant en péril son fragile équilibre psychologique.

Alejandro Gonzalez Iñarritu restera dans l’Histoire du Cinéma comme un des très rares réalisateurs a avoir remporté l’Oscar du Meilleur Réalisateur deux années de suite (et pour la première fois depuis le début des années 50). De ses débuts remarqués avec Amours Chiennes et 21 Grammes, à ses magnifiques Babel et Biutiful jusqu’à sa double consécration avec Birdman et The Revenant, il a réussi à faire des films à la fois expérimentaux et marquants.

Birdman s’ouvre sur la séquence magnifique de la chute d’une météorite dans le ciel. Puis nous nous retrouvons dans une loge de théâtre, où Riggan Thomson est face à lui-même et doit lutter contre la voix de son personnage historique. C’est le début d’un plan séquence de près de deux heures pendant lequel on assiste aux répétitions, aux querelles en coulisses, à la remise en question et aux doutes, à des pétages de plomb puis à la première de la pièce.

Le choix de tout filmer comme si le film tenait sur un seul plan est un challenge ambitieux, brillamment relevé par le scénariste. Malheureusement, c’est parfois au dépend du rythme de l’histoire, qui est assez inégal et pas toujours entraînant. Si le début est intriguant, cet ancien acteur-vedette qui s’essaie au théâtre, l’ensemble est assez inégal.

L’implication de Riggan Thompson est à la mesure de celle de Michael Keaton dans ce rôle. Le film semble écrit tout spécialement pour lui tant le parcours de Riggan ressemble au sien. En ressort une performance bluffante et très convaincante. Edward Norton n’est pas en reste et est génial en comédien excentrique, tout comme Emma Stone dans le rôle de fille de Rigan. Naomi Watts signe quant à elle une prestation de qualité, tout comme Zach Galifianakis, bien loin de son personnage d’Alan Garner. Andrea Riseborough, Amy Ryan, Lindsay Duncan, Jeremy Shamos, Bill Camp et Merritt Wever complètent un casting très solide.

Birdman est un film un peu frustrant. Il y a des passages vraiment géniaux, captivants et jouissifs. Et en même temps, je l’ai trouvé trop long et j’ai peiné à rester impliqué du début à la fin. Peut-être à cause de ce montage, qui, paradoxalement, fait toute son originalité. Ou de cette batterie, omniprésente, qui est tout aussi appropriée que perturbante. Pourtant, l’histoire et les personnages sont travaillés, la réalisation est maîtrisée et les acteurs principaux excellents. Mais il manque cette magie qu’Iñarritu savait si brillamment utiliser dans Biutiful, par exemple.

Malgré toutes ses qualités, Birdman ne m’a pas tout à fait transporté. Peut-être que j’en attendais trop, peut-être que les contraintes qu’il s’impose le limitent. Même s’il n’est pas parfait, l’Oscar du Meilleur Film de l’année en 2015 mérite néanmoins largement le coup d’œil.

film-disponible-leo-rutra

FacebooktwitterFacebooktwitter

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *