Vu! Black Mirror, saison 2.

7 avril 2018

Vu! Black Mirror, saison 2.

Une fois n’est pas coutume, je ne débute pas cette chronique par un résumé. La raison est simple, Black Mirror n’est pas vraiment une série comme les autres. Certes, les séries britanniques sont régulièrement des séries pas comme les autres. Mais celle-là, encore moins.

Black Mirror est une anthologie. Pas dans le sens American Horror Story, où chaque saison raconte une histoire différente. Ici, chaque épisode est une nouvelle histoire mettant en avant une technologie futuriste.

Après une première saison de trois épisodes, Charlie Brooker revient avec quatre nouvelles histoires (oui, j’inclus le Christmas special, puisque je l’ai regardé).

Comme lors de la première saison, Black Mirror saison 2 brille par son inventivité et par la qualité de son casting. Le revers de la médaille, c’est la qualité aléatoire de ses épisodes.

Le premier épisode, intitulé Be Right Back, raconte l’histoire d’un jeune couple, Ash et Martha, qui s’installent dans la maison de campagne où Ash a grandi. L’emménagement accompli, Ash part rendre le camion de location. Il meurt sur la route, laissant Martha dévastée. Aux funérailles, elle apprend l’existence d’un service utilisant l’historique internet des défunts pour recréer une présence virtuelle.

La technologie est omniprésente et pourtant presque secondaire dans cet épisode profondément humain. Le deuil est un sujet universel, la perte d’un être cher touche tout le monde et ce thème est parfaitement exploité. Domhnall Gleeson est un acteur que j’apprécie beaucoup pour son côté naturel. Hayley Atwell, pour qui j’ai un petit faible, est grandiose dans le rôle de Martha. Loin de son personnage de l’Agent Carter, elle porte cet épisode avec un charisme et une simplicité déconcertante.

Rien à redire. Le casting, la réalisation, l’histoire, tout est parfait.

La seule question que je me pose, après cet épisode, c’est comment faire mieux.

Le second épisode commence plutôt fort. une jeune femme se réveille dans une chambre lugubre, les poignets bandés et un mal de tête atroce. Elle quitte la maison vide pour être prise en chasse par des hommes masqués sous le regard de personnes qui filment la scène avec leur téléphone. La jeune femme rencontre une autre femme et, ensemble, elles essaient d’échapper aux personnes masquées pour aller détruire un émetteur qui rend les gens fous.

Après un début intéressant et malgré une fin inattendue, cet épisode est clairement un ton en-dessous du premier. L’ambiance oppressante peine à être vraiment installée et si le jeu de Lenora Crichlow est correct, il ne m’a pas non plus subjugué.

Pour le troisième épisode, The Waldo Moment, l’intrigue est beaucoup plus simple. Jamie, un comédien de seconde zone, prête sa voix à Waldo, un ours bleu en images de synthèses animant une fausse émission pour enfants sur un ton satirique. Après avoir ridiculiser le représentant du Parti Conservateur aux élections locales, Waldo est propulsé dans la campagne avec le slogan « Vote Waldo ». Jamie est réticent mais son supérieur le pousse à accepter de jouer son rôle.

Le concept est amusant. Plus qu’amusant, il est d’actualité. À une époque où les médias et les réseaux sociaux envahissent de plus en plus le quotidien et influencent l’opinion publique, cet épisode a un écho particulier. Néanmoins, passé les vannes potaches de Waldo, les appels à la révolution et la morale de la fin (ce qui peut paraître beaucoup), il m’a manqué quelque chose pour rendre l’ensemble vraiment mémorable.

Pour conclure la saison, le Christmas special, une tradition britannique, est centré, évidemment, autour du thème de Noël.

Joe se réveille dans ce qui ressemble à une prison. Il rejoint Matt, dans la cuisine rustique d’une maison de campagne. Depuis cinq ans qu’ils partagent l’endroit, ils n’ont pas beaucoup parlé. Mais c’est Noël et Matt a décidé de préparer un festin à Joe. Pendant qu’il cuisine, il lui raconte son histoire et ce qui l’a mené là. Joe se livre peu à peu et finit par raconter son histoire à son tour.

J’ai beaucoup aimé la structure de l’épisode, qui mélange plusieurs histoires dans une même histoire. Un peu moins la technologie mise en avant, le Z-Eyes, un logiciel intégré à l’œil qui permet de prendre des photos, de faire des recherches sur internet ou encore de bloquer les indésirables.

La grande réussite de cet épisode de plus d’une heure tient dans la performance très réussie de Jon Hamm. Plus je le vois et plus j’ai envie de regardé Mad Men (non, je n’ai toujours pas vu Mad Men). On retrouve également au casting Rafe Spall, Janet Montgomery, Oona Chaplin et Natalia Tena.

Jon Hamm est génial, son personnage a plusieurs facettes et il sait parfaitement jonglé avec chacune d’entre elles. Le scénario est intelligent et les révélations plutôt bien amenées. Le problème, c’est l’effet du blocage, assez important dans l’épisode, qui tombe complètement à plat. Dommage, car l’idée à certainement du potentiel.

Comme lors de la première saison, ces nouveaux épisodes de Black Mirror marquent par leur originalité et par leur inégalité. Il y a de l’excellent, du bon, du moyen et de l’oubliable.

Je compte regarder prochainement la saison 3, en espérant retrouver des pépites comme le premier épisode.

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