Vu! Blood Father, de Jean-François Richet.

1 mars 2017

Vu! Blood Father, de Jean-François Richet.

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John Link est un ancien motard qui fête son deuxième anniversaire de sobriété. En libération provisoire, il est bien décidé à se racheter une conduite et survit dans un mobile-home au fond du désert de Californie en faisant des tatouages. Quand il reçoit un appel de sa fille, disparue après une fugue, qui lui demande son aide, il n’hésite pas à prendre tous les risques pour elle.

Le nom de ce réalisateur français, Jean-François Richet, ne me disait pas grand-chose. Il faut dire que je n’ai (toujours) pas vu son diptyque consacré à Mesrine (honte à moi). Je n’ai d’ailleurs pas vu non plus ses autres films, à l’exception d’Assaut sur le Central 13, remake du film éponyme de John Carpenter. Que je n’avais pas trouvé grandiose mais plutôt correct. Ceci dit, c’était il y a plus de dix ans.

Par contre, je vois très bien qui est Mel Gibson. Avant ses déboires personnels et cette mauvaise réputation qu’il se traîne depuis un certain temps, Mel Gibson était sans doute le meilleur acteur de films d’action d’Hollywood avec son charisme et sa capacité à jouer des paumés aussi suicidaires qu’implacables et attachants.

En tout cas jusqu’au changement de millénaire.

Depuis, la qualité des films dans lesquels il joue a beaucoup chuté. Il y a bien eu sa prestation formidable dans Le Complexe du Castor de Jodie Foster, mais il y a aussi surtout eu des tentatives de renouer avec ses succès passés dans les (très) oubliables Hors de Contrôle ou Kill the Gringo.

Décider de regarder Blood Father, c’est un peu comme jouer à pile ou face avec une pièce truquée. On se dit qu’en théorie c’est du 50/50, on peut très bien être déçu (on s’y attend d’ailleurs fermement) tout comme on peut avoir une bonne surprise (ça serait chouette, mais on est bien conscient que c’est moins probable).

Je ne vais pas tourner autour du pot, il n’y aura pas de bonne surprise ici.

Blood Father est un film globalement paresseux. Son histoire est trop simple pour être captivante, sa trame est tellement usée qu’on peut voir à travers et sa réalisation est générique au possible. Ça peine à s’étirer sur une heure et demi, mais ça trouve quand même le moyen d’être long.

Alors certes, il y a quelques scènes d’actions percutantes, mais quand ça n’est pas sublimé par un scénario au moins cohérent si ce n’est efficace, ça ne sert qu’à faire du bruit. Bon, ça permet accessoirement quelques clins d’œils aux rôles qui ont fait la gloire de Mel Gibson, c’est peut-être déjà bien.

Mel Gibson semble d’ailleurs être le seul à avoir un peu d’énergie dans ce film. Il a l’air déterminé à prouver qu’il a encore du feu à revendre et je suis tout à fait disposé à le croire. Espérons qu’il aura l’opportunité de jouer dans des productions qui lui offriront plus qu’un amalgame confus de ces précédents personnages emblématiques.

Erin Moriarty n’est pas complètement mauvaise, mais son personnage est incohérent et déséquilibré au possible. Je n’ai pas cru une seconde à son histoire. Difficile, dans ce cas, d’avoir de la sympathie pour elle. Le reste du casting est fatigué, de Diego Luna à William H. Macy en passant par Michael Parks, ça sent bon le film qui sert à payer les impôts.

Blood Father tente bien de se donner un peu de profondeur avec la relation père-fille entre Mel Gibson et Erin Moriarty ou la rédemption de John Link, mais ce n’est pas suffisant pour faire oublier à quel point l’ensemble est bancal. C’est, à n’en pas douter, un film de commande et ça se voit. Dommage. J’aime l’acteur Mel Gibson et j’aurais aimé le voir employé à sa juste de valeur plutôt que gâché dans ce film sans âme ni ambition.

À moins que, comme moi, vous soyez incapable de passer à côté d’un navet sous prétexte qu’un acteur que vous aimez bien joue dedans, vous feriez mieux de re-regarder l’Arme Fatale ou Complots ou Braveheart

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