Vu! Ça, Premier Chapitre, d’Andrés Muschietti.

30 janvier 2018

Vu! Ça, Premier Chapitre, d’Andrés Muschietti.

Ça, premier chapitre

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En 1988, dans un Derry pluvieux, Bill Denbrough fabrique un bateau en papier pour Georgie, son petit frère. Georgie, vêtu de son imperméable jaune, profite aussitôt de l’eau qui ruisselle le long des trottoirs pour le tester. Lorsque le bateau tombe dans une bouche d’égout, Georgie essaie de le récupérer, pour ne pas se faire gronder par son frère. Il découvre alors un clown, dissimulé en partie dans l’obscurité, qui l’invite à récupérer son jouet.

Quelques mois plus tard, en 1989, au moment de la fin d’année scolaire, alors que plusieurs adolescents se préparent aux grandes vacances et que de nouvelles disparitions d’enfants sont signalées à Derry, Bill n’a pas abandonné l’espoir de retrouver son petit frère vivant. Avec le club des Ratés, tous témoins de l’existence du clown, il décide de retrouver Georgie.

Ça est un des romans de Stephen King les plus populaires. Il avait déjà eu droit à une adaptation en 1990, sous le titre « Il est revenu« , un double téléfilm (comme c’était la norme à l’époque pour les adaptations des romans fleuves du Maître) (re)diffusé tous les ans sur M6 pendant des années. Un téléfilm qui a marqué des générations mais, pour moi qui avait lu le roman, s’était révélé une déception (oui, ado, j’étais déjà tatillon sur la fidélité au matériel original).

Alors que les adaptations des œuvres de Stephen King sortent à un rythme industriel dernièrement, Ça était déjà annoncé, avant sa sortie, comme une réussite.

Contrairement à La Tour Sombre, que je refuse catégoriquement de voir (comment adapté un cycle aussi important et majeur en un seul film de moins de deux heures ??????), j’ai donc visionné Ça dès sa sortie en DVD.

Je tiens à préciser qu’au moment de regarder le film, ma lecture du roman remontais à quelque chose comme vingt ans et que je ne gardais de l’histoire que la trame principale. J’étais donc dans une disposition parfaite pour ne pas m’arrêter sur les inévitables réécritures.

À chaud, mon sentiment est plutôt positif. Ça ressemble un peu, dans l’ambiance et dans le casting, à Stranger Things. D’ailleurs, Finn Wolfhard, qui joue Richie, joue également dans Stranger Things, quoi qu’avec une personnalité bien différente.

Il y a les thèmes du deuil, de la peur et de l’amitié, chers à l’auteur. Et, globalement, malgré quelques défauts inhérents au genre (accumulation de jump scares, pas toujours justifiés), j’ai passé un plutôt bon moment. J’ai trouvé la photo travaillée et les acteurs bons. Par contre, je déplore l’omniprésence de la musique, comme si le spectateur, grâce aux seules images et au jeu des acteurs, n’était pas capable de ressentir les émotions adéquates.

Un certain nombres d’adolescents participent au casting, et dans des rôles importants. J’ai déjà cité Finn Wolfhard, mais le rôle principal est pour Jaeden Lieberher, déjà vu dans le très bon Midnight Special, qui joue Bill. Jack Dylan Grazer joue Eddie, Wyatt Oleff joue Stan et Chosen Jacobs joue Mike. Mais les révélations, à mes yeux, sont Jeremy Ray Taylor, dans le rôle de Ben, qui montre à travers plusieurs scènes beaucoup de potentiel, et Sophia Lillis, excellente en Bev. Notez son nom, vous la reverrez.

Ajoutons Nicholas Hamilton, qui joue un Henry Bowers un peu stéréotypé et pas assez développé ; Steven Williams qui joue le grand-père Hanlon ; Geoffrey Pounsett, très bon dans le rôle du père de Bill et Javier Botet.

Mais, évidemment, celui qui était attendu au tournant, c’est Bill Skarsgard dans le rôle de Pennywise. L’acteur est au niveau et le clown est plutôt réussi, même s’il est surexploité à mon goût et que ça finit par se voir.

Après tout, Andrés Muschietti, propulsé aux manettes de ce remake, n’a à son actif qu’un long-métrage, Mama. Peut-être que les défauts de Ça peuvent être imputés à son manque d’expérience, peut-être que c’est une question de production. Mais les romans de Stephen King sont profonds, les personnages développés au fil des chapitres, l’horreur distillée habilement à travers des scènes qui utilisent l’effort de mise en place pour prendre tout leur sens et marquer le lecteur.

C’est cette subtilité et ce souci du traitement qui fait cruellement défaut à la très grande majorité des adaptations de Stephen King. À ce niveau-là, Ça se situe dans le haut du panier, mais manque plusieurs opportunités d’asseoir la psychologie de ses personnages au profit de scènes hasardeuses n’ayant pour seul but que de tenter d’arracher un petit frisson au spectateur.

Sur l’adaptation en elle-même, plusieurs choses à dire. L’intrigue, qui à l’origine se déroule dans les années 50, a été déplacée à la fin des années 80 pour pouvoir profiter de l’engouement dont jouit cette période en ce moment. Et plusieurs personnages secondaires ou passages ont été supprimés et/ou modifiés. Ai-je besoin de préciser que j’aurais préféré qu’on s’en tienne à l’histoire originale ?

Même si plusieurs éléments ont été modifiés par rapport au roman, j’ai eu l’impression, dans l’ensemble, que le but était de rester fidèle à l’histoire. On va dire que c’est déjà pas mal et on ne va pas s’attarder sur les défauts.

Ça est un film d’horreur de bonne facture et une adaptation correcte. J’attends maintenant la suite, prévue pour septembre 2019, en espérant que le succès du Premier Chapitre permette à l’équipe plus d’ambitions pour le Second Chapitre.

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