Vu! Captain Fantastic, de Matt Ross.

25 février 2017

Vu! Captain Fantastic, de Matt Ross.

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Ben élève ses 6 enfants en (presque) complète autarcie dans les forêts du Nord-Ouest américain. Les journées s’organisent autour de l’entrainement physique, la lecture et l’éducation ou encore l’entretient des plantations. Leslie, la femme de Ben, est hospitalisée depuis plusieurs semaines. Lorsqu’il apprend son suicide, Ben prend contact avec ses beaux-parents. Mais ceux-ci, rejetant le mode de vie de leur gendre, refusent de le laisser venir aux funérailles et menacent de le faire arrêter. Ben décide de ne pas prendre le risque, de peur de perdre ses enfants, mais ce sont eux qui le poussent à aller jusqu’au bout des idées qu’il leur inculque et de faire respecter les dernières volontés de leur mère. La confrontation avec le reste du monde ne se fera pas sans heurts.

Premier long-métrage largement distribué de Matt Ross, Captain Fantastic n’a pas fait énormément de bruit lors de sa sortie (ou alors je suis bien insonorisé), mais je l’ai quand même vu dans une liste des films à voir de l’année 2016, alors, après un coup d’œil au résumé, je me suis laissé tenté.

Il faut dire que ce film à tout pour me plaire. Une famille qui vit en autarcie dans la nature avec l’excellent Viggo Mortensen en patriarche. À vrai dire, avant même de lancer le film, j’étais persuadé que j’allais avoir un coup de cœur.

La première scène m’a surprise, je ne m’attendais pas à voir le film s’ouvrir sur une séquence de chasse en famille. Jugeant par la jaquette (je sais, c’est pas bien) j’aurais imaginé plus de couleur. En tout cas pas des enfants peinturlurés en noir qui tueraient un cerf. Ceci dit, ça fait partie de l’ambiance du paradis sauvage de la famille Cash.

Les préceptes de vie sont certes utopiques (pour nous tous qui sommes emprisonnés dans cette société capitalistico-consumériste) mais ils se tiennent. Les enfants sont éduqués, aussi bien physiquement qu’intellectuellement et ça passe aussi bien par la mise à mort d’un animal sauvage (pour sa viande ou sa peau) que par la culture de tomates ou la vénération de Noam Chomsky, entre beaucoup d’autres.

La première partie met en place cette vie exigeante et épanouissante, avant d’en arriver à la confrontation avec la « réalité » par des scènes très drôles (les enfants s’étonnant du nombre de personnes obèses ou la petite de huit ans qui explique parfaitement des concepts que ses cousins ados sont incapables de comprendre) mais aussi d’autres plus choquantes (comme le refus des beaux-parents d’accéder aux dernières volontés de leur fille) qui soulignent l’intolérance de nos modes de pensée (voire leur supériorité affichée).

Viggo Mortensen est, comme d’habitude, excellent dans son rôle. Charismatique, attachant, touchant et surtout terriblement humain, il nous fait parfaitement partager le dilemme de son personnage, coincé entre ses idéaux de vie et la réalité. À ses côtés, les enfants sont extraordinaires. De George MacKay avec ses faux-airs d’Heath Ledger et son incapacité à parler aux filles (dont découle une scène extraordinairement drôle) à Shree Cooks et ses explications de texte, en passant par Charlie Shotwell et ses questions perspicaces, Nicholas Hamilton et ses crises de colère, Annalise Basso et Samantha Isler, ils apportent tous quelque chose à l’histoire.

Face à eux, on retrouve un casting de qualité, avec Kathryn Hahn et Steve Zahn, Frank Langella et Ann Dowd, ou encore Erin Moriarty et Missi Pyle.

Au final, Captain Fantastic n’aura pas été le coup de cœur attendu. Il ne s’en est pas fallu de grand-chose, cependant, car j’ai beaucoup aimé ce film. J’ai aimé ses idées et ses revendications politiques, même si j’aurais aimé qu’il saisisse l’opportunité d’aller jusqu’au bout de son propos. J’ai également trouvé quelques moments un peu trop convenus (par exemple la surprise du bus suite à la phase de Rellian). Heureusement, c’est rattrapé par plusieurs scènes géniales, formidablement à contre-courant.

Si vous aimez les feel-good movies et les familles particulières, ça devrait vous plaire !

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2 Comments

  • Amanda 5 mars 2017 at 21:04

    Superbe realisation, ce film est à regarder en famille, c’est une claque qui fait réfléchir les enfants, pour autant que l’on soit près d’eux pour commenter…

  • Leo Rutra 7 mars 2017 at 08:19

    Ça peut faire réfléchir les adultes aussi 😉

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