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Lu! Inexorable, de Claire Favan.
Romans / 1 mars 2019

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer. Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père. Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils. Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable. Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage… Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants. J’ai beaucoup entendu parler de Claire Favan. Elle faisait partie de ma liste d’auteur(e)s à lire. Le Tueur Intime, puis Le Tueur de l’Ombre, Dompteur d’Anges, et j’en passe. Je voyais passer et repasser certains titres. J’ai pourtant décidé de découvrir sa plume avec sa dernière sortie, Inexorable, qui recevait tous les éloges. Malheureusement, j’ai rapidement compris que quelque chose allait clocher entre Claire et moi. Au niveau de l’écriture, surtout. Des petits détails, dans le choix des mots, parfois, dans la structure des phrases, aussi, dans les dialogues, surtout. La façon dont les informations sont fournies qui alourdit une lecture autrement plutôt fluide. Par exemple : « Avec un mouvement de recul explicite, Jean Flamand*, le benjamin de la bande, doté d’un physique potelé et de cheveux blonds, tirant sur le roux, coupés en brosse, s’étonne. »*Ce qui me fait penser qu’il y…

Lu! État de Nature, de Jean-Baptiste de Froment.
Romans / 20 février 2019

Éternel célibataire, Claude ne vit que pour le pouvoir, qu’il exerce dans l’ombre d’une présidente vieillissante. Jusqu’à ce que ses conseillers le convainquent de prend la tête du pays. Dans le même temps, dans la Douvre, Barbara, une jeune préfète charismatique, devient l’incarnation des envies de révolution des français. Je voyais ce titre passer à droite et à gauche. Ce premier roman écrit par un ancien conseiller de l’Élysée sur les coulisses du pouvoir. Normalement, la politique, c’est pas trop mon truc. Je préfère garder mes distances avec ce sport étrange, sinon ça me file de l’urticaire. Mais État de Nature récoltaient de bonnes critiques, et j’aime beaucoup les éditions Aux Forges de Vulcain, alors je me suis laissé tenter. Dès les premières pages, j’ai trouvé une écriture travaillée. Pas toujours très fluide (forcément, avec des phrases à rallonge, dans la grande tradition, même si ce n’est peut-être pas la meilleure, de la littérature française, si tant est qu’on puisse résumer la littérature française à des phrases à rallonge, truffées de virgules), mais travaillée. L’histoire oscille entre tragédie et grand guignol, avec ces jeux de manipulation pour savoir qui aura le pouvoir. Malheureusement, j’ai eu du mal à me passionner…

Lu! L’Outsider, de Stephen King.
Romans / 8 février 2019

Lorsque le jeune Franck Petersen, onze ans, est retrouvé mort, mutilé et violé avec une branche d’arbre, dans un parc de la petite ville de Flint City, tous les habitants sont sous le choc. D’autant plus que les empreintes et les témoignages pointent tous en direction de Terry Maitland, professeur d’anglais et entraîneur des Golden Dragons, l’équipe de jeunes de baseball. Après son arrestation publique devant toute la ville, Terry clame son innocence. Et il a un alibi solide, puisqu’il n’était pas en ville au moment des faits, et qu’il peut le prouver. Je ne vais pas vous la refaire, ce n’est un secret pour personne qui me suit un peu, je considère Stephen King comme une espèce de Dieu vivant. C’est Stephen King qui m’a donné véritablement le goût de la lecture (malgré les efforts consentis par l’Éducation Nationale pour me faire fuir les livres). C’est Stephen King également qui m’a donné envie d’écrire. Sans Stephen King, il n’y aurait pas de Leo Rutra. Ceci dit, si je voue un culte à Stephen King (au point de l’avoir déjà cité cinq fois depuis le début de cet article), je restais sur un sentiment mitigé après son dernier roman (co-écrit…

Lu! Sa vie dans les yeux d’une poupée, d’Ingrid Desjours.
Romans / 6 février 2019

Barbara décroche son diplôme d’esthéticienne puis, rapidement, un boulot dans un salon. Un boulot qui lui permet de prendre une certaine indépendance par rapport à une mère dominatrice et castratrice ; qui lui permet de reprendre le dessus après un viol ; qui lui permet d’envisager un avenir grâce à Sweet Doriane, la poupée qu’elle s’offre avec sa première paie et qui lui redonne espoir et confiance en elle. Marc reprend son poste de capitaine de police après un long arrêt maladie suite à un accident qui lui a coûté une jambe, de nombreuses cicatrices et qui a pris la vie de sa femme. Provocateur et misogyne, il joue chaque semaine sa vie à la roulette russe. Jusqu’à ce qu’une mystérieuse prostituée à moustache se mette à énucléer ses clients et que Marc se charge de l’affaire. Ingrid Desjours faisait partie des auteur(e)s dont j’avais entendu du bien et dont je souhaitais découvrir la plume depuis un certain temps. J’ai donc pris, lors de mon dernier passage de 2018 chez mon dealer de livres, l’un de ses romans. Pourquoi ai-je opté pour celui-là plutôt qu’Écho, Potens, Les Fauves ou un autre de ses titres ? Aucune idée. Mais une chose…

Lu! Les Démoniaques, de Mattias Köping.
Romans / 1 février 2019

Kimy est la fille de l’Ours. Pour ses quinze ans, son cadeau est d’être offerte à son père, son oncle et leurs amis en tant qu’objet sexuel. Quelques années plus tard, après une dernière passe, elle décide qu’elle ne fera plus la pute. Elle continuera à dealer pour son père, certes, mais plus un homme ne la touchera si elle ne l’a pas elle-même décidé. Lorsque sa route la met sur le chemin d’Henri, un professeur en pleine dépression, elle découvre une facette inédite des rapports humains. Et une opportunité d’enfin pouvoir se venger. Les Démoniaques, j’en avais entendu parlé au moment de sa sortie, fin 2016. Une claque, une bombe, une tuerie. Les superlatifs ne manquaient pas pour qualifier ce roman, le premier, de Mattias Köping. Je l’avais donc noté sur ma liste. Mais, je dois bien l’admettre, avec un léger scepticisme. Les bouquins encensés, en général, ça ne me réussit pas trop. Il y a toujours des exceptions, c’est vrai, mais elles ne sont généralement là que pour confirmer la règle. Puis, il y a quelques semaines, Le Manufacturier, le deuxième roman de Mattias Köping, est sorti. Accompagné par les mêmes superlatifs que le premier. Je me suis…

Lu! La Disparition, de Georges Perec.
Romans / 29 janvier 2019

Anton Voyl est frappé d’insomnies. Depuis plusieurs mois. Malgré tous les traitements tentés, rien n’y fait. Et moins il dort, plus Anton Voyl hallucine. Il voit Moby Dick, un sphinx qui somnole dans le désert, un fils perdu qui épouse sa propre mère. De jour en jour, sa santé s’aggrave. Jusqu’au jour où Anton Voyl disparaît sans laisser de trace. Son ami, Amaury Conson, met alors tout en œuvre pour retrouver son ami. J’avais entendu parler de ce roman il y a déjà de nombreuses années. pour cause, La Disparition, écrite en 1968, a été publiée en 1969. Mais je ne l’avais jamais lu. Pas encore. Pire, je n’y croyais pas vraiment. Pour moi, ce roman ressemblait à un mythe. Quelque chose que je devais lire pour croire. Car La Disparition n’est pas un roman comme les autres. C’est un lipogramme. Et pas un lipogramme d’enfant. Non, non, non. C’est LE lipogramme. imaginez un peu, s’interdire d’employer la lettre « e », la lettre la plus utilisée de la langue française pour écrire non pas une phrase ou deux (c’est déjà un challenge) mais bien une histoire entière. La Disparition, de Georges Perec, c’est 300 pages environ, sans un seul « e ». J’avais…

Lu! Évasion, de Benjamin Whitmer.
Romans / 18 janvier 2019

Benjamin Whitmer, je l’ai croisé, par hasard, voilà maintenant quelques années, dans les rayonnages de mon dealer de livres. J’ai vu la couverture noire ultra-sobre, de Cry Father, et j’ai laissé sa chance à cet auteur que je connaissais pas et dont je n’avais jamais entendu parler avant (et, par la même, aux Éditions Gallmeister, que je ne connaissais pas et dont je n’avais jamais entendu parler avant). C’est marrant, le hasard. J’aurais pu choisir un autre livre, ne pas voir celui-là. Mais je l’ai vu et, pour raison obscure qui restera à jamais un mystère, je l’ai choisi. Puis je l’ai lu. Et là, je suis tombé littérairement amoureux de la plume délicieusement noire de Benjamin Whitmer. J’ai dévoré Cry Father, puis je me suis rué sur Pike, son premier roman, avec autant d’excitation que d’appréhension. Est-ce que ça allait être aussi bien ? Mieux ? Décevant ? J’ai retrouvé ce que j’avais adoré dans l’un, dans l’autre. Alors quand j’ai vu cette nouvelle sortie, j’ai su que ça serait ma prochaine lecture. Bon, d’abord j’ai versé une larme pour en la mémoire des couvertures uniformément noires qui caractérisaient les publications des Éditions Gallmeister (ceci dit, la couverture d’Évasion…

Lu! Six Fourmis Blanches, de Sandrine Collette.
Romans / 4 janvier 2019

Sandrine Collette. Voilà un nom que je voyais passer sur différents groupes de lecture depuis un certain temps. Et ça faisait un certain temps que je me disais qu’il fallait que je lise un de ses romans. Sandrine Collette. Voilà un nom qui sonne inoffensif, le genre de nom qu’on imagine facilement sur la couverture d’une romance à l’eau de rose ou d’un de ses romans feel good qui pullulent depuis quelques temps, comme de la mauvaise herbe littéraire (ne vous méprenez pas, je suis seulement jaloux car je suis incapable d’écrire des histoires feel good, ou alors seulement du feel good pour psychopathes…). On ne pourrait pas être plus loin de la vérité. Mais je l’ignorais encore. Je me suis laissé entraîner dans cette histoire sans rien en avoir vu d’autre que sa couverture. Je n’ai même pas retourner le bouquin pour lire la quatrième de couv’. À quoi bon, puisque j’avais déjà décidé de lire ce livre ? Autant que possible, j’aime les histoires dont je ne sais rien, qui m’emportent et me surprennent. Bon, je savais quand même que ça se passait en montagne. Et la montagne, qu’on se le dise, j’y connais rien. Enfin, presque rien….

Lu! Sinestra, d’Armelle Carbonel.
Romans / 26 décembre 2018

En pleine Deuxième Guerre Mondiale, le Val Sinestra est un refuge isolé au cœur de la vallée des Grisons. Sous la direction de Signur Guillon, la demeure recueille des orphelins atteints de pathologies rares et des mères à la progéniture meurtrie avec la promesse de sécurité et de guérison. Mais, même à l’abri du reste du monde, le mal est toujours là. Contrairement à beaucoup d’autres auteurs, je considère Armelle Carbonel comme une collègue. Ma libraire m’avait parlé d’elle à l’époque où son Criminal Loft commençait à faire parler de lui. Nous nous sommes rencontrés autour d’un petit déjeuner littéraire et j’ai découvert une belle personne, vraie et humaine. Quand j’ai appris qu’elle rentrait au bercail lors d’une date de sa tournée des librairies, j’en ai naturellement profité pour aller lui faire un coucou et me faire signer un exemplaire de son dernier bébé, Sinestra. Déjà, la couverture est magnifique. Dès les premières lignes, j’ai été frappé par le style de la Nécromancière. Encore plus que dans Criminal Loft ou Majestic Murder, la plume est diablement affûtée. Chaque phrase est travaillée avec soin et minutie dans un style très poétique. Et sur près de 400 pages, ne pas tomber dans…

Lu! Des Fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes.
Lu ! / 15 décembre 2018

Lu! Des Fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes. Charlie Gordon est un attardé mental d’une trentaine d’années. Il travail dans une boulangerie, où il s’occupe de tâches simples, comme de faire des livraisons ou nettoyer les toilettes. Le soir, il assiste à des cours dans la classe de mademoiselle Kinnian, pour essayer de devenir plus intelligent. Une équipe de chercheurs le sélectionne pour participer à une expérience visant à augmenter son Q.I. Ils reproduisent une méthode qui a fonctionné sur Algernon, une souris de laboratoire. Peu à peu, Charlie Gordon devient de plus en plus intelligent. Mais avec ses progrès viennent de nouveaux problèmes. Ce roman est un classique. Sorti à la fin des années cinquante sous la forme d’une nouvelle, puis au milieu des années soixante sous la forme d’un roman, Des Fleurs pour Algernon a remporté le prix Nebula du meilleur roman dans la foulée et a acquis depuis un statut particulier. Si vous me suivez un peu, vous savez que les classiques, c’est pas trop mon truc. En général, je m’en tiens même éloigné, de peur d’avoir ensuite à égratigner un monument dans une chronique.  Mais des gens en qui j’ai confiance m’ont certifié que ce roman…