Lu! La Rage, de Zygmunt Miłoszewski.
Romans / 28 juin 2019

Le procureur Teodore Szacki n’est pas au mieux de sa forme depuis qu’il a quitté Varsovie. Il se sent en perpétuel décalage, tant dans sa vie de couple que dans ses relations avec sa fille adolescente. Est-ce pour cela qu’un jour, il ne prend pas l’exacte mesure d’une plainte pour violences conjugales ? Ou bien est-il perturbé par une étrange enquête pour meurtre dont il a hérité ? Teodore Szacki va vite se rendre compte que les deux affaires pourraient être liées. La piste d’un insaisissable redresseur de torts se dessine ; quelqu’un oeuvre dans l’ombre, visiblement déterminé à rendre la justice pour pallier l’incurie des services de police.  Quel est votre auteur polonais préféré ? En ce qui me concerne, la réponse est Zygmunt Miłoszewski. Je suis tombé par hasard, mais pas complètement, sur un de ses romans mettant en scène le procureur Szacki dans les rayonnages d’un revendeur de livres. J’ai vite compris que ce n’était pas le premier volet de sa trilogie consacrée à son personnage récurrent et j’ai donc commencé par le début, avec Les Impliqués. J’ai immédiatement accroché avec le style et l’écriture. Plus encore qu’avec l’histoire elle-même, d’ailleurs. Les romans policiers, c’est pas vraiment ma…

Lu! Le Vampyre, de John Polidori.
Romans / 29 mai 2019

Aubrey, un jeune orphelin anglais, est intrigué par le mystérieux Lord Ruthven, un aristocrate à la beauté froide qui captive le tout-Londres. Aubrey suit Lord Ruthven dans un voyage à travers l’Europe, mais se rend rapidement compte que son influence est néfaste et son comportement suspect. En découvrant ce nouveau titre des Forges, dont le thème de publication est, cette année, les Monstres, j’ai tout de suite été intrigué. Déjà parce que le mythe du vampire est un de mes préférés. J’aime le mystère que ces créatures véhiculent, les messages qu’ils permettent de faire passer et tout ce qui va avec (tant qu’ils ne se mettent pas à scintiller comme s’ils étaient couverts de paillettes quand on les met au soleil…). Et comme j’ai une affection particulière pour la production littéraire des Forges, ce texte ne pouvait que me plaire, n’est-ce pas ? Et bah il faut croire que ce n’est pas si simple. J’aurais pu (dû) le savoir, le Vampyre est en réalité une nouvelle d’une trentaine de pages écrite par John Polidori après avoir récupéré les notes de son ancien patient, un certain Lord Byron, figure de proue d’un romantisme littéraire empreint de scandale. Le Vampyre de John…

Lu! Dans la Brume Écarlate, de Nicolas Lebel.
Romans / 22 mai 2019

Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne.. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n’est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais… Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour. Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d’une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d’avoir retrouvé Lucie. Mais il s’agit d’une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l’on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ? La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n’est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie… J’aime beaucoup Nicolas Lebel. Par conséquent, j’aime beaucoup le capitaine Mehrlicht, ce flic au nom germanique, au vocabulaire fleuri et imagé, au caractère bien trempé et, surtout, à la face de grenouille. Depuis notre rencontre durant L’Heure des Fous, j’ai craqué pour ce petit homme…

Lu! Invasion, de Luke Rhinehart.
Romans / 3 mai 2019

Des boules de poils intelligentes débarquent sur Terre. Venues d’un autre univers, elles n’ont d’autre but que de s’amuser. L’une d’entre elles, Louie, est adoptée par Billy Morton, un Américain moyen plein de bon sens. Quand les autorités décident de se saisir de ces bestioles, Billy et sa famille, échaudés par l’Amérique contemporaine où ils se sentent de moins en moins à l’aise, prennent la tangente : peut-être que, finalement, la sagesse n’est pas du côté du pouvoir politique, mais du côté de cette anarchie sympathique, de cette libération improbable que cette invasion apporte. J’ai découvert Luke Rhinehart il y a déjà quelques temps. En fait, pour être tout à fait honnête, je devrais dire on m’a fait découvrir Luke Rhinehart il y a déjà quelques temps. Vous connaissez l’histoire : une discussion somme toute anodine, et puis ah, tiens, tant que j’y pense, il y a ce roman qu’il faut absolument que tu lises, je suis sûr que tu adorerais ! Moi, un peu sceptique, comme toujours quand quelqu’un m’assure que je vais adorer quelque chose, ah ouais, c’est quoi ? Très vite, l’Homme-Dé (puisque c’était de ce roman dont il s’agissait) m’a intrigué. À tel point que je…

Lu! Laurie, de Stephen King.
Romans / 24 avril 2019

Lloyd a perdu sa femme. Pour l’aider à faire son deuil et éviter qu’il ne sombre dans la dépression, sa sœur lui apporte un chiot. Laurie. Lloyd ne veut pas de Laurie mais sa sœur ne lui laisse pas le choix. Et comme Lloyd n’a jamais su dire non à sa sœur, il accepte de laisser sa chance à Laurie. Quand Stephen King met en ligne une nouvelle gratuite, on la télécharge et on la lit. Comme le suggère la couverture – et l’indiquent plusieurs sites en guise de présentation – je m’attendais à ce que l’historie de Laurie se déroule dans l’univers de l’Outsider. Une espèce de prequel, voire un spin-off. Que nenni. Enfin, je dis ça, mais pour ce que j’en sais, les deux histoires peuvent très bien se dérouler dans le même univers. Toujours est-il que rien, pas un personnage, une référence, ne les relie l’une à l’autre. Je me suis senti un peu floué, sur le coup. Pas par King lui-même, faut pas pousser, mais par cette drôle de stratégie marketing qui induit le lecteur en erreur. Tout ça pour mettre en avant un texte gratuit publié par un des auteurs les plus populaires de notre…

Lu! Né d’Aucune Femme, de Franck Bouysse.
Romans / 16 avril 2019

Le Père Gabriel reçoit à confesse une infirmière de l’ancien couvent reconverti en asile pour femmes seules. Elle lui apprend qu’il va être convoqué pour bénir le corps d’une femme. Que c’est là qu’elle a caché les cahiers de Rose. À son attention, pour garder une trace de son histoire. J’ai découvert la plume de Franck Bouysse avec son polar du terroir Plateau, qui s’était révélé être une superbe découverte. Une histoire simple, efficace, portée par une écriture à la fois brute et maîtrisée qui rendait les personnages très humains, authentiquement imparfaits. J’avais réitéré l’expérience avec Grossier le Ciel, son roman précédent, mais j’avais été un peu déçu. Surtout parce que j’avais trouvé l’histoire trop similaire, comme une version archaïque de Plateau. Pour ce nouveau roman, Franck Bouysse reste dans la campagne profonde, loin de l’agitation des grandes villes, où les hommes sont pris au piège entre le temps qui passe autrement et la nature, aussi bien celle qui leur offre de quoi survivre que la leur propre, qui alourdit les âmes. Le temps est un thème récurrent chez l’auteur. Le temps qui passe, à la fois vivant et immuable, son emprise sur l’existence. L’histoire se situe dans un passé…

Lu! Inexorable, de Claire Favan.
Romans / 1 mars 2019

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer. Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père. Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils. Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable. Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage… Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants. J’ai beaucoup entendu parler de Claire Favan. Elle faisait partie de ma liste d’auteur(e)s à lire. Le Tueur Intime, puis Le Tueur de l’Ombre, Dompteur d’Anges, et j’en passe. Je voyais passer et repasser certains titres. J’ai pourtant décidé de découvrir sa plume avec sa dernière sortie, Inexorable, qui recevait tous les éloges. Malheureusement, j’ai rapidement compris que quelque chose allait clocher entre Claire et moi. Au niveau de l’écriture, surtout. Des petits détails, dans le choix des mots, parfois, dans la structure des phrases, aussi, dans les dialogues, surtout. La façon dont les informations sont fournies qui alourdit une lecture autrement plutôt fluide. Par exemple : « Avec un mouvement de recul explicite, Jean Flamand*, le benjamin de la bande, doté d’un physique potelé et de cheveux blonds, tirant sur le roux, coupés en brosse, s’étonne. »*Ce qui me fait penser qu’il y…

Lu! État de Nature, de Jean-Baptiste de Froment.
Romans / 20 février 2019

Éternel célibataire, Claude ne vit que pour le pouvoir, qu’il exerce dans l’ombre d’une présidente vieillissante. Jusqu’à ce que ses conseillers le convainquent de prend la tête du pays. Dans le même temps, dans la Douvre, Barbara, une jeune préfète charismatique, devient l’incarnation des envies de révolution des français. Je voyais ce titre passer à droite et à gauche. Ce premier roman écrit par un ancien conseiller de l’Élysée sur les coulisses du pouvoir. Normalement, la politique, c’est pas trop mon truc. Je préfère garder mes distances avec ce sport étrange, sinon ça me file de l’urticaire. Mais État de Nature récoltaient de bonnes critiques, et j’aime beaucoup les éditions Aux Forges de Vulcain, alors je me suis laissé tenter. Dès les premières pages, j’ai trouvé une écriture travaillée. Pas toujours très fluide (forcément, avec des phrases à rallonge, dans la grande tradition, même si ce n’est peut-être pas la meilleure, de la littérature française, si tant est qu’on puisse résumer la littérature française à des phrases à rallonge, truffées de virgules), mais travaillée. L’histoire oscille entre tragédie et grand guignol, avec ces jeux de manipulation pour savoir qui aura le pouvoir. Malheureusement, j’ai eu du mal à me passionner…

Lu! L’Outsider, de Stephen King.
Romans / 8 février 2019

Lorsque le jeune Franck Petersen, onze ans, est retrouvé mort, mutilé et violé avec une branche d’arbre, dans un parc de la petite ville de Flint City, tous les habitants sont sous le choc. D’autant plus que les empreintes et les témoignages pointent tous en direction de Terry Maitland, professeur d’anglais et entraîneur des Golden Dragons, l’équipe de jeunes de baseball. Après son arrestation publique devant toute la ville, Terry clame son innocence. Et il a un alibi solide, puisqu’il n’était pas en ville au moment des faits, et qu’il peut le prouver. Je ne vais pas vous la refaire, ce n’est un secret pour personne qui me suit un peu, je considère Stephen King comme une espèce de Dieu vivant. C’est Stephen King qui m’a donné véritablement le goût de la lecture (malgré les efforts consentis par l’Éducation Nationale pour me faire fuir les livres). C’est Stephen King également qui m’a donné envie d’écrire. Sans Stephen King, il n’y aurait pas de Leo Rutra. Ceci dit, si je voue un culte à Stephen King (au point de l’avoir déjà cité cinq fois depuis le début de cet article), je restais sur un sentiment mitigé après son dernier roman (co-écrit…

Lu! Sa vie dans les yeux d’une poupée, d’Ingrid Desjours.
Romans / 6 février 2019

Barbara décroche son diplôme d’esthéticienne puis, rapidement, un boulot dans un salon. Un boulot qui lui permet de prendre une certaine indépendance par rapport à une mère dominatrice et castratrice ; qui lui permet de reprendre le dessus après un viol ; qui lui permet d’envisager un avenir grâce à Sweet Doriane, la poupée qu’elle s’offre avec sa première paie et qui lui redonne espoir et confiance en elle. Marc reprend son poste de capitaine de police après un long arrêt maladie suite à un accident qui lui a coûté une jambe, de nombreuses cicatrices et qui a pris la vie de sa femme. Provocateur et misogyne, il joue chaque semaine sa vie à la roulette russe. Jusqu’à ce qu’une mystérieuse prostituée à moustache se mette à énucléer ses clients et que Marc se charge de l’affaire. Ingrid Desjours faisait partie des auteur(e)s dont j’avais entendu du bien et dont je souhaitais découvrir la plume depuis un certain temps. J’ai donc pris, lors de mon dernier passage de 2018 chez mon dealer de livres, l’un de ses romans. Pourquoi ai-je opté pour celui-là plutôt qu’Écho, Potens, Les Fauves ou un autre de ses titres ? Aucune idée. Mais une chose…