Lu! L’Outsider, de Stephen King.
Romans / 8 février 2019

Lorsque le jeune Franck Petersen, onze ans, est retrouvé mort, mutilé et violé avec une branche d’arbre, dans un parc de la petite ville de Flint City, tous les habitants sont sous le choc. D’autant plus que les empreintes et les témoignages pointent tous en direction de Terry Maitland, professeur d’anglais et entraîneur des Golden Dragons, l’équipe de jeunes de baseball. Après son arrestation publique devant toute la ville, Terry clame son innocence. Et il a un alibi solide, puisqu’il n’était pas en ville au moment des faits, et qu’il peut le prouver. Je ne vais pas vous la refaire, ce n’est un secret pour personne qui me suit un peu, je considère Stephen King comme une espèce de Dieu vivant. C’est Stephen King qui m’a donné véritablement le goût de la lecture (malgré les efforts consentis par l’Éducation Nationale pour me faire fuir les livres). C’est Stephen King également qui m’a donné envie d’écrire. Sans Stephen King, il n’y aurait pas de Leo Rutra. Ceci dit, si je voue un culte à Stephen King (au point de l’avoir déjà cité cinq fois depuis le début de cet article), je restais sur un sentiment mitigé après son dernier roman (co-écrit…

Lu! Sa vie dans les yeux d’une poupée, d’Ingrid Desjours.
Romans / 6 février 2019

Barbara décroche son diplôme d’esthéticienne puis, rapidement, un boulot dans un salon. Un boulot qui lui permet de prendre une certaine indépendance par rapport à une mère dominatrice et castratrice ; qui lui permet de reprendre le dessus après un viol ; qui lui permet d’envisager un avenir grâce à Sweet Doriane, la poupée qu’elle s’offre avec sa première paie et qui lui redonne espoir et confiance en elle. Marc reprend son poste de capitaine de police après un long arrêt maladie suite à un accident qui lui a coûté une jambe, de nombreuses cicatrices et qui a pris la vie de sa femme. Provocateur et misogyne, il joue chaque semaine sa vie à la roulette russe. Jusqu’à ce qu’une mystérieuse prostituée à moustache se mette à énucléer ses clients et que Marc se charge de l’affaire. Ingrid Desjours faisait partie des auteur(e)s dont j’avais entendu du bien et dont je souhaitais découvrir la plume depuis un certain temps. J’ai donc pris, lors de mon dernier passage de 2018 chez mon dealer de livres, l’un de ses romans. Pourquoi ai-je opté pour celui-là plutôt qu’Écho, Potens, Les Fauves ou un autre de ses titres ? Aucune idée. Mais une chose…

Lu! Les Démoniaques, de Mattias Köping.
Romans / 1 février 2019

Kimy est la fille de l’Ours. Pour ses quinze ans, son cadeau est d’être offerte à son père, son oncle et leurs amis en tant qu’objet sexuel. Quelques années plus tard, après une dernière passe, elle décide qu’elle ne fera plus la pute. Elle continuera à dealer pour son père, certes, mais plus un homme ne la touchera si elle ne l’a pas elle-même décidé. Lorsque sa route la met sur le chemin d’Henri, un professeur en pleine dépression, elle découvre une facette inédite des rapports humains. Et une opportunité d’enfin pouvoir se venger. Les Démoniaques, j’en avais entendu parlé au moment de sa sortie, fin 2016. Une claque, une bombe, une tuerie. Les superlatifs ne manquaient pas pour qualifier ce roman, le premier, de Mattias Köping. Je l’avais donc noté sur ma liste. Mais, je dois bien l’admettre, avec un léger scepticisme. Les bouquins encensés, en général, ça ne me réussit pas trop. Il y a toujours des exceptions, c’est vrai, mais elles ne sont généralement là que pour confirmer la règle. Puis, il y a quelques semaines, Le Manufacturier, le deuxième roman de Mattias Köping, est sorti. Accompagné par les mêmes superlatifs que le premier. Je me suis…

Lu! La Disparition, de Georges Perec.
Romans / 29 janvier 2019

Anton Voyl est frappé d’insomnies. Depuis plusieurs mois. Malgré tous les traitements tentés, rien n’y fait. Et moins il dort, plus Anton Voyl hallucine. Il voit Moby Dick, un sphinx qui somnole dans le désert, un fils perdu qui épouse sa propre mère. De jour en jour, sa santé s’aggrave. Jusqu’au jour où Anton Voyl disparaît sans laisser de trace. Son ami, Amaury Conson, met alors tout en œuvre pour retrouver son ami. J’avais entendu parler de ce roman il y a déjà de nombreuses années. pour cause, La Disparition, écrite en 1968, a été publiée en 1969. Mais je ne l’avais jamais lu. Pas encore. Pire, je n’y croyais pas vraiment. Pour moi, ce roman ressemblait à un mythe. Quelque chose que je devais lire pour croire. Car La Disparition n’est pas un roman comme les autres. C’est un lipogramme. Et pas un lipogramme d’enfant. Non, non, non. C’est LE lipogramme. imaginez un peu, s’interdire d’employer la lettre « e », la lettre la plus utilisée de la langue française pour écrire non pas une phrase ou deux (c’est déjà un challenge) mais bien une histoire entière. La Disparition, de Georges Perec, c’est 300 pages environ, sans un seul « e ». J’avais…

Lu! Évasion, de Benjamin Whitmer.
Romans / 18 janvier 2019

Benjamin Whitmer, je l’ai croisé, par hasard, voilà maintenant quelques années, dans les rayonnages de mon dealer de livres. J’ai vu la couverture noire ultra-sobre, de Cry Father, et j’ai laissé sa chance à cet auteur que je connaissais pas et dont je n’avais jamais entendu parler avant (et, par la même, aux Éditions Gallmeister, que je ne connaissais pas et dont je n’avais jamais entendu parler avant). C’est marrant, le hasard. J’aurais pu choisir un autre livre, ne pas voir celui-là. Mais je l’ai vu et, pour raison obscure qui restera à jamais un mystère, je l’ai choisi. Puis je l’ai lu. Et là, je suis tombé littérairement amoureux de la plume délicieusement noire de Benjamin Whitmer. J’ai dévoré Cry Father, puis je me suis rué sur Pike, son premier roman, avec autant d’excitation que d’appréhension. Est-ce que ça allait être aussi bien ? Mieux ? Décevant ? J’ai retrouvé ce que j’avais adoré dans l’un, dans l’autre. Alors quand j’ai vu cette nouvelle sortie, j’ai su que ça serait ma prochaine lecture. Bon, d’abord j’ai versé une larme pour en la mémoire des couvertures uniformément noires qui caractérisaient les publications des Éditions Gallmeister (ceci dit, la couverture d’Évasion…

Lu! Six Fourmis Blanches, de Sandrine Collette.
Romans / 4 janvier 2019

Sandrine Collette. Voilà un nom que je voyais passer sur différents groupes de lecture depuis un certain temps. Et ça faisait un certain temps que je me disais qu’il fallait que je lise un de ses romans. Sandrine Collette. Voilà un nom qui sonne inoffensif, le genre de nom qu’on imagine facilement sur la couverture d’une romance à l’eau de rose ou d’un de ses romans feel good qui pullulent depuis quelques temps, comme de la mauvaise herbe littéraire (ne vous méprenez pas, je suis seulement jaloux car je suis incapable d’écrire des histoires feel good, ou alors seulement du feel good pour psychopathes…). On ne pourrait pas être plus loin de la vérité. Mais je l’ignorais encore. Je me suis laissé entraîner dans cette histoire sans rien en avoir vu d’autre que sa couverture. Je n’ai même pas retourner le bouquin pour lire la quatrième de couv’. À quoi bon, puisque j’avais déjà décidé de lire ce livre ? Autant que possible, j’aime les histoires dont je ne sais rien, qui m’emportent et me surprennent. Bon, je savais quand même que ça se passait en montagne. Et la montagne, qu’on se le dise, j’y connais rien. Enfin, presque rien….

Lu! Sinestra, d’Armelle Carbonel.
Romans / 26 décembre 2018

En pleine Deuxième Guerre Mondiale, le Val Sinestra est un refuge isolé au cœur de la vallée des Grisons. Sous la direction de Signur Guillon, la demeure recueille des orphelins atteints de pathologies rares et des mères à la progéniture meurtrie avec la promesse de sécurité et de guérison. Mais, même à l’abri du reste du monde, le mal est toujours là. Contrairement à beaucoup d’autres auteurs, je considère Armelle Carbonel comme une collègue. Ma libraire m’avait parlé d’elle à l’époque où son Criminal Loft commençait à faire parler de lui. Nous nous sommes rencontrés autour d’un petit déjeuner littéraire et j’ai découvert une belle personne, vraie et humaine. Quand j’ai appris qu’elle rentrait au bercail lors d’une date de sa tournée des librairies, j’en ai naturellement profité pour aller lui faire un coucou et me faire signer un exemplaire de son dernier bébé, Sinestra. Déjà, la couverture est magnifique. Dès les premières lignes, j’ai été frappé par le style de la Nécromancière. Encore plus que dans Criminal Loft ou Majestic Murder, la plume est diablement affûtée. Chaque phrase est travaillée avec soin et minutie dans un style très poétique. Et sur près de 400 pages, ne pas tomber dans…

Abandonné! Le Cri, de Nicolas Beuglet.
Romans / 26 octobre 2018

Abandonné! Le Cri, de Nicolas Beuglet. Après le suicide d’un patient dans l’hôpital psychiatrique de Gaustad, pas loin d’Oslo, l’inspectrice Sarah Geringën est appelée sur place. immédiatement, elle comprend qu’il se passe quelque chose d’étrange et qu’on ne lui dit pas tout sur le patient 488, mort avec un cri d’effroi figé sur les lèvres. Déterminée à découvrir la vérité, elle va mener l’enquête. Bon, on ne va pas y aller par quatre chemins. J’ai abandonné ma lecture du Cri (le titre de l’article vous avait sans doute mis sur la voie). J’en avais pourtant entendu beaucoup de bien et l’univers psychiatrique norvégien aurait tout à fait pu m’intéresser. Peut-être que je n’aurais pas dû lire ce roman en période de correction. Car toutes les faiblesses du style faussement pompeux de l’auteur m’ont sauté aux yeux. Les phrases surchargées, le forçage des informations, les personnages incohérents et les dialogues artificiels au possible. En fait, j’ai eu l’impression de lire le premier jet d’un roman écrit par un auteur qui se libérait de son carcan de scénariste. Peut-être que l’histoire est bonne, je ne le saurai jamais. J’avais lu des commentaires disant qu’on pouvait lire Le Cri les yeux fermés, c’est…

Lu! Un Fond de Vérité, de Zygmunt Miłoszewski.
Romans / 5 octobre 2018

Lu! Un Fond de Vérité, de Zygmunt Miłoszewski. Fraîchement divorcé, Teodore Szacki a quitté Varsovie pour prendre le poste de procureur dans la ville pittoresque de Sandomierz. C’est pour lui un nouveau départ, même s’il déchante rapidement et est vite rattrapé par l’ennui. Lorsque le corps d’une habitante locale, appréciée et respectée, est retrouvé exsangue selon un vieux rituel juif devant l’ancienne synagogue, la population locale renoue avec les vieilles peurs de l’après-guerre et l’antisémitisme. Szacki se sent revivre. il mène l’enquête et replonge dans le passé complexe de la ville en quête de la vérité. J’avais beaucoup aimé ma première rencontre avec le procureur Szacki dans Les Impliqués. Je le retrouve avec beaucoup de plaisir. Changement de décor, on quitte la capitale tentaculaire pour une petite ville historique. Le décalage entre Szacki et son environnement n’en est que plus flagrant. Le personnage est sympathique et attachant, grâce notamment à son caractère ronchonno-comique très moderne. Seul reproche, son côté Hank Moody m’a semblé un peu too much par moments. Les personnages secondaires sont intéressants et attachants, et l’auteur réussit, ce qui n’est pas rien, à nous faire suspecter chacun d’entre eux tour à tour. Tous pourraient avoir un mobile, d’autant…

Lu! H2G2, l’Intégrale de la trilogie en cinq volumes, de Douglas Adams.
Romans / 19 septembre 2018

Lu! H2G2, l’Intégrale de la trilogie en cinq volumes, de Douglas Adams. Arthur Dent, un anglais tout ce qu’il y a de plus banal, apprend que sa maison doit être démolie pour permettre la construction d’une nouvelle autoroute. Mais ce n’est qu’une fois le bulldozer dans son jardin qu’il s’interpose face à ce projet ignoble. Jusqu’à l’intervention de son ami, Ford Prefect, qui l’entraîne au pub du coin boire une mousse car il a quelque chose à lui révéler. Alors qu’il disait venir de Guilford, il s’avère que Ford est en fait un astrostoppeur natif de Bételgeuse, et pigiste pour le Guide du Voyageur Galactique, coincé sur Terre depuis plusieurs années. Mais les révélations de Ford ne s’arrêtent pas là, puisqu’il prévient également Arthur qu’il ne sert à rien de se soucier de la démolition de sa maison, la planète entière étant sur le point d’être rasée pour faire place à une voie express intergalactique. J’avais vu le film H2G2 il y a de nombreuses années, à une époque où je ne savais rien des livres et encore moins de leur auteur, Douglas Adams. J’avais trouvé le film trop décalé, trop bizarre et, au final, plutôt moyen. À l’exception d’une…