Vu! Comancheria, de David Mackenzie.

7 février 2017

Vu! Comancheria, de David Mackenzie.

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Toby et Tanner Howard enchaînent les braquages dans les succursales d’une banque texane. Après la mort de leur mère, Toby a demandé l’aide de Tanner, tout juste sorti de prison, pour rassembler une somme d’argent qui éviterait la saisie de la maison familiale. Mais les raisons profondes qui motivent les deux frères sont bien différentes et le tempérament volatile de Tanner va bientôt les mettre en danger. Dans le même temps, Marcus Hamilton, un Texas Ranger très proche de la retraite, décide d’arrêter les braqueurs avec son adjoint.

La première chose qui frappe, en regarde l’affiche de Comancheria, c’est la ressemblance avec celle de Sicario. Et si l’on n’assiste pas là à un film de Denis Villeneuve, le lien de parenté existe tout de même puisque c’est Taylor Sheridan, acteur cantonné aux petits rôles secondaire dans quelques séries, qui signe le scénario.

À la réalisation, on retrouve le britannique David Mackenzie, à qui l’on doit déjà le particulier Perfect Sense et le très bon film de prison Les Poings Contre les Murs. Il troque ici le huis-clos de l’univers carcéral contre les paysages arides du Texas, tout en gardant la notion de famille au centre de son film.

Si Comancheria est présenté comme un thriller (genre dans lequel on peut mettre un peu tout ce qui nous arrange), c’est en fait un croisement entre différents types de films. Car c’est à la fois un film de braquage, un policier, mais également un western moderne et même un drame social.

Le postulat de base, c’est l’histoire de ces deux frères qui décident de braquer des petites banques pour rembourser l’hypothèque de la maison familiale et assurer l’avenir. Le décor sent la récession économique, avec ces panneaux « à vendre » qui se multiplient et ces petites villes qui semblent survivre au ralenti.

Mais on a également l’histoire parallèle de ce Texas Ranger issu d’une autre génération, avec une idée de la loi à l’ancienne. Et puis ce ne serait pas un western sans, à la fois les paysages des états du Sud, mais également ce rapport si particulier entre indiens et cowboys, ici marqué par les nombreuses blagues racistes dont le personnage de Marcus abuse envers son collègue mi-indien mi-mexicain.

Côté casting, Chris Pine laisse de côté son uniforme de Starfleet pour enfiler une chemise sale et braquer des banques pour la bonne (quoi qu’un brin individualiste) cause. L’acteur américain enchaîne les films avec plus ou moins de succès ces dernières années. Comancheria fait définitivement partie de ses bonnes prestations. À ses côtés, Ben Foster confirme sa capacité à jouer des seconds rôles ambigus. Il joue parfaitement de son physique pour créer un personnage complètement hors de contrôle mais attachant malgré tout.

Face à eux, Jeff Bridges et Gil Birmingham forment un duo assez classique. D’un côté le vieux briscard qui voit dans sa retraite prochaine un forme de mort et de l’autre son collègue désabusé. Jeff Bridges a pour lui une expérience certaine, sa voix grave et son charisme rugueux. Il n’a pas besoin de grand-chose pour fournir une prestation solide. Gil Birmingham parvient lui à interpréter un descendent Comanche pas stéréotypé, ce qui est déjà pas mal.

Avec son scénario cohérent, sa réalisation sobre, son casting de qualité et sa bande-son enivrante concoctée par Nick Cave et Warren Ellis, Comancheria a tout du bon film. Il manque un petit quelque chose en plus pour en faire un coup de cœur, mais on n’en est vraiment pas loin. Si vous aimez les films simples et efficaces, où chaque scène a un sens et où on fait du mieux avec du moins, Comancheria devrait assurément vous plaire.

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