Vu! Crazy Amy, de Judd Apatow.

19 juillet 2016

Vu! Crazy Amy, de Judd Apatow.

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Amy est une journaliste fêtarde, infidèle, qui a basé sa vie sur l’idée, véhiculée par son père depuis son plus jeune âge, que la monogamie n’est pas un mode de vie réaliste. Alors quand d’autres se marient et font des enfants, sa petite sœur en premier, elle « profite »! En tout cas jusqu’au jour où elle rencontre un médecin du sport en pleine ascension, sur qui elle doit écrire un article, son armure de salope assumée se fissure. Pour la première fois de sa vie, et quand bien même ça va à l’encontre de tout ce en quoi elle croit, Amy a envie d’être la femme d’un seul homme.

Judd Apatow s’est construit une solide réputation au fil des années, aussi bien comme réalisateur, producteur que scénariste. Il a participé, d’une façon ou d’une autre, à des séries comme The Ben Stiller Show, Freaks and Geeks, Girls ou Love. Il a produit des films comme Disjoncté, Anchorman, Superbad, Délire Express, Mes Meilleures Amies, j’en passe et des meilleurs. Mais il a surtout réalisé des comédies cultes comme 40 Ans, Toujours Puceau, En Cloque, Mode d’Emploi ou Funny People.

Pour son cinquième film derrière la caméra, et après un 40 ans, Mode d’Emploi plutôt moyen, il réalise pour la première fois le scénario de quelqu’un d’autre. En l’occurrence Amy Schumer, la coqueluche de la scène humoristico-sexy-trash américaine. Avec un personnage basé sur celui qui a fait son succès comme humoriste et une histoire très proche de sa vie personnelle (notamment concernant la maladie de son père et le divorce de ses parents), on pouvait s’attendre à un film à la fois drôle et attachant.

Ce n’est pas le cas.

Si on peut apprécier qu’Amy Schumer ne ressemble pas à toutes ces héroïnes américaines aux mensurations parfaites, ça ne rend malheureusement pas son humour moins lourd. Et son personnage, à l’exception de la scène de l’enterrement, est tout sauf attachant. À vrai dire, c’est même le contraire, elle est agaçante, presque du début à la fin.

Bill Hader, face à elle, sauve les meubles en étant un peu plus subtil, même si sa voix nasillarde finit rapidement par devenir insupportable. Colin Quinn, dans le rôle du père d’Amy, est très drôle dans la première scène, quand il explique à ses fillettes pourquoi lui et sa mère se séparent, mais ça s’arrête là. Brie Larson, en sœur parfaite, Mike Birbiglia en beau-frère coincé, et Evan Brinkman en fils de ce dernier font plus naturel mais se retrouvent noyés dans la masse. Tilda Swinton s’en sort plutôt bien dans son rôle en rédactrice en chef complètement barrée, Randall Park, Jon Glaser et Vanessa Bayer également, en journalistes délurés, même si parfois certaines scènes traînent un peu (beaucoup) trop en longueur.

À leurs côtés, on a une foule de seconds rôles. Comme John Cena, le catcheur américain est recyclé boyfriend à tendance gay refoulé, LeBron James dans son propre rôle, comme meilleur ami du médecin est assez juste ou le toujours très bon Ezra Miller, ici en assistant (tout va bien jusqu’à une scène d’une lourdeur embarrassante). On a également Daniel Radcliffe et Marisa Tomei qui se donnent la réplique dans une parodie de film d’auteur en noir et blanc (on ne sait pas trop pourquoi). Ajoutons également les apparitions plus ou moins remarquées de Method Man, Norman Lloyd, Dave Attell, Leslie Jones, Amar’e Stoudemire, Marv Albert, Chris Evert ou Matthew Broderick.

Porté par un casting très chargé, Trainwreck ne parvient pas à trouver le bon ton, hormis lors de quelques scènes trop courtes et trop rares. L’essentiel du film tourne autour de cette fille qui s’assume puis qui ne s’assume plus avant de finalement rentrer dans le rang puritain. Dire que j’attendais beaucoup plus de ce film est un euphémisme. Ceci dit, j’aurais dû me méfier et revoir mes attentes à la baisse en voyant les notes récoltées sur les différentes sites.

Crazy Amy n’est pas drôle, pas touchant et trop long, un combo fatal pour un film qui aurait dû être tout le contraire. De rares moments sortent du lot, mais ils tiennent en dix minutes tout au plus et nous laissent donc avec près de deux heures d’un film pour le moins insipide.

Est-ce nécessaire de préciser que je n’ai pas aimé ?

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