Vu! Creed : l’Héritage de Rocky Balboa, de Ryan Coogler.

1 juillet 2016

Vu! Creed : l’Héritage de Rocky Balboa, de Ryan Coogler.

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À la fin des années 90, Adonis Johnson est un jeune noir bagarreur enfermé dans un centre correctionnel pour jeunes à Los Angeles. Sa mère est morte quand il était jeune et son père avant même sa naissance. Il est recueilli par la femme de son père, la légende de la boxe Apollo Creed, qui l’élève comme son fils et lui offre une vie à laquelle il n’aurait jamais pu prétendre. Dix-sept ans plus tard, Donnie Johnson concilie les combats de boxe à Tijuana avec un travail stable dans un bureau. Mais son rêve est de devenir boxeur professionnel, malgré les mises en garde de sa mère. Il essaie de se faire entraîner à la Delphi Boxing Academy, la salle de son père mais est rejeté car jugé pas prêt. Il part donc pour Philadelphie et traque Rocky Balboa, l’ancien rival devenu ami intime de son père et le pousse à l’entraîner. Après des débuts hésitants, une relation forte s’installera entre l’ancien champion et l’héritier de Creed.

Creed avait tout pour échouer. Déjà parce que Ryan Coogler est un jeune réalisateur et scénariste et qu’il s’attaque à un mythe du cinéma américain. Mais aussi parce que Michael B. Jordan, même s’il a déjà beaucoup tourné, n’a pas encore vraiment prouvé qu’il avait les épaules pour supporter un premier rôle d’envergure.

Après avoir vu Creed, trois choses sont certaines, Ryan Coogler est un réalisateur de talent, promit à une belle carrière. Il réalise ici un drame d’une beauté évidente, bien plus profond qu’un simple film de boxe. Michael B. Jordan a les épaules pour supporter des premiers rôles d’envergure. Son personnage est tout à fait crédible et réaliste. Et la saga Rocky a encore de beaux jours devant elle.

Michael B. Jordan campe un personnage crédible, par sa détermination, sa confiance en lui, mais aussi ses failles, ses doutes et sa colère. Très attachant, il est facile de s’identifier à lui malgré son histoire personnelle complexe et extraordinaire. Tessa Thompson est une belle surprise dans ce film. Chanteuse atteinte d’un trouble auditif, elle habite en-dessous de chez Donnie à Philadelphia et devient son soutien et sa muse. Un second rôle dans ce genre de film, surtout un second rôle féminin, est souvent lisse voir accessoire. Rien de tout ça ici, comme le reste des personnages, elle a une histoire à laquelle on croit et qui lui donne de la profondeur. Et que dire de Sylvester Stallone ? Il est vieux, désœuvré, une ombre de sa forme d’antan ? Un peu, mais sa fonctionne parfaitement. On retrouve le personnage qui a fait son succès et on s’attache à lui autant qu’à ses deux jeunes co-stars. Un Rocky sans Rocky semble impossible, même pour un spin-off, et si Rocky n’est plus l’Italian Stallion, il conserve son aura. Ajoutons au casting les présences des boxeurs professionnels Andre Ward dans un petit rôle mais surtout Tony Bellew dans celui du méchant champion (lui aussi bien développé malgré le peu de temps passé à l’écran), ainsi que Phylicia Rashãd dans le rôle de Mary Anne Creed, Graham McTavish dans celui du manager de Conlan, ou Liev Schreiber en narrateur pour HBO.

Les combats de boxes sont impressionnants visuellement, superbement filmés et les détails, comme les commentateurs, la présentation de Michael Buffer ou les présences de Stitch Duran et Padman McGill ajoutent au réalisme. Et ce n’est que la juste finalité des scènes d’entraînements et du parcours personnels de Donnie (qui rappellent beaucoup le premier Rocky). Le film est en ce sens un retour aux sources qui ressemble à la fois à un hommage et à un passage de flambeau. Si la boxe est au cœur de l’histoire, le plus important reste l’humain. Rocky le dit lui-même à son jeune protégé, « ton plus grand adversaire c’est toi, l’autre est seulement sur ton chemin ».

Creed représente véritablement l’Héritage de Rocky Balboa. Je m’étais préparé à voir un film moyen, semblable à n’importe quel autre film de boxe moyen, mais je me suis retrouvé à vibrer pour ces personnages complexes, profonds et faillibles, pour cette histoire simple mais très bien racontée. Les quelques raccourcis et facilités (car il y en a quelques-uns) sont largement compensés par la puissance de la réalisation et les émotions transmises par les acteurs. Je ne peux que recommander.

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One Comment

  • kali 5 juillet 2016 at 22:53

    Je l’ai mis un soir un peu en mode « Bon j’ai 2h à perdre qu’est ce que je regarde » du coup je n’attendais rien – si ce n’est à être potentiellement « déçu » – et j’ai reçu beaucoup.
    L’histoire est simple – trop simple peut être même – mais ça fonctionne car tout bonnement le lien entre tout ça est pensé et réfléchi. Les ingrédients arrivent petit à petit et permettent à la magie d’opérer.
    Stallone joue bien et le duo avec Michael B Jordan joue juste. Le trio est bien complété en effet par tous les personnages secondaire qui ne font qu’éléments de décor mais apportent de la profondeur.

    Bref un film à voir selon moi également

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