Vu! Dear White People, saison 1.

4 août 2017

Vu! Dear White People, saison 1.

Sur le prestigieux campus de la grande université de Winchester, la black face party organisée par le journal satirique Pastiche fait scandale parmi la communauté noire. Sam White, qui anime l’émission de radio polémique, Dear White People, où elle dénonce les injustices et le racisme, s’en donne à cœur joie. Lionel, un étudiant en journalisme noir, gay et introverti, décide d’écrire un article sur le sujet, tandis que Troy, le fils du Doyen, mène les élections pour devenir le Président des élèves et que Coco, à l’ambition acérée, se rêve déjà première dame.

Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai choisi de laisser sa chance à Dear White People, parmi les dizaines (je devrais probablement dire centaines) de séries que j’ai à regarder. Des fois, vous faites défiler votre liste Netflix et une affiche vous attire, ou un titre. Pourtant j’aurais pensé avoir été vacciné (au moins pendant un temps) sur les séries mettant en scène des teenagers américains après 13 Reasons Why.

Bon, là on a affaire à de grands teenagers, puisque les protagonistes de Dear White People sont des étudiants dans une grande école (fictives, évidemment). J’avais un peu peur que ce soit niais, mais j’ai vite compris que ça ne le serait pas.

Dear White People est une série sur des étudiants, certes, mais destinée à un public adulte. Le racisme et le manque d’égalité dans les grandes institutions et, de facto, dans la société américaine, sont des sujets lourds de sens dans ce pays à l’histoire marquée par l’esclavagisme. Sans être noire (pun intended), l’ambiance est plutôt sérieuse.

Il est question d’apparences, avec cette black face party qui ouvre la série ; il est question d’attentes et d’opportunités, avec les tentatives de Coco de ressembler à une petite blanche parfaite ou celles de Troy pour devenir le Barack Obama de Winchester ; il est question de colère et de culpabilité, avec le combat mené par Sam et, par extension, Reggie.

Centrée sur quatre personnages principaux, la série donne la part belle à un casting jeune, où tous les rôles principaux sont confiés à des afro-américains, ce qui, il faut bien l’admettre, change un peu.

Tous les personnages ne sont pas égaux mais tous ont quelque chose. Ils ne sont pas parfaits, ont des défauts et des faiblesses, qui les rendent, si ce n’est attachants (ils ne le sont pas tous), au moins à peu près humains.

Je dis à peu près car, on ne va pas se mentir, les personnages quand même assez stéréotypés. Pas au point d’être des caricatures, comme ceux de Diffamation, la parodie de Scandal, mais pas si loin non plus.

Mention spéciale à la jolie Logan Browning, dans le rôle de Sam ; à DeRon Horton, excellent en Lionel ; à Brandon P. Bell, qui reprend le rôle de Troy (qu’il tenait déjà dans le film du même nom réalisé par Justin Simien en 2014 et dont la série est adaptée). On peut noté également les apparitions remarquées de la plantureuse Nia Long ou la narration de Giancarlo Esposito.

Le cadre, par contre, n’est peut-être pas le meilleur choix. Les étudiants en question sont-ils une bonne représentation de la cause qu’ils défendent ? Ou des porte-paroles d’une réalité qui leur échappe par définition ?

Dear White People se construit autour d’une poignée d’événements majeurs. La black face party, l’élection d’un président des élèves qui est à la fois noir et fils du doyen, comme une fausse promesse d’ouverture, et un vigile du campus qui braque un élève noir avec son arme à feu.

Tout n’est pas égal, mais il y a une volonté de bien faire. De bien faire, mais de ne pas non plus trop en faire, ce qui peut parfois donner un effet un peu lissé. À l’image des élèves de Winchester, l’audace de la série est limitée par son propre cadre, dont elle s’efforce de ne jamais déborder, ce qui est un peu dommage.

Globalement, Dear White People est une série que j’ai pris plaisir à suivre. J’ai aimé plusieurs des personnages et j’ai aussi apprécié que le ton ne soit pas uniquement moralisateur mais qu’on laisse la place à des points de vue différents. Tout n’est pas noir ou blanc et c’est tant mieux.

Je ne dirais pas que c’est une réussite complète, car il manque une certaine profondeur, une certaine substance, mais ça reste une série agréable, bien écrite, réalisée et interprétée. Et c’est déjà pas mal !

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