Vu! Dernier Train pour Busan, de Yeon Sang-ho.

23 septembre 2017

Vu! Dernier Train pour Busan, de Yeon Sang-ho.

Dernier Train pour Busan

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Pour Seok-woo, courtier en bourse à Seoul, la vie tourne autour du travail. Il n’a que peu de temps à consacrer à sa jeune fille, Soo-ahn. La veille de son anniversaire, la petite fait part à sa grand-mère de son désir d’aller retrouver sa mère à Busan, quitte à prendre le train toute seule. Seok-woo essaie de la réconforter en lui offrant son cadeau en avance, puis déchante quand il se rend compte que c’est le même que celui de l’année d’avant. Pour se faire rattraper, il accepte d’accompagner sa fille en train jusqu’à Busan pour qu’elle puisse passer son anniversaire avec sa mère. Dans le train, ils ne sont pas seuls. Deux sœurs du troisième âge, un couple dont la femme est enceinte, une équipe de base-ball de lycéens, un homme d’affaire et une jeune fille malade les accompagnent.

Au moment où le train quitte la gare, le chef de quai est attaqué par une foule déchaînée, tandis qu’à la télévision, les informations font état de violentes émeutes dans plusieurs villes du pays.

J’avais entendu parler du Dernier Train pour Busan dans l’émission Le Cercle, sur Canal. Cette même émission où j’ai entendu parler de Toni Erdmann, de La Tortue Rouge mais aussi d’un drame familial roumain dont j’ai oublié le titre.

Je n’ai pas encore vu La Tortue Rouge, mais j’ai beaucoup aimé Toni Erdmann et, même si ça n’a rien à voir, j’espérais beaucoup aimer le Dernier Train pour Busan aussi. C’est peut-être pour ça que j’ai mis quelques mois à le regarder. Après tout, c’est un film de zombie et les films de zombie appartiennent à un genre difficile à renouveler.

Qu’on se le dise tout de suite, Dernier Train pour Busan ne renouvelle pas le genre.

La première scène m’a fait peur (pas dans le bon sens), avec ce fermier coréen qui s’arrête à un barrage des autorités et s’exprime de manière caricaturale. Je me suis dit que si ça continuait comme ça pendant deux heures, ça risquait d’être longuet. Puis le fermier percute une biche, constate le décès de l’animal, repart. Et la biche se relève, les yeux vitreux. Là, je me suis dit, ok, ça peut être pas mal.

Et pas mal, ça l’est amplement. En fait, c’est même bien mieux que ça.

J’ai aimé la façon dont le début du film se concentre sur la relation entre Seok-woo et sa fille. Même si ce n’est pas original, c’est efficace et ça rend les personnages humains et attachants immédiatement. J’ai aimé aussi comment, dès leur arrivée à la gare, on nous présente les autres protagonistes importants de l’histoire, et notamment le couple de Sang-hwa et sa femme enceinte, Seong-kyeong.

J’ai adoré comment l’épidémie se propage, presque en arrière-plan, sans prendre le pas sur les personnages que l’on suit. Sur les décisions qu’ils doivent prendre, les dilemmes auxquels ils doivent faire face, les sacrifices qu’ils doivent faire pour protéger ceux qu’ils aiment.

J’ai un très léger reproche à faire concernant la fin (la toute fin). Personnellement, j’aurais préféré une fin plus ouverte, plus mystérieuse. Mais à côté de ça, j’ai passé un excellent moment.

C’est notamment dû à la réalisation parfaite de Yeon Sang-ho, dont c’est là le premier film live-action, après qu’il ait réalisé plusieurs courts et longs-métrages d’animation. Le rythme est excellent, la tension très bien installée, et les zombies, rapides et agressifs, y sont pour beaucoup. Il y a plusieurs scènes de « déferlement humain » tout à fait saisissantes, voire même étourdissantes, qui, à elles seules, valent le coup de regarder ce film.

Je ne vais pas trop m’attarder sur le casting. Juste un mot sur Gong Yoo, qui joue Seok-woo et s’en sort très bien, avec un rôle un peu stéréotypé au début du film, mais qui évolue ensuite parfaitement. Jeong Yu-mi est profondément attachante en femme enceinte. Le fait que son personnage ne manque pas de caractère ne gâche rien. Ma Dong-seok fonctionne très bien également, avec ses faux-airs de catcheurs.

Mais la palme revient à la très jeune Kim Su-an. Pendant une partie du film, elle ressemble surtout à une petite fille un peu malheureuse. Puis elle prend une toute autre dimension à la fin, grâce notamment à une scène absolument formidable (qui, à elle seule, vaut (aussi) de regarder le film) où elle nous montre qu’à tout juste dix ans (au moment du tournage) elle est déjà une excellente actrice.

J’avais entendu de bonnes choses de ce film mais aussi eu des retours plus mitigés. En ce qui me concerne, Dernier Train pour Busan est un excellent film de zombie coréen. Dans le style de World War Z (la première partie), il joue parfaitement avec les codes du genre, sait les détourner quand nécessaire et utilise parfaitement son décor pour accentuer l’ambiance oppressante.

Si vous aimez les films de zombie, les films coréens ou tout simplement les bons films, je vous le recommande chaleureusement !

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