Vu! Detroit, de Kathryn Bigelow.

17 juillet 2018

Vu! Detroit, de Kathryn Bigelow.

Detroit

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À l’été 67, à Détroit, une partie de la population afro-américaine descend dans la rue pour protester contre la ségrégation raciale, la violence policière et la guerre du Vietnam. Après plusieurs jours d’émeutes, de pillages, d’incendies et de coups de feu tirés contre les forces de l’ordre, la ville est au bord de la guerre civile. Les forces de police procèdent à des rafles en pleine rue et remplissent les cellules de la ville tandis que la police fédérale et la garde nationale sont appelées en renfort pour imposer un couvre-feu et tenter de maintenir l’ordre.

Après un concert avorté, Larry Reed, le chanteur principal des Dramatics, décide d’aller passer la soirée à l’hôtel Algiers avec son ami Fred Temple pour faire la fête, en marge des affrontements. C’est dans ce même hôtel que Carl, pour amuser ses copains, tire des balles à blanc en direction des policiers qui sont stationnés près de l’hôtel. Les forces armées, menées par l’officier Krauss, croyant à la présence d’un sniper, débarquent à l’hôtel et, après avoir abattu Carl d’une balle dans le dos, entreprennent d’interroger à leur manière toutes les personnes présentes sur place.

Pour la troisième fois, après Démineurs et Zero Dark Thirty, Kathryn Bigelow réalise un film à partir d’un scénario de Mark Boal.

La réalisatrice américaine, première femme à avoir remporté l’Oscar de la meilleure réalisatrice et ex-femme de James Cameron, s’attaque à un nouveau sujet sensible, après la guerre en Irak avec Démineurs (qui, au-delà de la première scène, ne m’a pas captivé), puis la traque de Ben Laden par la CIA dans l’excellent Zero Dark Thirty.

La voilà de retour sur le sol américain et les émeutes raciales de la fin des années 60 à Détroit. Il n’a pas fallu attendre la sortie du film pour que des critiques (injustifiées) s’élèvent contre Bigelow et sa légitimité à traiter le film, n’étant pas elle-même afro-américaine.

La réalisation est parfaitement maîtrisée, dynamique et prenante, nous immergeant facilement dans le Détroit de la fin des années 60, dans la vie des personnages et dans cette histoire vraie.

Et l’ensemble du casting contribue à nous placer naturellement dans la position de ces jeunes maltraités par la police pour leur seule couleur de peau.

Heureusement, la réalisatrice américaine et son scénariste attitré ne cède pas à la facilité de diviser blancs/noirs ou policiers/émeutiers, ce qui rend le film à la fois plus profond et plus complexe.

Côté casting, difficile de citer tous les acteurs tant ils sont nombreux.

Will Poulter est formidable dans son rôle du détestable officier Krauss. Ses mimiques, son ton, tout est parfait. John Boyega n’a rien à lui envier, on sent toute la nuance et l’équilibre précaire de son personnage d’agent de sécurité noir pris entre deux feux.

Algee Smith et Jacob Latimore ; Hannah Murray et Kaitlyn Dever ; Jack Reynor et Ben O’Toole ; Anthony Mackie et John Krasinski ; Samira Wiley et Gbenga Akinnagbe, pour ne citer qu’eux, contribuent tous à ajouter à la crédibilité de l’histoire.

Detroit est un film puissant qui parvient à recréer avec efficacité un faits divers de l’histoire récente en montrant les limites de l’humain, du pouvoir, de la société mais aussi de la justice.

Si vous aimez les drames historiques, Detroit est clairement un film à voir.

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