Vu! Doctor Strange, de Scott Derrickson.

18 mars 2017

Vu! Doctor Strange, de Scott Derrickson.

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Stephen Strange est un éminent neurochirurgien. Son talent à la table d’opérations n’a d’égal que son ego surdimensionné. D’ailleurs, quand il prend sa Lamborghini pour se rendre à un dîner organisé en son honneur, il se comporte comme si la route lui appartenait et ne tient pas compte des limitations de vitesse ou des autres voitures. Il profite du trajet pour programmer son prochain miracle avec son assistant, cherchant non sans cynisme un cas exceptionnel qui saura mettre en valeur ses capacités extraordinaires. Le manque d’attention, la vitesse, la dangerosité de la route et la météo lui font avoir un terrible accident.

À son réveil, Strange découvre que ses mains ont subi des lésions irréversibles. Il dépense toute sa fortune dans des traitements expérimentaux mais malgré tous ses efforts, ses mains continuent de trembler. Puis il entend parler du cas miraculeux de Jonathan Pangborn, qui a retrouvé l’usage de ses jambes après un accident similaire qui l’avait laissé paralysé. Strange le retrouve et le pousse à lui révéler le secret de sa guérison. Pangborn le prévient que le prix à payer sera élevé, et qu’il ne s’agit pas d’argent, puis lui raconte son périple à Kamar-Taj et sa guérison qu’il doit à un guide mystique. Strange est sceptique mais déterminé, il s’envole donc pour le Népal à la recherche de Kamar-Taj.

C’est dingue ce qu’on peut raconter sur un film qui n’en raconte pas tant que ça. Et dîtes-vous que je n’ai même pas parlé de la scène d’intro où des méchants menés par Mads Mikkelsen viennent voler deux pages d’un livre ancien dans une bibliothèque gardée par des moines aux capacités hors du commun. Pas plus que je ne mentionne l’arrivée de Strange dans ce même lieu et son apprentissage aux arts mystiques.

Je ne connaissais rien de ce personnage Marvel avant la sortie du film. Et tout ce que j’ai appris depuis la sortie du film, c’est qu’il porte une cape rouge et qu’il a des pouvoirs mystiques. Et pourtant, j’ai eu plusieurs fois l’impression de très bien connaître l’histoire.

Ah oui, c’est parce que toutes les histoires se déroulant dans l’univers cinématographique Marvel sont à peu près les mêmes. Stephen Strange est un grand neurochirurgien, mais c’est aussi un peu un Tony Stark côté caractère, avec son cynisme et son goût du luxe. Certes, l’univers mystique est différent de ce qu’on avait vu dans les autres films, mais le multiverse est déjà présent dans Thor et la finalité est, comme à chaque fois, de sauver le monde. Le tout saupoudré d’un humour léger.

Le grand méchant, ici, est Dormammu, un extra-terrestre extra-dimensionnel et seigneur de la Dimension Noire, où le temps est suspendu et la vie éternelle. C’est également le Détruiseur de Mondes et il a, pour une raison qui ne cessera jamais de m’échapper, particulièrement envie d’intégrer la Terre à sa dimension.

Strange, le petit nouveau, va évidemment devoir l’arrêter. Grâce à sa soif d’information et sa mémoire photographique, il fait d’immenses progrès très rapidement et devient un Sorcier en un rien de temps.

Je suis sûr que vous vous dîtes que je n’ai pas aimé Doctor Strange.

On y reviendra. Mais d’abord parlons un peu du casting. Car si le personnage était relativement inconnu, ce n’est pas le cas de l’ensemble des acteurs. En tête d’affiche, Benedict Cumberbatch démontre encore une fois sa capacité à s’adapter à n’importe quel type de rôle dans n’importe quel type de film. Il donne vie à son personnage et le rend humain. Arrogant et suffisant, mais humain.

À ses côtés, Chiwetel Ejiofor campe Mordo, un autre disciple de l’Ancien. Exit ici la biographie originale du personnage, on ne sait presque rien de son passé, si ce n’est que c’était un homme de caractère, comme Strange, avant de suivre l’enseignement de l’Ancien. L’Ancien, puisqu’on en parle, est interprétée par Tilda Swinton, parfaite dans ce rôle. Sa prestation m’a fait penser à Cate Blanchett dans le Seigneur des Anneaux, avec un petit côté humoristique en plus.

On retrouve également la charmante Rachel McAdams dans le rôle de Christine, une ancienne maîtresse de Strange à la tête des urgences de l’hôpital new-yorkais où il travaillait. Mais aussi Benedict Wong, qui joue, ça ne s’invente pas, un disciple de l’Ancien prénommé Wong. J’aime bien cet acteur et ça m’a fait plaisir de le voir là.

Face à eux, c’est donc Mads Mikkelsen qui joue le rôle du méchant. Son personnage, Kaecillius, a d’abord été disciple de l’Ancien avant de succomber à l’appel des forces obscures. Qui a dit que c’était du déjà vu ? Bref. Comme on peut s’y attendre, l’acteur danois est très bon, plein de charisme.

Le casting est complété par Michael Stuhlbarg, Benjamin Bratt, Scott Adkins ou encore Amy Landecker. Bien sûr, on a aussi droit à une apparition de Stan Lee.

Maintenant que j’ai parlé du casting, je peux vous dire que non, je n’ai pas pas aimé (attention à la double négation) Doctor Strange. À vrai dire, j’ai même passé un bon moment, même si j’ai trouvé l’accident facile, pour ne pas dire stupide. J’ai l’impression qu’ils (Marvel Studios) ont réussi avec ce film à faire ce qu’ils avaient loupé avec Thor.

Une bonne partie du crédit doit revenir au casting, qui parvient à rendre vivant des personnages plutôt stéréotypés, mais également au réalisateur, Scott Derrickson, plutôt connu pour ses films d’horreur (l’Exorcisme d’Emily Rose, Sinister). Malgré un scénario très basique (écrit pourtant par au moins trois personnes), il parvient à trouver le bon rythme et à utiliser parfaitement les effets spéciaux pour nous en mettre plein la vue. Certes, c’est parfois un peu perturbant, toutes ces formes qui bougent dans tous les sens, mais c’est foutrement joli et plusieurs scènes sont même époustouflantes !

Doctor Strange n’est pas exempt de défauts, loin de là, il cristallise ce que Marvel fait depuis qu’ils sont passés à la conquête du cinéma : reproduire la même recette encore et encore, sans jamais prendre beaucoup de risques. Ceci dit, ils le font plutôt bien et nous livrent régulièrement des films qui, sans être exceptionnels, restent de qualité et procurent un divertissement honnête. Doctor Strange n’échappe pas à la règle. Si vous êtes fan de l’univers Marvel, ce film devrait vous plaire.

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