Vu! Don’t Breathe, de Fede Alvarez.

3 mars 2017

Vu! Don’t Breathe, de Fede Alvarez.

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Dans une ville de Détroit ravagée par la pauvreté, Rocky, Alex et Money commettent des cambriolages pour réunir suffisamment d’argent et partir vivre en Californie. Grâce au père d’Alex, qui travaille dans une entreprise de sécurité, ils récupèrent les clés et codes d’alarme des maisons qu’ils doivent visiter. Ils font également attention à ne jamais dérober plus de 10 000$ de marchandise pour ne pas risquer de grosses peines de prison s’ils sont pris. Mais lorsque le contact de Money lui parle d’une maison dans un quartier abandonné, où un ancien soldat aveugle dort sur plus de 300 000$ dollars, Rocky y voit l’opportunité de changer de vie. Alex n’est pas décidé à prendre le risque, mais ses sentiments pour la jeune femme finissent par le convaincre. Le coup semble à leur portée, mais une victime aveugle n’est pas forcément sans ressources.

Fede Alvarez, c’est un peu le protégé de Sam Raimi. Découvert grâce à un court-métrage ayant cartonné sur YouTube, il s’est vu offrir un contrat par Ghost House Pictures, la société de production de Sam Raimi. Son premier film était d’ailleurs un remake du film qui a rendu Sam Raimi célèbre, à savoir Evil Dead. Et le résultat était correct.

Pour ce nouveau film, le réalisateur uruguayen nous propose un huis-clos dans la baraque d’un ancien soldat aveugle. Pas de magie, ni de surnaturel mais seulement une confrontation entre cambrioleurs et cambriolés.

L’idée me plaisait bien.

J’ai bien aimé le début, la dynamique des personnages et de leurs relations. Il y a clairement la volonté de créer une profondeur aux personnages principaux (au moins Rocky et Alex) et nous permettre ainsi de nous attacher à eux. C’est plutôt réussi.

Avec la présentation de la maison, il y a même quelques effets de caméra bien sentis qui rappellent le Panic Room de David Fincher.

Et que dire du personnage du soldat, brillamment interprété par Stephen Lang ? L’effet est immédiat et saisissant. Son physique rugueux et sa présence captivent. Son handicap lui confère même une aura plus impressionnante encore que s’il avait été un simple démon.

Jane Levy, que Fede Alvarez avait déjà fait tourner dans son Evil Dead, s’en sort également très bien. On n’oublie jamais la détermination de son personnage et son jeu est bien moins basique que celui de la plupart des actrices dans ce genre de film.

À ses côtés, Dylan Minnette (ce nom ne s’invente pas !) livre également une prestation sérieuse, même s’il est un ton en-dessous. À la limite, Daniel Zovatto, qui joue Money, était plus stéréotypé mais cadrait mieux avec l’ambiance.

Le problème de Don’t Breathe ne vient pas du casting, qui est plutôt solide. Le problème vient du fait que, passée l’idée originale, le film rentre dans certains codes. Il faut des retournements de situation et des jump scare réguliers, il faut de faux-espoirs et un minimum de sang.

Un minimum, car Don’t Breathe n’est pas un slasher ou un film d’épouvante, mais un thriller horrifique qui joue surtout sur le suspens. Dans l’ensemble, il en joue même assez bien et se construit intelligemment, jusqu’à un twist surprenant et imprévisible qui ne manque pas de perversité.

Le problème c’est que la dernière partie du film s’effondre sur elle-même et tombe dans la facilité, avec plusieurs scènes et rebondissements peu cohérentes (dont une scène qui, à chercher l’originalité, frise le ridicule ; un mort qui n’est pas mort ; et la majorité des séquences avec le chien) ainsi qu’une réalisation fatiguée qui enchaîne les ralentis inutiles pour se donner de la constance.

En me basant sur les notes et les critiques, j’avais espoir de voir un film convaincant. Au final, j’ai l’impression d’avoir vu deux films différents. Un premier qui cherche plus loin que le simple trio coincé dans une maison avec un fou dangereux. Puis un second qui ressemble à un film d’horreur basique.

Mon sentiment sur ce Don’t Breathe est assez mitigé. Il y a du bon et du moins bon. Fede Alvarez, qui a signé le scénario en plus d’être à la réalisation, pourrait être un nom à suivre dans le genre, encore plus s’il parvient à gommer ses faiblesses.

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