Vu! Eddie The Eagle, de Dexter Fletcher.

19 mai 2017

Vu! Eddie The Eagle, de Dexter Fletcher.

Eddie The Eagle

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Depuis son plus jeune âge et une blessure à la jambe, Michael « Eddie » Edwards n’a qu’une obsession : participer aux Jeux Olympiques. Le problème, c’est qu’Eddie n’est pas vraiment un athlète et n’est pas très doué en sport. Souvent moqué, peu soutenu par son père qui trouve son rêve irréaliste, le garçon peut malgré tout compter sur l’amour de sa mère et, bien sûr, sur sa détermination sans faille. Alors qu’il pensait intégrer l’équipe olympique britannique en descente à ski, il est écarté par le comité, qui ne le trouve pas digne de représenter l’Angleterre aux jeux de Calgary en 1988. Mais ça ne sera pas suffisant pour obliger Eddie à renoncer à son rêve.

Un coup d’œil à la jaquette et j’étais conquis par ce qui apparaît ressembler très fortement à un film indépendant américain. Je pensais découvrir une comédie humaine, un mélange entre Little Miss Sunshine et Rasta Rockett. L’histoire vraie d’un gentil loser qui va défier les probabilités grâce à son cœur et sa détermination, avec le soutien solide d’un entourage conquis par son aura et ses rêves.

Le genre de film qui nous fait rire et nous émeut et nous laisse avec un sentiment de bien-être. Ce qu’on appelle communément un feel good movie.

J’ai eu l’histoire d’un gentil loser qui va défier les probabilités.

Pour le reste, on repassera… ou plutôt on cherchera ailleurs.

Les premières minutes donnent le ton. Un gamin, dans une baignoire, qui retient sa respiration sous l’eau. Convaincu par son score, il prépare un sac pour se rendre aux jeux olympiques pour l’épreuve d’apnée. Il fait nuit dehors, mais sa mère le laisse aller à l’arrêt de bus avec son petit sac à dos. C’est son père qui vient le rechercher et le ramène à la maison.

Même si on comprend tout de suite quels sont les enjeux, j’ai trouvé l’ambiance un peu étrange. On voit bien que la mère aime son enfant, mais on aurait pu obtenir la même chose le matin, où il aurait été moins ambigu de la voir laisser partir le petit Eddie et un inconnu au volant d’un van s’arrêter devant l’arrêt de bus pour le convaincre de monter dans le véhicule.

Bref.

Les tentatives d’Eddie de s’essayer à plusieurs disciplines sont amusantes, pour certaines, mais, très vite, ça devient répétitif. Le passage sur le ski alpin est trop rapide et nous laisse entendre qu’Eddie est devenu un champion qui amasse les trophées. Puis, tandis qu’il est sur le point de se qualifier pour les J.O. de son propre mérite, il est évincé seulement parce qu’il est un peu gauche et a un physique particulier.

De ce côté-là, pour moi, Taron Egerton se loupe complètement. Même si les ressemblances physiques, notamment au niveau du faciès, sont présentes, j’ai eu l’impression tout au long du film que l’acteur était dans la caricature, ce qui m’a empêché de m’attacher à son personnage.

Hugh Jackman aurait pu donner quelque chose dans le rôle de Peary, cet ancien champion désabusé miné par l’alcool qui s’improvise coach pour aider un rêveur à réalisé l’impossible. Il a l’expérience et le charisme pour transcender un personnage somme toute très basique. Il n’y parvient jamais.

Ceci dit, la faute n’est pas seulement sienne. Il n’est pas aidé par un scripte globalement très faible.

Encore une fois, nous nous trouvons face à un film inspiré d’une histoire vraie. Encore une fois, une grande partie de l’histoire de Michael Edwards a été réécrite pour une raison qui m’échappe (comme trop souvent). Parce que changer des éléments d’une histoire pour l’adapter à un format cinématographique, je peux l’entendre. Mais si c’est pour aller de raccourci en raccourci au point d’ôter toute crédibilité à l’histoire, je n’en vois pas l’intérêt. Surtout quand le matériel de départ est en lui-même déjà suffisamment originale.

J’ai eu l’impression de regarder les Cerveaux font du ski. L’enchaînement des événements est plus qu’improbable, il est surréaliste. Difficile de ne pas se dire que les scénaristes, en plus d’avoir fait un travail médiocre, cherchent à nous faire avaler des couleuvres de la taille de boas. Les dialogues et les situations sont trop souvent ridicules, et les personnages, qu’ils soient importants ou secondaires, se résument à des stéréotypes incohérents sur pattes.

Côté réalisation, c’est moyen. Pas d’atmosphère, pas de créativité. Les séquences de saut à ski, sont, au mieux, très inégales. Si la vue depuis le haut des tremplins vertigineux est impressionnante, les plans durant le vol ne sont clairement pas au niveau et trahissent un certain amateurisme.

La musique, trop souvent grossière, dessert plus qu’elle n’apporte. Surtout dans les scènes qu’elle aurait dû sublimer, comme le discours du président du comité d’organisation lors de la cérémonie de clôture des jeux.

Vous l’aurez compris, Eddie The Eagle est une grosse déception. J’espérais voir un film qui me mette du baume au cœur, qui m’émerveille et m’émeuve, je n’ai rien eu de tout ça. Tout va trop vite, sans jamais dévier et sans jamais surprendre.

J’ai eu quelques sourires, c’est vrai, mais j’ai surtout beaucoup levé les yeux au plafond et encore plus soupiré devant l’énormité qui défilait sous mes yeux. Eddie The Eagle est un beau gâchis, le genre de film qui ne respecte ni l’histoire qu’il raconte ni le spectateur à qui il la raconte. Et c’est d’autant plus dommage qu’il y avait de quoi faire un film vraiment chouette.

Je ne vous le conseille pas.

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