Vu! Flaked, saison 1.

2 juillet 2016

Vu! Flaked, saison 1.

flakedChip a une quarantaine d’années, il habite à Venice Beach, vend des tabourets à trois pieds qu’il fabrique lui-même dans une petite boutique fournie par son ancien beau-père. Chip est un alcoolique. Sobre depuis 10 ans après avoir tué un jeune homme dans un accident de voiture, il n’hésite pas à s’occuper d’autres alcooliques, à parler aux réunions, écumant des phrases toutes faites et draguant les jolies filles. Il habite dans la maison de la mère de son meilleur ami, Dennis, lui-même relégué dans l’annexe, un arrangement qui leur convient plus ou moins à tous les deux. En tout cas jusqu’à l’arrivée de la jolie London dans leur vie. Chip s’efface pour Dennis, mais ne peut s’empêcher de jouer les charmeurs. Chip passe son temps à mentir, à jongler avec la vérité pour ne pas avoir à l’affronter. Et il s’est remis à boire.

En découvrant cette nouvelle production Netflix, créée par Will Arnett et Mark Chappell, qui avaient déjà travaillé ensemble sur la géniale sitcom Arrested Development, je m’attendais à une nouvelle pépite comme la plateforme de streaming américaine sait les produire. Mais, dès le premier épisode, on comprend que Flaked n’a rien à voir avec Arrested Development. L’ambiance est très légère, presque un peu fade, à l’image de son générique.

Will Arnett interprète Chip, un personnage à la fois proche et différent de ceux qu’il a l’habitude de jouer. Il a le don de sembler tour à tour complètement perdu puis manipulateur maladroit. Pas vraiment attachant, il agace assez vite avec ces facéties. On voudrait le voir faire des efforts, mais il passe son temps à tomber dans les pièges qu’il a lui-même mis en place. On compatirait presque avec Dennis, incarné par David Sullivan, qui est toujours là pour Chip même s’il lui sert surtout de faire-valoir. Car si Dennis n’a pas la facilité de Chip pour parler aux femmes, il a au moins le mérite d’être droit et honnête, quoi qu’un peu (beaucoup) bonne poire sur les bords. Ruth Kearney est London, une jeune femme qui débarque de nulle part et met à mal l’équilibre entre les deux garçons. D’abord insipide, c’est son personnage qui fera basculer la série dans un autre genre, je vais y revenir.

Aux côtés de ce trio de tête, on a George Basil qui joue Cooler, un hippie qui espère percer dans le stand-up, en attendant il est dog-sitter ; Robert Wisdom joue George, un flic ancien alcoolique proche de Chip ; Lina Esco est Kara, une jolie abstinente que Chip prend sous son aile pendant un temps. Côté guest-stars, Heather Graham joue Tilly, une célèbre actrice qui vit dans une grande maison et qui a été la femme de Chip (techniquement, ils sont encore mariés car il n’a toujours pas signé les papiers du divorce) ; l’excellent Mark Boone Junior joue Jerry, le père de Tilly et propriétaire de l’immeuble abritant la boutique de Chip ; Kirstie Alley joue la mère de Dennis, très libérée sexuellement, elle met son fils tellement mal à l’aise qu’il fait de son mieux pour la voir le moins possible ; Christopher Mintz-Plasse joue Topher, un jeune milliardaire qui rejoint les AA et dont Chip devient le sponsor. Jeff Daniel Philipps, Frankie Shaw et Annabeth Gish font également des apparitions.

Flaked est bien plus intéressant par ses rôles secondaires ou son décor très bien filmé que par sa trame principale, beaucoup trop brouillon. On veut croire à du second degré, mais le ton n’y est pas et vers le milieu de cette saison de 8 épisodes de 30 minutes, on bascule dans un espèce de mélodrame étrange, avec des secrets grossiers et des rebondissements mous, comme si les scénaristes (toujours Will Arnett et Mark Chappell) s’étaient rendus compte qu’ils n’avaient encore rien dit et qu’ils devaient trouvé d’urgence quelque chose pour relancer l’intérêt de la série. Et c’est encore les personnages secondaires qui s’en sortent le mieux, car Will Arnett tombe un peu à plat dans les scènes qui auraient dû être émotionnellement forte. De toute façon, je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher au personnage de Chip, je préfère largement Will Arnett dans des rôles secondaires, lui préférant ici des personnages comme Cooler ou Jerry, bien plus colorés.

Même si je n’ai pas trouvé Flaked désagréable à suivre, elle ne me laissera pas un souvenir impérissable. Loin de là.

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