Vu! La Grande Muraille, de Zhang Yimou.

2 juin 2017

Vu! La Grande Muraille, de Zhang Yimou.

La Grande Muraille

Voir sur Amazon

William et sa bande de mercenaires sont en quête de la poudre noire. Le groupe est décimé par les Khitan et une force mystérieuse. William et Tovar, les deux survivants, fuient dans les montagnes de la Mongolie. Arrivés devant la Grande Muraille, ils sont faits prisonniers par l’Ordre Sans Nom. Le rempart est assiégé par des créatures abominables, les Tao Tei, des monstres engendrés par la chute d’une météorite verte dans les montagnes, deux mille ans plus tôt. Depuis, tous les soixante ans, ils attaquent la Muraille pour nourrir leur reine. William et Tovar se joignent aux troupes de l’Ordre Sans Nom pour combattre les Tao Tei. Si Tovar pense déjà à récupérer la poudre noire avec la complicité de Sir Ballard, retenu dans la Muraille depuis 25 ans, William, face à cette menace pour l’humanité toute entière, découvre en lui un héroïsme qu’il ignorait.

En regardant ce film, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la série de pub pour Schweppes, vous savez, ces désormais célèbres What Did You Expect ? Non, il n’y a ni Nicole Kidman, ni Uma Thurman, ni Penelope Cruz au casting.

Dès les premières minutes, j’ai compris que je m’étais trompé de film. En fait, je l’avais déjà compris quand j’avais vu que La Grande Muraille durait seulement 1h45 (1h30 en fait, quand on retire le générique), ce qui fait un peu court pour un film qui devrait être épique.

Bref, on démarre avec quelques faits sur la Muraille, qui mesure un sacré paquet de kilomètres et a mis un temps fou a être construite. On nous dit également qu’elle est visible depuis l’espace (ce qui ne serait pas vrai, mais je n’ai pas été vérifier et, de toute façon, on s’en fout un peu). On nous prévient ensuite que l’histoire qui suit est une légende (heureusement, pas sûr qu’on s’en soit rendu compte par nous-mêmes sinon).

Matt Damon, tout en barbe et haillons, mène ses hommes dans les montagnes roses et jaunes du sud de la Mongolie, poursuivi par une horde Khitan. Ils sont quatre survivants sur vingt et plus que deux quand les autres se font tués par une créature mystérieuse dont on ne voit qu’un bras tranché par le héros. La poursuite reprend dans des paysages aux tons pastel très peu naturels, jusqu’à ce que notre duo de survivants déboule devant une immense muraille qu’ils n’avaient pas vu avant, malgré sa taille massive et des plans relativement larges.

Il n’y a pas à dire, cette Muraille est sacrément impressionnante. Tout comme l’armée qui la garde, avec leurs armures dignes des chevaliers du zodiaque.

Ce qui est moins impressionnant, c’est tout le reste.

Ce n’est pas la première fois que Matt Damon joue dans un navet. Je me rappelle encore le mauvais et incohérent L’Agence. Mais là, ça sent vraiment le film destiné à payer les impôts. Son interprétation de ce mercenaire sorti de nulle part n’est pas vraiment mauvaise, seulement son personnage est très limité et d’une densité inexistante.

À la limite, Pedro Pascal, dans un rôle secondaire un peu tiré par les cheveux, a plus avec quoi composer. Willem Dafoe, lui, se la joue touriste, le type qui passait par là et qui a vu de la lumière.

Le reste du casting est essentiellement chinois, avec la jolie Jing Tian et l’expérimenté Andy Lau en tête. Un casting globalement correct, quoi qu’un peu lisse.

La Grande Muraille est le troisième film réalisé par Zhang Yimou que je regarde, après un bon Hero et un Sacrifices of War intéressant malgré des biais évidents. J’ai retrouvé le goût du réalisateur chinois pour l’utilisation (souvent superflue) des couleurs et la glorification chinoise, mais il m’a manqué la poésie qui était omniprésente dans Sacrifices of War. Je me serais bien passé, également, de plusieurs scènes de combats dignes de Warcraft et d’autres effets frisant le ridicule (comme l’espagnol qui se prend pour un torero face aux monstres).

Malgré l’exploitation de la mythologie chinoise et l’utilisation d’un monument du patrimoine mondial qu’on voit relativement peu au cinéma, La Grande Muraille hérite des tares des deux mondes qu’elle essaie de concilier. Il y a d’un côté les chorégraphies à la chinoise, qui n’ont cure du réalisme, et de l’autre un scénario médiocre, typique du blockbuster américain.

Au final, comme j’aurais dû m’y attendre, la Grande Muraille n’a qu’un intérêt très, très limité. Si vous ne l’avez pas encore vu, passez votre chemin.

FacebooktwitterFacebooktwitter

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *