Vu! Grave, de Julia Ducournau.

18 août 2017

Vu! Grave, de Julia Ducournau.

Grave

Voir sur Amazon

Justine intègre la première année d’une école de vétérinaire en Belgique. La même école où ses parents se sont rencontrés et où sa sœur aînée, Alexia, est déjà en cours. Le bizutage est intense et Justine, végétarienne, est forcée de manger de la viande crue. Dégoûtée, elle fait une réaction allergique. Mais, peu à peu, elle devient obsédée par la viande, sous toutes ses formes.

Grave, c’est le film d’horreur choc de 2016, celui qui a enthousiasmé aussi bien la critique que les spectateurs, récoltant des prix dans plusieurs festivals, comme celui, prestigieux, de Gérardmer.

C’est également le premier long-métrage d’une jeune réalisatrice française, Julia Ducournau.

Je pense, d’un point de vue assez général, que parmi les meilleurs réalisateurs français se trouvent beaucoup de femmes. Je pense à Emmanuelle Bercot, Nicole Garcia, Agnès Jaoui, Maïwenn, pour ne citer qu’elles.

J’avais donc hâte de regarder cette nouvelle pépite annoncée du cinéma français, en espérant y découvrir un Alexandre Aja avec une sensibilité plus creusée.

J’ai patienté, j’ai attendu, j’ai désespéré, et j’ai accueilli la fin du film avec soulagement.

En fait, j’ai trouvé ce film gravement nul.

Alors, bien sûr, Grave n’est pas vraiment un film d’horreur tel qu’on y est habitué par les productions de masse américaines. Les français, d’ailleurs, sont habitués à produire des films d’horreur différents. Haute Tension, du susnommé Alexandre Aja est un exemple, Sheitan, de Kim Chapiron en est un autre.

Mais là où les deux exemples étaient efficaces ou atypiques, Grave n’est ni l’un ni l’autre. D’ailleurs, et malgré ses quelques scènes gores, je ne l’aurais même pas classé comme un film d’horreur, mais plutôt un drame.

Plus encore que le sang à tout prix, la trame du film, c’est le parcours de son héroïne, Justine. Pendant la première partie, elle est complètement paumée dans un environnement où elle est mal à l’aise, heurtée dans son fonctionnement et ses convictions. Pendant la seconde, elle se révèle à elle-même. Le cannibalisme n’est presque qu’un prétexte.

L’aspect psychologique aurait dû me plaire. Enfin, si j’avais réussi à passer au-dessus des nombreux défauts.

Il y a des séquences vraiment bancales, comme celle dans l’infirmerie, où la personne qui ausculte la réaction allergique de Justine, plutôt que de la renvoyer en cours après s’être occupé d’elle, s’allume une clope et se met à lui raconter l’histoire d’une autre étudiante. Ou, celle, pourtant autrement plus importante, où le doigt saute. À moins de ne pas avoir d’os, il en faut un peu plus pour sectionner un doigt. Je passe les révélations faciles et attendues, mal amenées, et les corps qui résistent aux pare-chocs.

Les dialogues sont toujours à la limite du caricatural (et pas toujours du bon côté) et l’interprétation globale n’est pas naturelle pour un sous. En même temps, ça semble être la norme dans le cinéma français.

Ceci dit, l’actrice principale, la jeune Garance Marillier, a ses moments, certains mêmes assez croustillants, où elle arrive à nous faire croire à son personnage.

Ella Rumpf, qui joue la grande sœur, est, au mieux, moyenne, pour ne pas dire fade ; Rabah Naït Oufella, avec son personnage faussement novateur d’Adrien, est en fait une caricature sur pattes. Le père, joué par Laurent Lucas, est consternant de mollesse et Jean-Louis Sbille, qui joue un professeur, n’apporte rien d’autre qu’une poignée de scènes embarrassantes.

Après une intro pourtant intrigante, Grave n’a jamais réussi a capter mon attention, à me donner envie de le dévorer, si je puis dire. Non, Grave, je l’ai bouffé comme un poulet aux oranges en gelée (ça veut dire en me forçant et en comptant les bouchées restantes).

Il y avait pourtant un potentiel, une volonté de glisser dans le gore par le biais de la psychologie du personnage qui n’était pas inintéressante, mais le résultat n’est pas là. Pas pour moi, en tout cas.

J’ai trouvé qu’à part enchaîner les transgressions faciles sur un rythme assez lent, Grave était passé à côté de son sujet.

En deux mots : à oublier.

FacebooktwitterFacebooktwitter

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *