Vu! Haters Back Off, saison 1.

24 février 2017

Vu! Haters Back Off, saison 1.

haters-back-offMiranda habite dans la banlieue de Tacoma, dans l’État du Washington. Elle n’a qu’un but dans la vie : devenir célèbre. Pour atteindre son objectif, elle poste des vidéos de ses chansons sur YouTube et travaille d’arrache-pied avec son oncle pour se faire connaître. Dans sa quête de succès, Miranda a un atout considérable, elle croit en elle-même. Elle croit beaucoup en elle-même. En fait, c’est le seul atout qu’elle possède. Et il devient vite un poids. Car Miranda n’a aucun talent. À moins qu’être égocentrique ne compte comme un talent. Poussée par son oncle Jim, elle fait vivre l’enfer à sa mère, une hypocondriaque qui la conforte dans son fantasme, et surtout à Emily, sa sœur passionnée de peinture, la seule personne raisonnable de sa famille.

Avant de devenir une production originale Netflix, le personnage de Miranda Sings s’est fait connaître sur YouTube. Elle est la création de Colleen Ballinger, une comédienne de stand-up américaine. En 2008, elle poste sa première vidéo de Miranda offrant des cours de chant complètement décalés. Depuis, elle accumule des millions de followers sur les réseaux sociaux et sa chaîne YouTube dépasse les 2 milliards de vues.

Rien que ça.

Je ne savais pas tout ça en voyant la série sur Netlifx. Le pitch avait l’air très décalé et j’espérais juste tomber sur une bonne surprise.

Les premières minutes m’ont fait mourir de rire. Le personnage de Miranda est excentrique à souhait, avec son rouge à lèvre outrancier et ses mimiques grossière. Mais surtout, elle chante terriblement mal, tout en étant persuadée d’être meilleure que tout le monde.

C’est un euphémisme de dire que Colleen Ballinger connait son personnage par cœur. Elle campe Miranda à la perfection. Déroutante, délirante, décalée, des fois agaçante et parfois même touchante. Pas facile de transposer un tel personnage d’un tutoriel en ligne ou d’un spectacle live à une série télé. C’est pourtant ce qu’elle parvient à faire en créant tout un univers autour de Miranda.

À commencer par la maison où elle habite. Difficile de ne pas y voir la vraie maison d’une famille déjantée avec le chaos ambiant qui y règne. Les détails, comme les fringues par terre ou les babioles sur les étagères, donnent l’impression que les personnages habitent effectivement là.

Très vite, cependant, j’ai eu peur que l’ensemble devienne trop lourd pour être supportable. D’ailleurs, j’ai bien failli abandonner la série après le second épisode, la faute à des personnages principaux beaucoup trop exagérés et à des situations au-delà du ridicules (cf. l’épisode 2)

J’ai eu beaucoup de mal tout au long de la saison avec le personnage d’Oncle Jim, joué par Steve Little. Loser patenté, on dirait une version caricaturale de Dwight Schrute de The Office. Dans le rôle de la mère, on retrouve d’ailleurs une ancienne actrice de The Office, Angela Kinsey. Au début, ça m’a fait de la peine pour elle de la voir dans un rôle si limité, mais, heureusement, elle prend de l’ampleur au fil des épisodes. Par contre, je n’arrive toujours pas à me décider concernant Patrick, joué par Erik Stocklin. Il apporte tous les jours une glace à Miranda et est plus ou moins secrètement amoureux d’elle. Cette caractéristique le rend pathétique par moment, quand on n’a pas pitié pour lui à cause du traitement qu’il subit.

C’est le personnage d’Emily, joué par la jolie découverte Francesca Reale, qui m’a poussé à poursuivre l’aventure. La jeune actrice nous livre une excellente performance dans son rôle de petite sœur de Miranda. Elle est intelligente, sensible et surtout réaliste. C’est aussi elle qui fait basculer la série dans autre-chose qu’une simple parodie étouffante.

Haters Back Off est une série surprenante. Si pense d’abord n’assister qu’au délire de Miranda Sings dans un format étendu, on se méprend un peu. Oui, les premiers épisodes suggèrent que la série n’est qu’un nouvel exemple démontrant que ce qu’il ne suffit pas d’avoir du succès dans un format pour le reproduire facilement dans un autre.

On pourrait croire que la quête de célébrité de Miranda sera juste un prétexte pour aller toujours plus loin dans le sarcasme et la satire, mais ce que je n’ai pas vu venir, ce sont les intrigues secondaires qui apportent peu à peu une profondeur aussi inattendue que déstabilisante à l’ensemble.

Au cours des huit épisodes qui composent cette première saison, la montée en puissance se fait graduellement. Difficilement, même, parfois, mais pour ensuite culminé avec un finale audacieux, qui ouvre des perspectives intrigantes pour la seconde saison, prévue dans quelques mois.

Haters Back Off est une série très (très, très, très) particulière. Dans son ton aussi bien que dans ses personnages et son évolution, elle ne plaira pas à tout le monde. En ce qui me concerne, je ne regrette pas avoir regardé cette première saison jusqu’au bout et je compte regarder la suite quand elle sortira, assez curieux de découvrir ce que Miranda nous réserve comme surprises.

 

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