Vu! Inherent Vice, de Paul Thomas Anderson.

14 décembre 2016

Vu! Inherent Vice, de Paul Thomas Anderson.

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Doc, un privé hippie, reçoit la visite de son ex un soir. Elle lui demande de l’aider, ou plutôt d’aider son nouvel amant, un riche agent immobilier dont elle soupçonne la femme, et l’amant de cette dernière, de vouloir le kidnapper pour le faire interner dans un hôpital psychiatrique. À son bureau, dans un cabinet médical, Doc est engagé par un membre de la Black Guerrilla Family pour retrouver un membre de l’Aryan Brotherhood rencontré en prison qui lui doit de l’argent et qui s’avère être l’un des gardes du corps de l’amant de son ex. Et puis il y a aussi cette ancienne héroïnomane qui cherche son mari supposé mort mais qu’elle croit vivant après qu’une large somme d’argent ait été déposée sur son compte. Entre autres.

Ça a l’air compliqué, comme ça ? Dîtes-vous que là c’est la partie simple, parce qu’ensuite, tout se mélange et se croise.

Paul Thomas Anderson est, ça ne fait pas grand doute, un réalisateur de talent. Sa capacité à réalisé des films intelligents, aboutis et éclectiques n’est plus à prouver. Du film noir, d’auteur, à la comédie romantique ou collégiale en passant par le western ou le drame, il n’a pas peur de relever des challenges.

Et adapter Thomas Pynchon doit en être un gros, de ce que j’ai pu lire sur l’auteur et ce roman, Inherent Vice, en particulier.

Tout ce que je savais, avant de voir le film, c’est qu’il était réalisé par Paul Thomas Anderson et que Joaquin Phoenix tenait le rôle-titre. Je n’ai pas vu tous les films du réalisateur (il faut d’ailleurs absolument que je regarde There Will Be Blood) mais j’avais gardé une très bonne impression de The Master. Je savais que je devais m’attendre à un film lent, très travaillé.

Inherent Vice n’est pas un film d’action débridé, certes, mais il n’est pas aussi lent que j’aurais pensé. Par contre, qu’est-ce qu’il est bordélique… C’est sans doute inhérent au roman original. Ça n’en est pas moins perturbant.

Et c’est d’autant plus dommage que la réalisation est, comme prévue, très travaillée. Ça ressemble vraiment à un très bon film. Il y a même quelques scènes excellentes, qui méritent le coup d’œil. Bon, il faut accepter pour ça de rester près de deux heures trente devant un film où il est si facile de s’égarer.

Joaquin Phoenix est, lui aussi comme prévu, excellent dans le rôle de ce personnage original, excentrique et décalé. Ce n’est pas une surprise puisque l’acteur s’est fait une spécialité d’incarner des personnages originaux, excentriques et décalés.

À ses côtés, on retrouve du très beau monde. Josh Brolin, Owen Wilson, Katherine Waterston, Reese Witherspoon, Benicio Del Toro, Jena Malone, Maya Rudolph, Michael K. Williams, Sasha Pieterse, Martin Short, Eric Roberts, Timothy Simons, Martin Donovan ou Sam Jaeger. Il y a même Serena Scott Thomas (la sœur de Kristin), la chanteuse Joanna Newsom, l’ancien combattant MMA Keith Jardine et une actrice de X, Belladonna.

Même avec près de deux heures et demi de film, il est très difficile de développer autant de personnages. Chacun essaie d’apporter sa pierre à l’édifice et certains sont plus marquants que d’autres. Mais, assez logiquement, la plupart des personnages finissent par être noyés dans la masse complexe de toutes ces intrigues qui s’entremêlent.

À plusieurs moments, je me suis fait la réflexion qu’Inherent Vice me faisait un peu penser à un Las Vegas Parano sérieux. J’ai parfois trouvé le temps long, même si j’ai aimé plusieurs scènes et personnages. Je ne regrette pourtant pas de l’avoir vu. Étrange sensation, presque comme un soulagement.

Inherent Vice est un film très particulier, du genre qu’on adore ou qu’on déteste. Ou, comme moi, qu’on n’arrive pas bien à classer. Le mieux, comme toujours, c’est encore de se faire sa propre idée.

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