Vu! L’histoire de Kalief Browder.

15 décembre 2017

Vu! L’histoire de Kalief Browder.

En 2010, dans le Bronx, à New York, la police arrête un jeune afro-américain, accusé d’avoir volé un sac à dos contenant une caméra, un iPod et du liquide. Kalief Browder, seize ans, se défend d’être coupable, mais est emmené néanmoins au commissariat. Selon le policier qui l’arrête, ce n’est qu’une simple formalité. Pourtant Kalief devra attendre plus de trois ans avant de rentrer chez lui.

Plus de trois ans passés à Rikers Island, une des prisons les plus violentes des États-Unis, en attendant un procès qui est sans cesse repoussé. Plus de trois ans à subir la violence de ses codétenus et les sévices des gardiens.

De ces trois ans, Kalief, toujours en détention provisoire, en passera plus de deux en isolement. Les procureurs lui proposeront de plaider coupable, d’avoir une peine minimale et de pouvoir rentrer chez lui. Mais Kalief refuse. Il est innocent.

Netflix n’en est pas à son coup d’essai, question documentaires. Les injustices, les dysfonctionnements du système, rien n’est très nouveau. Sauf que là, on regarde la vie d’un gamin détruite par un système judiciaire aussi impitoyable qu’inhumain, basé sur une énorme injustice, l’argent.

Au moment de son arrestation, Kalief aurait pu attendre son procès en liberté contre une caution de 900$. Mais sa mère n’avait pas cette somme. Son père aurait pu payer, mais il a décidé de ne pas le faire. Le reste, vous allez le découvrir dans cette série documentaire de six épisodes.

L’histoire est, malheureusement, captivante. Je dis malheureusement car le fait qu’il s’agisse d’un véritable adolescent, d’un innocent, rend le visionnage parfois difficile. Et qu’on ne peut qu’imaginer ce qu’il a vécu, ressenti, enduré est pénible.

Confrontée à la même situation, la plupart des gens, pour ne pas dire tout le monde, auraient craqué et plaidé coupable, juste pour sortir de l’enfer. Pas lui. Et pour cause, il sait les conséquences que peuvent avoir les fameux plea deals sur l’avenir de quelqu’un.

Alors il s’est accroché et il s’est battu, littéralement et figurativement.

Le documentaire, monté par le rappeur Jay-Z, nous raconte aussi bien ce qui a mené Kalief à Rikers Island, son séjour sur l’île transformée en prison, mais aussi son histoire personnelle, sa famille, ses amis, son passé. Des membres de sa famille témoignent, d’anciens gardes de la prison témoignent, des auteurs, des avocats, d’anciens détenus. Des images sont diffusées, de son passage dans l’émission 60 Minutes, de ses passages à tabac en prison.

On nous explique les détails de l’affaire. Les circonstances de son arrestation, les faiblesses de l’accusation, la perversion du système et son acharnement contre cet adolescent. Mais surtout les conséquences pour Kalief.

Parfois, le documentaire est un peu long et légèrement redondant dans sa présentation. Mais globalement, c’est plutôt bien foutu, avec des rebondissements et une construction thrilleresque.

Mais l’histoire racontée est très forte, trop intense, trop irréaliste, trop cruelle, trop injuste pour ne pas l’écouter.

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