Vu! Lion, de Garth Davis.

8 juillet 2017

Vu! Lion, de Garth Davis.

Lion

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Saroo, 5 ans, vit dans un quartier très pauvre de Khandwa, en Inde. Il aide Guddu, son grand frère, à participer aux besoins de la famille en enchaînant les petits boulots et les petits larcins, pendant que leur mère ramasse des cailloux à la carrière pour les nourrir, eux et leur petite sœur. Un soir, Saroo insiste pour accompagner son frère à la recherche d’un boulot à la gare de Khandwa. Mais Saroo s’endort et son frère le laisse se reposer sur un banc dans la gare le temps qu’il leur trouve quelque chose à faire. Quand Saroo se réveille et que Guddu ne réapparaît pas, le petit garçon panique et finit par se réfugier dans un train vide à l’arrêt, où il se rendort. Lorsqu’il se réveille à nouveau, le train est en route pour l’autre bout du pays et il ne peut pas descendre. Débarqué à Calcutta, à 1600 kilomètres de chez lui, Saroo est perdu. Il échappe comme il peut aux dangers de la rue avant d’atterrir dans un orphelinat puis d’être adopté par un couple australien.

Vingt ans plus tard, Saroo est parfaitement intégré dans sa nouvelle vie. Il ne garde que très peu de souvenirs de ses années en Inde, jusqu’à ce qu’ils remontent petit à petit à la surface. Il n’a alors plus qu’une obsession : retrouvez sa vraie famille.

Lion a beaucoup fait parler de lui pour son côté profondément humain. Catalogué comme le nouveau Slumdog Millionnaire (où Dev Patel jouait déjà un jeune indien au destin hors norme) j’étais un peu sceptique avant de le regarder.

J’aime les histoires vraies extraordinaires, mais je redoute toujours que les adaptations soient trop libérales et sacrifient le réalisme pour le spectaculaire (cf : The Impossible). Ici, j’ai l’impression que ce n’est pas le cas. Et si je n’ai pas lu Je Voulais Retrouver ma Mère, l’autobiographie de Saroo Brierley, le ton du film semble authentique.

L’histoire en elle-même se découpe en deux parties. La première heure est consacrée à l’histoire de Saroo enfant, en Inde. Son environnement ne ressemble en rien à ce que je connais, ni la culture, ni les conditions de vie, et pourtant j’ai immédiatement ressenti une profonde empathie pour se petit garçon perdu loin de chez lui.

La tension est palpable et la performance de Sunny Pawar y est pour beaucoup énormément. Le petit garçon déborde d’humanité dans tout ce qu’elle a de complexe. La peur, la tristesse, le courage, l’espoir. Tout y est et plus encore. Abbishek Bharate, qui joue Guddu, le grand frère de Saroo, Priyanka Bose, qui joue la mère de Saroo, Tannishtha Chatterjee et la plupart du casting indien sont d’une authenticité rare. Je n’ai jamais voyagé en Inde, mais pendant une heure, j’ai eu l’impression d’y être.

De façon assez brutale, Saroo devient un adulte bien différent de l’enfant qu’il était. Il n’est plus petit et frêle, mais grand et fort, éduqué et passé à autre chose. Ça ne m’a pas surpris que les souvenirs de son passé en Inde ait été refoulés. Par contre, j’ai trouvé que leur remontée à la surface (déclenchée par le goût) manquait de puissance.

Certes, on voit bien que Saroo adulte est vite obsédé par cette quête impossible de retrouver sa famille biologique, mais j’ai eu l’impression qu’il faisait ça de son côté, sans m’intégrer à cette quête. Dev Patel essaie, mais n’y arrive pas vraiment. Après une heure d’émotions puissantes, il semble un peu fade.

Il est pourtant épaulé par une Nicole Kidman excellente, qui incarne son personnage de mère adoptive à la perfection. Même David Wenham, caricatural dans Iron Fist, campe un père adoptif assez crédible. Rooney Mara joue la petite amie de Saroo. Elle a ce charme à la Natalie Portman, mais pas encore tout à fait sa présence. Elle passe trop vite au second plan pour être marquante.

La fin du film est à la fois attendue et surprenante. Il y a l’émotion promise, mais il m’a manqué un petit quelque chose pour être pleinement investi. Comme si l’équipe du film était trop préoccupée par le côté extraordinaire de l’histoire pour prendre le temps de vraiment le sublimer (sans même mentionner la séquence West Side Story à Bollywood).

Lion, en fait, c’est deux films en un et un épilogue pour faire le lien. J’ai adoré la première partie, parfaite ou presque, mais j’ai moins accroché la seconde, trop détachée à mes yeux. Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment et j’ai aimé découvrir cette histoire fantastique. Mais j’aurais voulu être plus impliqué dans la quête de Saroo adulte.

Si vous aimez les adaptations cinématographiques d’histoires vraies, Lion devrait vous plaire, à défaut de vous transcender.

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