Vu! Live by Night, de Ben Affleck.

7 juillet 2017

Vu! Live by Night, de Ben Affleck.

Live by Night

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Après avoir combattu les allemands en France durant la Première Guerre Mondiale, Joe Coughlin, le fils du commissaire adjoint de Boston, revient au pays un hors-la-loi. Il enchaîne les braquages et n’hésite pas à s’en prendre à un tripot d’Albert White, le chef de la mafia irlandaise. Mais plus que l’argent qu’il lui dérobe, il entame une relation avec sa maîtresse principale, Emma Gould. Dès que White apprend la trahison, sa vengeance est terrible. Joe échappe de peu à la mort, mais pas à la prison. Emma n’aura pas cette chance. À sa sortie de prison, Joe fait un pacte avec le parrain de la mafia italienne et principal concurrent de White. Il se voit confier le marché du rhum en Floride et la possibilité de prendre sa revanche sur White.

À quelques exceptions près, je ne suis pas fan de Ben Affleck l’acteur. Je trouve son charisme bancal et son jeu souvent peu subtil. Par contre, j’aime beaucoup Ben Affleck le réalisateur. Avec Gone Baby Gone, The Town et Argo, il a démontré un réel talent derrière la caméra, dans trois genres différents.

De prime abord, les films de gangsters du temps de la prohibition ne m’intéressent pas plus que ça. Mais bon, puisque c’était un film de Ben Affleck, j’ai quand même donné à Live by Night sa chance.

Avec ce quatrième long-métrage, Ben Affleck emprunte à nouveau à Denis Lehane, après avoir déjà pioché dans la bibliographie de l’écrivain américain pour Gone Baby Gone.

L’histoire est ambitieuse, celle d’un fils de flic irlandais traumatisé par la guerre qui décide de conquérir le monde de la pègre tout en gardant certains principes. L’histoire d’un homme, d’une vie, d’un parcours.

Le problème, c’est que cet homme est incarné par Ben Affleck lui-même. Si de se donner le rôle principal marchait très bien dans The Town et Argo, ça ne fonctionne pas du tout ici. Le semblant de charisme désabusé de l’acteur limite, très vite et très sérieusement, la crédibilité de son personnage. Joe Coughlin est censé être torturé, tiraillé entre ses besoins et ses désirs. Il n’en transparaît rien à l’écran. Même dans les pires moments, Ben Affleck reste impassible, presque nonchalant, ce que l’affiche du film capture parfaitement. C’est comme s’il était trop occupé à se donner des airs de gangster plus que de donner vie à son personnage.

Dommage. Peut-être qu’il aurait dû, comme il l’avait déjà fait dans Gone Baby Gone, confié le rôle à son petit frère. Casey, lui, sait faire la différence entre prétendre et incarner.

C’est d’autant plus dommage qu’il devient dès lors compliqué de s’investir pleinement dans l’histoire. Histoire dont j’ai peiné à toujours comprendre les enjeux. Sans être désagréable à suivre, elle ne m’a pas prise aux tripes. Elle manque parfois de panache, ou cherche à trop en faire, sans procurer de réelle satisfaction. La faute peut-être à des personnages secondaires faiblards ou un contexte historique et des tensions ethniques à peine esquissés.

C’est encore plus dommage car la réalisation est largement au niveau. L’ambiance du Boston des années 20 est très bien restituée, avec notamment une audacieuse scène de course-poursuite en Ford A. Pareil pour la Floride. Ben Affleck l’avait déjà montré dans Argo, il a le goût du détail.

 

Côté casting, à part la prestation en demi-teinte du réalisateur/acteur, j’ai été impressionné par Chris Messina. Il est presque méconnaissable en gangster italien moustachu et fidèle lieutenant du personnage de Ben Affleck.

Brendan Gleeson, Chris Cooper et Zoe Saldana s’en sortent plutôt bien. Contrairement à Sienna Miller et Elle Fanning (que je trouve particulièrement fade en règle générale) qui ne m’ont pas fait vibrer. Titus Welliver, Anthony Michael Hall et Clark Gregg ont des rôles anecdotiques.

Live by Night n’est pas un mauvais film à proprement parlé. Sauf que les précédents avaient été si bons qu’il aurait été injuste de ne pas en attendre plus. Espérons que ce ne soit qu’un simple accroc dans la carrière presque parfaite de Ben Affleck, réalisateur, et pas un signe annonciateur de la qualité de ses réalisations à venir.

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