Vu! Lost River, de Ryan Gosling.

19 juillet 2017

Vu! Lost River, de Ryan Gosling.

Lost River

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Lost River est une ville en perdition, ruinée par la crise économique. Les maisons se vident à mesure que les habitants fuient. Billy, une mère célibataire de deux enfants, refuse de quitter la maison familiale. Pour rembourser son prêt et empêcher la banque de saisir sa maison, elle accepte de travailler pour Dave, le nouveau banquier, dans un palais du macabre en centre-ville. Dans le même temps, Bones, son fils aîné, arpente les ruines à la recherche de cuivre et autre métaux pour gagner un peu d’argent et réparer sa voiture. Il est pourchassé par Bully, maître auto-proclamé et cruel des lieux. Lors de sa fuite, Bones découvre une route qui mène à une ville engloutie, sous le lac artificiel. Rat, sa voisine, lui apprend alors la malédiction qui pèse sur Lost River.

Lost River est le premier long-métrage de Ryan Gosling, qui en a également écrit le scénario. Il raconte avoir pensé à cette histoire en filmant les immeubles abandonnés à Détroit durant le tournage des Marches du Pouvoir (ce qui lui aura valu d’être arrêté par la police qui croyait avoir affaire à un voleur de cuivre).

Les images de cette ville, Lost River, laissée à l’abandon par des habitants fuyant la récession économique sont brutes, saisissantes. Tout comme ce dialogue très naturel entre Bones et un voisin qui quitte la ville et lui conseille d’en faire autant.

Mais Lost River est également un conte, avec cette « malédiction » qui pèse sur la ville, née de l’engloutissement d’une ville voisine. Pour cette partie, Ryan Gosling s’inspire directement de son enfance, passée sur le tracé de la voie maritime du Saint-Laurent.

Pour l’image, il est impossible de ne pas voir l’influence de Nicolas Winding Refn, qui a fait tourné Gosling dans Drive et Only God Forgives, dans l’utilisation des couleurs fortes, notamment l’omniprésence de la végétation, ou dans le macabre et une violence crue, mais pas dénuée de poésie.

Sur le papier, Lost River est un projet ambitieux, très personnel. Presque un film d’auteur. Mais, paradoxalement, il y en avait peut-être un peu trop pour un film d’1h35.

J’ai beaucoup aimé le jeu de Christina Hendricks, celui de Saoirse Ronan, également. J’ai trouvé Ben Mendelsohn plutôt bon quoi qu’un peu caricatural par moments. J’aurais en tout cas aimé voir plus d’Eva Mendes qui, comme à son habitude, sublime l’image. Iain de Caestecker, lui, m’a un peu déçu, il m’a semblé moins investi que le reste du casting. Au contraire de Matt Smith qui est complètement fou dans son rôle de Bully. Reda Kaleb joue un chauffeur de taxi bienveillant.

Pour une première réalisation, Lost River démontre d’un potentiel évident et d’une vision de la part de Ryan Gosling. Le film témoigne également du manque d’expérience de l’acteur de l’autre côté de la caméra. Certaines scènes ne sont pas vraiment utiles et certains concepts auraient mérités d’être plus exploités.

Lost River est un film polarisant, qui plaira énormément ou que l’on détestera. Évidemment, mon avis se situe quelque part entre les deux. Il y a en tout cas suffisamment de qualités pour me donner envie de voir Ryan Gosling repasser derrière la caméra dans le futur.

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