Lu! Les Assassins, de R. J. Ellory.

3 avril 2018

Lu! Les Assassins, de R. J. Ellory.

Les Assassins

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Quatre meurtres sont commis en une quinzaine de jours à New York, mais chacun est perpétré selon une méthode différente et dans un district différent, et donc traitées par quatre détectives différents. Quatre affaires distinctes qui ne semblent avoir aucun lien entre elles. Sauf pour John Costello, rescapé d’un tueur en série surnommé le Marteau de Dieu devenu documentaliste pour un journal ainsi que spécialiste en matière de tueurs en série. Il reconnait en chacun des meurtres la reproduction d’un meurtre plus ancien, attribué à de célèbres tueurs en séries. Lorsque la police découvre le lien grâce à un article en préparation, Ray Irving, détective solitaire du NYPD, est chargé de mener l’enquête. En collaborant comme il peut avec John Costello et en l’absence de grands moyens, il va devoir arrêter celui que l’on surnomme le Commémorateur dans sa folie meurtrière.

Les Assassins est le premier roman de R. J. Ellory que je lis. Pourtant, le nom ne m’est pas étranger. L’écrivain britannique, au passé digne en soi d’un polar, récolte les louanges de nombreux lecteurs (lui-même y compris) pour ses romans.

Pourquoi j’ai choisi de lire celui-là plutôt que Seul le Silence, Vendetta ou Les Anonymes ? Aucune idée.

J’avais une légère appréhension, en entamant ma lecture, comme toujours lorsque je découvre un nouvel auteur et encore plus lorsque je commence un roman de plus de six cent pages. Légère appréhension qui s’est rapidement dissipée.

Je suis très vite rentré dans l’histoire.

Après le début centré sur John Costello et le suspense autour de son personnage ambivalent, je n’ai pas été dérangé que l’intrigue parte sur les différents meurtres, d’abord, pour se concentrer finalement sur l’enquête de Ray Irving.

Même si ça pourrait paraître déroutant.

La raison principale est que Les Assassins se lit bien, que les chapitres s’enchaînent vite et qu’il y a toujours un petit élément qui donne envie de continuer à tirer sur le fil, petit à petit, pour défaire la pelote.

J’ai quand même quelques réserves.

Sur le personnage de John Costello, pour commencer. J’ai adoré le principe et, sans révéler la fin de l’histoire, j’apprécie la direction choisie par l’auteur même si j’aurais tout à fait pu imaginer l’alternative. Par contre, il y a eu plusieurs moments où j’ai trouvé le comportement du personnage pas forcément très cohérent avec sa « condition ».

De la même façon, la relation entre Ray Irving et Karen Langley, si elle est nécessaire et parfois même attachante par son côté non-conventionnel et complexe psychologiquement, m’a un peu agacée à plusieurs reprises. Ce qui la rend, paradoxalement, plutôt réaliste, avec tout ce que ça peut comporter de faiblesse.

Mais ça reste secondaire.

Le cœur de ce roman, c’est la traque d’un tueur en série qui rend hommage à ses prédécesseurs en copiant leurs crimes et leurs méthodes. Ça permet, en plus de dynamiser le genre souvent redondant des enquêtes policières, de s’attarder sur plusieurs tueurs en série marquants à travers les actes de l’un d’eux.

Mais si la finalité reste la mise hors d’état de nuire du coupable, l’accent, pour moi, était mis sur le parcours du tueur. Et c’est d’autant plus ambitieux de l’avoir fait transparaître sans surexposer un personnage qui n’aurait pu être, dans le cas contraire, que décevant.

Le suspense est ainsi préservé jusqu’au bout et la fin, assez abrupte, évite de tomber dans les clichés du genre.

La psychologie des personnages est travaillée et, même si je ne l’ai pas toujours trouvée irréprochable, même si quelques détails m’ont fait tiquer, elle est réussie dans l’ensemble.

Les Assassins a également ce petit goût d’intemporel, qui puise sa source dans les racines d’un genre décliné dans tous les sens depuis. J’ai retrouvé un peu d’Au-delà du Mal, de Shane Stevens, de IL, de Derek Van Arman.

Malgré ses quelques défauts, Les Assassins se lit facilement et avec enthousiasme. Pour une première expérience dans l’univers de R. J. Ellory, je suis satisfait et je compte lire d’autres de ses romans à l’avenir.

Si vous aimez les romans policiers classiques et novateurs à la fois, Les Assassins devraient réunir suffisamment d’arguments pour vous séduire.

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