Lu! Les Cafards, de Jo Nesbo.

9 juin 2018

Lu! Les Cafards, de Jo Nesbo.

Les Cafards

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Une prostituée retrouve l’ambassadeur de la Norvège en Thaïlande mort dans une chambre d’hôtel de passe de la banlieue de Bangkok avec un couteau traditionnel planté dans le dos. Dans sa mallette, les enquêteurs locaux découvrent des éléments qui pourraient ternir la réputation du pays scandinave et se répercuter sur des membres importants du gouvernement. Pour éviter toute fuite dans la presse, Harry Hole, inspecteur dépressif et alcoolique, est envoyé à Bangkok pour enterrer l’enquête. Sauf que Hole, qui peine à se remettre d’une mort qui le hante et du viol de sa sœur, atteinte du syndrome de Down, utilise cette nouvelle enquête exotique comme une béquille et décide de la mener à bien. Au grand damne de ses supérieurs.

J’ai vu passer des couvertures avec le nom de Jo Nesbo, cet ancien journaliste et musicien devenu auteur de romans policiers (et de littérature jeunesse) et créateur de l’inspecteur Harry Hole, depuis un certain temps. Il faisait partie de ces auteurs qu’il « faudrait que je lise un jour, quand même, ne serait-ce que pour voir ».

Puis une personne de mon entourage m’a collé ce roman entre les mains en me conseillant de le lire. J’ai demandé si je devais pas d’abord lire le premier, parce que j’aime bien, quand je peux, commencer une série par son début. Mais il m’a répondu qu’on s’en foutait (je pense surtout qu’il n’avait pas le premier volet des aventures de l’inspecteur norvégien, L’Homme Chauve-Souris, sous la main).

Puisque les Cafards est seulement la deuxième aventure de Harry Hole, je me suis dit que ce n’était pas si grave, et qu’au pire, si j’aimais, je pourrais toujours lire le premier en deuxième.

Je me suis donc plongé dans la chaleur étouffante de Bangkok pour essayer d’élucider aux côtés de l’inspecteur ce meurtre mystérieux aux ramifications nombreuses. Et inspiré de rumeurs vraies.

J’ai aimé le début, les sujets (parfois crûment traités), le lieu, exotique à souhaits, culturellement différent. Même si rapidement, je me suis un peu perdu entre les personnages. Il faut dire que j’ai lu ce roman de façon très morcelée, quelques chapitres par-ci, quelques autres par-là, pendant que je faisais des corrections et d’autres activités incompatibles avec la lecture intensive.

J’ai bien aimé le personnage de Hole, traité avec ce qu’il faut d’humour noir et de distance pour ne pas en faire une icône infaillible, même s’il a parfois des côtés surhomme (je pense notamment à la scène de la piscine et à la scène finale) qui ne m’attirent pas. Je préfère largement le voir batailler contre ses faiblesses et composer avec ses défauts.

J’ai aimé la manière dont l’auteur pose son cadre d’action assez simplement et nous distille les éléments au fur et à mesure pour nous manipuler et nous mener jusqu’à la fin.

Plutôt que d’avoir des intuitions formidables aux moments-clefs, Hole a des révélations ponctuelles basées sur des déductions intelligentes mais qui sont rarement présentées ouvertement, plutôt cachées aux lecteurs pour le pousser à lire, avant d’être révélées plus tard.

C’est plutôt bien fait, même si j’ai eu, ici comme souvent, un peu de mal avec le déroulé de l’enquête policière. L’histoire tient la route, quand bien même le coupable, assez bien caché, ne soit pas tout à fait crédible à mes yeux (sans compter qu’il a, comme trop de méchant de romans policiers, ce besoin de justifier ses actes et son plan à la fin).

J’ai eu du mal, également, avec le rythme du texte dans les scènes d’actions, heureusement rares, que j’ai trouvé assez fouillis. À plusieurs reprises, j’ai eu du mal à situer l’action très clairement.

Mais j’ai apprécié l’ambiance et le côté impitoyable, voire même parfois un peu trash de l’auteur, qui n’est pas timide quand il s’agit d’explorer la crasse humaine.

Cette première immersion dans l’univers de Jo Nesbo ne m’aura pas pleinement convaincu, mais m’aura donné suffisamment pour que j’ai envie d’y revenir. Le fait que j’accrocherais ou non à la série sera probablement conditionné par ma capacité à m’attacher à cet inspecteur norvégien à la fois stéréotypé et différent.

Suite au prochain épisode (qui sera probablement le premier).

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