Lu! Charade, de Laurent Loison.

18 janvier 2017

Lu! Charade, de Laurent Loison.

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Quand l’inspecteur Cholle abat le Tueur à la Charade, c’est la fin d’une traque de plusieurs mois, menée par les équipes de la criminelle du 36 Quai des Orfèvres. Si c’est Daniel Cholle qui récolte la gloire pendant que Florent Bargamont, le spécialiste des crimes les plus sombres, est suspendu, c’est sans compter sur l’abnégation de la jeune Emmanuelle de Quezac, fraîchement sortie de ses études en criminologie et pistonnée par un oncle Ministre de l’Intérieur pour résoudre la Charade.

Bon, autant le dire tout de suite, histoire d’éviter les mauvaises surprises, Charade ne m’a pas convaincu. Vu le succès dont jouit ce roman, notamment sur les réseaux sociaux, je m’attendais vraiment à mieux.

Dès les premières pages, j’ai eu du mal à comprendre ce choix de partir de la « fin de l’enquête » pour remonter à ses débuts, de nombreux mois plus tôt. Bien sûr, avec la fin, on comprend ce que l’auteur a tenté de faire, mais ça ressemble trop à un épisode moyen des Experts. Résultat, on sait d’avance qu’il va y avoir un « retournement » de dernière minute et on devine même presque lequel.

Mais, surtout, cette construction empêche, de facto, un certain suspense. Tout bêtement, les personnages qui sont vivants « à la fin » ne pourront pas mourir pendant l’enquête. À partir de là, difficile de vraiment se soucier de leur sort, même quand ils se retrouvent dans les pires des situations, puisqu’on sait qu’ils ne craignent rien.

Côté personnages justement, c’est une nouvelle déception. J’ai trouvé la psychologie profondément basique, avec des personnalités trop bancales, qui se contredisent souvent ou frisent la caricature.

Florent Bargamont, par exemple, qui est présenté comme un expert en crimes violents cynique, méprisé et torturé psychologiquement, ne m’a pas semblé vraiment traumatisé, ou même sérieux. Peut-être à cause de sa liaison facile et inutile avec sa psy, qui nous amène des scènes forcées qui n’apportent pas grand-chose à l’histoire.

Il y a aussi l’invraisemblance de certaines séquences, comme les courses-poursuites solitaires de Loïc dans Paris à plus de 200 km/heure.

Ou alors c’est l’écriture qui m’a dérangé. J’ai trouvé les formulations souvent brouillonnes, parfois même lourdes, avec régulièrement trop de détails non nécessaires et d’images alambiquées qui cassent l’action, sans parler d’une ponctuation rarement efficace. Le tout m’a donné un sentiment de trop dont je n’ai jamais réussi à me défaire et qui m’a empêché de rentrer dans l’histoire.

C’est dommage, parce que j’avais entendu du bien de ce roman, notamment réputé pour la violence de certaines scènes et sa charade. Je reconnais volontiers que les morts sont plutôt créatives et gores à souhait. Encore une fois, dommage que ça soit desservi par une écriture qui n’invite pas à l’immersion dans l’horreur. En ce qui concerne la Charade, l’idée était séduisante, mais la réalisation au mieux moyenne.

J’attendais beaucoup plus de ce Charade, évidemment. Sans doute trop.

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