Lu! Code 93, d’Olivier Norek.

6 août 2016

Lu! Code 93, d’Olivier Norek.

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Depuis quinze ans qu’il est à la PJ du 93, Victor Coste en a vu, des trucs pas nets. Mais un cadavre émasculé qui reprend vie sur la table d’autopsie, ou un junkie calciné qui sonne toutes les trois heures, ça c’est inédit. Et quand des courriers arrivent à son bureau et que les morts disparaissent des archives, l’enquête se retourne sur elle-même.

J’entends parler d’Olivier Norek depuis quelques temps maintenant. Après quinze ans passé dans la PJ de Seine Saint-Denis (tiens donc…), le toulousain sort son premier roman, ce Code 93, et devient dans la foulée une coqueluche des réseaux sociaux.

En même temps, qui mieux qu’un flic pour parler des flics, pour écrire des enquêtes réalistes et dépeindre l’envers d’un décor que l’on ne regarde le plus souvent que par le biais de reportages biaisés et lisses diffusés à la chaîne sur la TNT ?

Pourtant, j’avais un peu peur. Le roman policier n’est déjà pas mon genre préféré à la base. Et je sortais de la Chambre des Morts, qui m’avait laissé sur ma faim. J’aurais pu repousser la lecture de Code 93 à plus tard, mais je ne l’ai pas fait. Grand bien m’en a pris.

On peut dire ce qu’on veut de l’intrigue. L’identité du tueur n’est pas un grand mystère très longtemps, mais ça ne m’a pas dérangé, nous ne sommes pas dans un whodunnit à proprement parlé. J’ai aimé voir les différentes pièces se mettre en place doucement sur l’échiquier. Même si je n’aurais pas été contre l’approfondissement de certains aspects et personnages, restés trop en retrait. Lucien Malbert, par exemple, est présenté comme un maillon important et pourtant n’intervient que très peu, voire pas du tout, dans l’enquête, pour disparaître sans bruit.

On peut aussi dire ce qu’on veut des personnages principaux, un brin clichés pour certains (Quoi ? Un italien qui drague tout ce qui bouge ?), mais ça sent le réel et ça change des flics qu’on croise dans trop de romans et qui semblent tous sortis du même moule, avec des noms différents. Victor Coste est certes un homme blessé, mais il semble tout à fait crédible et humain, et ses collègues aussi. Car, avant d’avoir LE policier, il y a une équipe soudée et ça change un peu des solitaires alcooliques habituels.

Et puis on peut dire ce qu’on veut, mais ce Code 93 est foutrement bien écrit. Pas d’images à la mords-moi-le-nœud, pas d’envolées lyriques inutiles. L’écriture est simple, directe, sans chichis, les chapitres sont, pour l’essentiel, très courts et le rythme agréable. Tout n’est pas qu’action, il y a suffisamment de temps morts pour développer la psychologie des personnages, pour faire autre chose que seulement foncer dans le tas tête baissée.

J’avais un peu peur d’être déçu, avant d’entamer le roman, à cause de l’engouement autour de son auteur mais aussi des quelques critiques négatives. Je suis agréablement surpris. Très agréablement surpris, même. L’histoire n’est peut-être pas la plus originale ni une enquête formidablement diabolique, mais elle est bien racontée et agréable à lire. Ce qui, dans un genre aussi chargé que le roman policier, est déjà une réussite en soit.

Pour une première incursion dans l’univers d’Olivier Norek, j’en ressors convaincu et demandeur de plus. Nul doute que Territoires et Surtensions vont trouver leur chemin jusqu’à ma PAL.

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