Lu! Le Coma des Mortels, de Maxime Chattam.

25 juin 2016

Lu! Le Coma des Mortels, de Maxime Chattam.

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Du jour au lendemain, Pierre a changé de vie. D’ailleurs, s’appelle-t-il vraiment Pierre ? Et qui est-il ? On sait en tout cas que Constance, la femme qu’il aimait, a été sauvagement assassinée chez lui et qu’il est le seul suspect. Sauf que Pierre est maudit. Oui, autour de lui, les morts s’enchaînent (et se retrouvent au fond du canal Saint-Martin). Pour mieux comprendre ce qui lui arrive, Pierre va tout nous raconter lui-même. Ah oui, au fait, Pierre est un brin mythomane sur les bords.

Tout nouveau roman de Maxime Chattam est attendu comme un événement. Un des noms majeurs de la scène thriller/policier française, il a su s’imposer comme une référence titre après titre. Son précédent roman, Que ta volonté soit faite, s’inscrivait dans un genre nouveau, plus proche du grand roman noir américain que du thriller moderne. Si ce n’est une fin qui m’avait laissé sur ma faim, j’avais trouvé ce changement de style très rafraîchissant.

Avec la sortie de ce nouveau roman, c’est encore une fois un nouveau genre qui est  exploré par l’auteur. Toujours pas de thriller ou policier qui ont fait son succès, mais un roman noir psychologique narré par un personnage étrange à la fois cynique, rêveur, paresseux et fou. Les premières pages donnent le ton, avec cette présentation que fait le narrateur de lui-même. Il nous met en garde, il va nous mentir, nous manipuler, mais si on fait attention, la vérité émergera dans son récit.

Dans les pages qui suivent, il retrouve le corps de la femme qu’il aime chez lui. Et dire qu’il n’a même pas eu le temps de la baiser… (cynique, rappelez-vous). Il va donc nous raconter son histoire (ou en tout cas une petite partie) pour nous expliquer (à nous et au flic qui l’interroge) comment il en est arrivé là.

Le début m’a mis l’eau à la bouche. Je n’ai rien contre le changement de style, bien au contraire. Mais, au fil des pages, l’enthousiasme est peu à peu retombé. Maxime Chattam a d’habitude une plume très habile pour nous décrire ce qu’il y a de plus noir chez l’Homme. Je m’attendais à ce qu’il s’en serve pour le faire avec l’humour grinçant annoncé en quatrième de couverture.

J’ai trouvé le narrateur souvent lourd, avec des allusions sexuelles plus ou moins explicites, mais en tout cas répétées. Parler de bites, de branlette, de sodomie et de foutre peut créer des réactions chez le lecteur, c’est certain, mais pas forcément celles désirées. J’aurais aimé un texte plus fou, à la limite, plus proche de l’univers déjanté et glauque de Chuck Palahniuk, mais pas à du Virginie Despentes sous Xanax comme j’ai eu parfois l’impression que c’était le cas ici.

Il y a certes des idées dans ce roman, des bonnes même, mais elles tiennent plus aux personnages secondaires, qui apportent un peu de couleur et de vie dans un ensemble autrement terne et ennuyeux.

Comme pour Que ta volonté soit faite, Maxime Chattam divise avec le Coma des Mortels. Je l’ai lu en entier avec l’espoir que la fin sauverait l’ensemble, mais, une nouvelle fois, la fin me déçoit. Ça me peine à le dire, car je lis et j’aime Maxime Chattam depuis des années et que j’apprécie qu’un auteur se renouvelle et s’essaie plutôt que de ressortir les mêmes formules à chaque histoire, mais j’avoue que je me languis d’un roman de Maxime Chattam qui ressemble à un roman de Maxime Chattam.

Peut-être le prochain…

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