Lu! La Compassion du Diable, de Fabio M. Mitchelli.

25 janvier 2017

Lu! La Compassion du Diable, de Fabio M. Mitchelli.

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Au début des années 80, un chantier met à jour des barils bleus dans un parc de la banlieue de Cleveland, Ohio. Les barils renferment des cadavres conservés là pendant plusieurs années. Freddy Lawrence, flic expérimenté de la brigade des homicides violents de Cleveland et Victoria Fletcher, sa coéquipières fraîchement sortie de l’école de police, sont chargés de l’enquête. À mesure que les découvertes macabres s’enchaînent, ils vont devoir remonter la piste d’un tueur aussi méticuleux et implacable que pervers.

« Noir. Brutal. Sans concessions. Terrifiant. »

Voilà comment Bernard Minier décrit ce roman de Fabio M. Mitchelli. Bon, je prends toujours avec des pincettes les citations de ce genre, car elles ne veulent pas toujours dire grand-chose. Ceci dit, je dois bien admettre que ce coup-ci, c’est plutôt justifié.

Avant même de commencer à raconter son histoire, l’auteur nous informe qu’il s’est inspiré de deux tueurs en série qui ont défrayé la chronique Outre-Atlantique, à savoir Jeffrey Dahmer et Anthony Sowell. Si le second est moins connu, le premier fait figure de serial killer superstar.

Le cannibale de Milwaukee, célèbre pour la violence de ses meurtres et leur caractère sexuel prononcé (entre autres) est clairement l’influence principale pour le personnage de Blake, que l’on suit avant même sa naissance et tout au long de sa vie. Les flashbacks s’entremêlent à l’enquête pour nous faire entrer dans la tête du meurtrier. Et c’est très efficace.

La Compassion du Diable a rapidement acquis la réputation d’un livre dur et particulièrement violent. Une réputation loin d’être usurpée. Même si l’auteur limite le voyeurisme facile au maximum, la violence et la perversion du tueur se ressentent parfaitement tout au long du texte.

L’ambiance est parfaitement établie, avec cette ombre mystérieuse qui plane, prête à frapper à tout moment. La tension monte graduellement grâce aux enquêtes parallèles des inspecteurs et d’un écrivain bien décidé à lever le voile sur une partie de son histoire personnelle.

La notion de passé et de démons est omniprésente chez les personnages principaux, chacun à leur façon. La notion du Mal également, et cette image du diable qui revient souvent. Peut-être même un peu trop souvent à mon goût. J’ai un peu de mal avec cette idée du monstre, de l’individu qui n’a d’humain que le nom, de cette mystification du tueur à laquelle on assiste souvent, mais c’est un autre débat. Et puis, à côté de ça, les personnages sont tous bien travaillés, notamment avec une psychologie cohérente qui facilite grandement l’empathie, ou devrais-je dire la compassion.

Comme tout bon roman policier qui se respecte, et ceci en est un, l’enquête comporte plusieurs rebondissements majeurs. Si certains sont habiles, quoi qu’un peu prévisibles, d’autres m’ont laissés un brin perplexe. Mais même quand je devinais ce qui se passait, il demeurait encore un soupçon de suspense qui me poussait à lire un chapitre de plus pour confirmer mes déductions.

Car la Compassion du Diable, en plus d’être un roman policier bien construit, est un page-turner diablement efficace. Avec ses chapitres bien calibrés, difficile de le lâcher une fois qu’on l’a en main. Ça et le fait que l’écriture soit à la fois sobre et directe, sans trop de facéties.

Si vous aimez les histoires de serial killer, les romans policiers noirs et violents, la Compassion du Diable devrait vous ravir. En tout cas, moi il m’a donné envie de me pencher sur les autres textes de Fabio M. Mitchelli.

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