Lu! Contretemps, de Charles Marie.

22 mai 2018

Lu! Contretemps, de Charles Marie.

Contretemps

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Melvin Epineuse se voit confier, par une société secrète, la mission de retrouver Bruno Bar, dont l’une des occupations favorites consiste à baptiser, contre leur gré, les militants anticléricaux. Pour ce faire, Melvin décide d’opérer de la même manière que lorsqu’il perd ses clefs, et donc de ne pas le chercher. Puisqu’il tombait souvent sur Bruno par hasard, il allait donc laisser le hasard mettre Bruno sur sa route. Plus tard, ceci dit, car pour l’instant il se sentait fatigué de faire des projets. Oui, plus tard il partirait pour Florence, car il avait envie d’Églises.

Si vous me suivez un peu, vous savez sans doute que j’apprécie tout particulièrement les romans publiés par les éditions Aux Forges de Vulcain. Chaque année, lors de la grande messe parisienne des éditeurs, je repars avec un nouveau sésame. Cette année, c’était Contretemps, de Charles Marie.

J’ai été attiré par la quatrième de couverture loufoque présentant une histoire décalée tout en excentricité.

Lorsque je me suis plongé dans ma lecture, je me suis dit qu’avec moins de deux cent pages, ce roman serait avalé en un rien de temps. Ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça.

Pourtant, les chapitres sont courts, les dialogues truculents et l’histoire est effectivement décalée. Peut-être même un peu trop décousue. Ce qui ne permet pas de rentrer dedans. De s’y plonger et s’y abandonner.

L’écriture est poétique et travaillée. Peut-être trop. Ce qui donne des moments succulents, mais empêche une lecture fluide et devient même, parfois, indigeste.

Melvin n’est pas un personnage particulièrement sympathique, pas spécialement antipathique non plus. Ses trépidations ne sont pas vraiment ennuyeuses, mais pas forcément passionnantes non plus.

Les personnages secondaires sont à peine esquissés, obtiennent parfois des chapitres qui brisent le rythme, qui peinent à s’inscrire dans le ton et l’ensemble de l’histoire. C’est d’autant plus dommage car l’idée de l’affrontement entre deux société secrètes suscite la curiosité, titille l’imagination. Les trahisons, les retournements de situations, tout ça passe par la fenêtre car ce n’est pas le propos du roman.

Contretemps n’est pas un roman noir, ne joue pas sur le suspense, sur la tension, ne compte pas sur ses révélations, sur ses personnages secondaires, mais seulement sur celui de Melvin. Sur Melvin et cette écriture très (trop) travaillée.

Ce n’est pas suffisant, pour moi, pour en faire un grand roman. Je ne dirais pas que Contretemps est une complète déception, car il m’a fait rire et j’ai beaucoup aimé certaines formules et tournures de phrases, mais je n’ai pas été vraiment emballé non plus et j’ai dû me faire un peu violence pour terminer ma lecture.

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