Lu! Dans la Brume Écarlate, de Nicolas Lebel.

22 mai 2019
Dans la Brume Écarlate, Nicolas Lebel

Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne.. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n’est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais… Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour. Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d’une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d’avoir retrouvé Lucie. Mais il s’agit d’une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l’on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ? La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n’est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie…

J’aime beaucoup Nicolas Lebel.

Par conséquent, j’aime beaucoup le capitaine Mehrlicht, ce flic au nom germanique, au vocabulaire fleuri et imagé, au caractère bien trempé et, surtout, à la face de grenouille.

Depuis notre rencontre durant L’Heure des Fous, j’ai craqué pour ce petit homme endeuillé et délicieusement désagréable. Je l’ai suivi pendant Le Jour des Morts, Sans Pitié ni Remords, même De Cauchemar et de Feu (bon, celui-là marche moins bien dans ma phrase) et, à chaque nouvelle aventure, je sais que j’en serai, moi qui ai pourtant du mal avec les héros récurrents.

Il faut dire que Mehrlicht, à mes yeux, est le héros récurrent parfait, puisque c’est un anti-héros, à la fois attachant et humain. Et parce que son Dr Frankenstein n’en fait jamais des caisses pour nous convaincre de trouver sa créature géniale.

C’est même tout le contraire. Il le déprécie, le maltraite un peu, lui en fait voir de toutes les couleurs. Mais c’est pour son (ou plutôt notre) bien. Un sacrifié, le Mehrlicht, sur l’autel de la bonne histoire.

Comme à chaque nouvelle enquête, Nicolas Lebel se renouvelle. Après des histoires policières classiques, des complots politiques et/ou historiques, le voilà qui décide de s’attaquer au mythe du Vampire.

Il installe donc Paris dans une ambiance gothique, avec des disparitions de jeunes femmes et des transfusions sanguines barbares pour lutter contre la mort. Le tout sous un brouillard opaque et permanent, histoire qu’on n’oublie pas que le Mal rôde et peut frapper à chaque instant.

Comme dans chaque histoire, l’enquête de Mehrlicht et son équipe lui permet d’adresser des sujets d’actualité.

Ici, Nicolas Lebel en profite pour parler (notamment) des migrants, sans doute pour marcher dans les traces de son pote Norek.

Ce n’est pas le thème principal, mas ça permet de donner vie à un personnage attachant et poignant (j’aurais dû dire « encore »).

Après une amorce entamée dans De Cauchemar et de Feu, ce nouveau Lebel est presque un roman noir à part entière, encore plus qu’un simple roman policier. D’ailleurs, l’enquête, différente des précédentes, passe presque en arrière-plan.

J’ai beaucoup aimé l’aspect brut, violent de cette histoire, ce qu’elle annonce pour la suite. Plusieurs éléments que je vous laisse découvrir par vous-mêmes si vous ne l’avez pas encore lu. Et que vous pouvez facilement identifier si vous l’avez déjà lu.

Un petit mot sur la plume de l’auteur. Elle continue, si possible, de s’affiner à chaque nouveau roman pour nous livrer un texte bien écrit (*euphémisme*), à la fois moderne et littéraire, truffé de bons mots, d’expressions, d’images et de multiples références. En un mot : j’adore.

Je suis fan de Nicolas Lebel. Ce roman ne m’apprend donc rien de ce côté-là. J’adore sa plume, ses personnages jamais lisses, ses histoires jamais simples, toujours captivantes. Et j’ai hâte de lire la suivante.

Si vous ne connaissez pas encore son œuvre, arrêtez donc de lire cette chronique (qui est terminée, de toute façon) et courrez au plus vite chez votre dealer d’histoires pour acheter et lire tous ses romans !

Ou cliquez ci-dessous.

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