Lu! De Cauchemar et de Feu, de Nicolas Lebel.

27 juin 2017

Lu! De Cauchemar et de Feu, de Nicolas Lebel.

De Cauchemar et de Feu

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Le 24 mars 2016, à quelques jours du dimanche de Pâques, un homme est retrouvé assassiné dans les toilettes d’un pub irlandais. Les analyses révèlent rapidement l’appartenance de la victime à l’IRA. En plein état d’urgence, le capitaine Mehrlicht et son équipe doivent résoudre l’affaire au plus vite, tandis que les cadavres s’accumulent et que le spectre d’une légende gaélique se dessine sur les scènes de crime.

De Cauchemar et de Feu est le quatrième roman de Nicolas Lebel. C’est également la quatrième aventure du capitaine Mehrlicht et de toute son équipe.

Avant même d’ouvrir le livre et d’en commencer la lecture, j’ai été séduit par cette magnifique couverture. Les couvertures sont toujours intrigantes, chez Nicolas Lebel, mais celle-là est la meilleure en date car, plus encore que les autres, elle tape immédiatement à l’œil, capte l’attention et stimule l’imagination.

Après une montée en pression très bien menée pendant les trois premiers romans, il n’y aurait rien d’étonnant à ce que ce quatrième opus soit un peu en-dessous. Après tout, on retrouve la même structure, ces meurtres qui s’enchaînent en même temps qu’arrive un nouveau stagiaire dans l’équipe ; le téléphone de Mehrlicht met le capitaine de police à l’aspect batracien dans l’embarras dès qu’il sonne, aggravant à chaque fois un peu plus sa mauvaise humeur.

En tout cas, c’est ce qu’on pourrait croire.

Mais ce serait une erreur. Certes, la structure est similaire, mais, comme à chaque fois, Nicolas Lebel opère des changements, subtiles ou flagrants, pour chambouler la dynamique de ses personnages et surprendre son lecteur.

Qui dit nouvelle enquête, dit nouveau stagiaire. Ici, une jeune femme fraîchement sortie de l’école et clairement pas préparée au terrain. Comme à son habitude, Mehrlicht ne peut s’empêcher de la bizuter. Il faut dire que le malmenage des stagiaires, c’est un peu son sport favori. Mais les réactions de la jeune Laura révèlent une nouvelle facette du caractère du capitaine.

De Cauchemar et de Feu, c’est un peu le roman des changements, de la remise en question. Pour Mehrlicht, mais pas que. Comme si cette jeune stagiaire, élément négligeable de l’équipe, suffisait à en perturber l’équilibre. Un grain de sable dans les rouages de la machine.

Mais le plus grand changement, c’est l’aspect historique. De Cauchemar et de Feu se divise en deux parties. Présent d’un côté, et passé de l’autre. Ce passé, c’est l’histoire de Seamus, Matthew et leurs copains, des enfants de Derry dans les années 60. Non, pas le Derry de Stephen King, mais celui d’Irlande du Nord, en pleine guerre civile entre catholiques et protestants.

Nicolas Lebel n’est pas étranger à la critique sociale. Tous ses romans sont truffés de remarques, de réflexions, de petites piques d’humour noir pertinentes. Là, il va encore plus loin en basant son histoire sur des faits historiques et une querelle idéologique majeure de l’Histoire récente. À la fois loin de nous, et en même temps si proche.

À certains moments, l’enquête principale en passe presque au second plan, tant cette guerre fratricide sur les magnifiques terres d’Irlande est captivante. Des références à Bobby Sands (pour ceux que ça intéresse, je vous recommande vivement de regarder le film Hunger), aux différents traitements réservés par les uns aux autres et les représailles qui escaladent en semant la mort et attisant les haines, l’auteur à bien potassé son sujet, c’est certain.

Non, définitivement, De Cauchemar et de Feu n’est pas en-dessous des précédentes aventures du capitaine Mehrlicht. D’une certaine façon, il est même le roman le plus ambitieux de l’auteur.

De Cauchemar et de Feu est le troisième roman de Nicolas Lebel que je lis en quelques semaines et, croyez-moi, s’il y en avait d’autres déjà disponibles, je me jetterais dessus sans tarder.

Et pourtant, je ne suis pas un inconditionnel des enquêtes policières. À vrai dire, je ne suis pas particulièrement fan des romans en série. Mais je suis conquis à 100% par la plume de Nicolas Lebel, son ingéniosité, sa culture, son sens du mot, ses personnages bien campés et sa volonté de nous offrir, roman après roman, des histoires de qualités.

Encore bravo, monsieur Lebel, et dépêchez-vous de terminer le suivant, parce que nous, bah on attend !

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