Lu! Des Fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes.

15 décembre 2018

Lu! Des Fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes.

Des Fleurs pour Algernon
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Charlie Gordon est un attardé mental d’une trentaine d’années. Il travail dans une boulangerie, où il s’occupe de tâches simples, comme de faire des livraisons ou nettoyer les toilettes. Le soir, il assiste à des cours dans la classe de mademoiselle Kinnian, pour essayer de devenir plus intelligent. Une équipe de chercheurs le sélectionne pour participer à une expérience visant à augmenter son Q.I. Ils reproduisent une méthode qui a fonctionné sur Algernon, une souris de laboratoire. Peu à peu, Charlie Gordon devient de plus en plus intelligent. Mais avec ses progrès viennent de nouveaux problèmes.

Ce roman est un classique. Sorti à la fin des années cinquante sous la forme d’une nouvelle, puis au milieu des années soixante sous la forme d’un roman, Des Fleurs pour Algernon a remporté le prix Nebula du meilleur roman dans la foulée et a acquis depuis un statut particulier.

Si vous me suivez un peu, vous savez que les classiques, c’est pas trop mon truc. En général, je m’en tiens même éloigné, de peur d’avoir ensuite à égratigner un monument dans une chronique. 

Mais des gens en qui j’ai confiance m’ont certifié que ce roman était différent des autres classiques. Qu’ils l’avaient lu à l’époque, entre-temps ou depuis, et qu’il valait vraiment la peine.

Ça m’a évidemment donné envie de le lire. Ça m’a fait un peu peur, aussi. 

Une histoire d’attentes, comme souvent. Quand je lis un roman que plusieurs personnes m’ont conseillé, j’ai envie d’être emporté, subjugué, de partager leur enthousiasme. Généralement, je suis déçu. Mais pas ici.

Je vous le dis tout de go (tout de suite, en langage « classique »), j’ai aimé ma lecture Des Fleurs pour Algernon.

Je n’irai pas jusqu’à dire que c’était un coup de cœur, mais c’était vraiment pas loin. Peut-être que si je l’avais lu pendant mon adolescence, ça aurait été différent, que l’effet aurait été plus puissant. 

Mais ça ne veut pas dire que je n’ai pas été sensible à l’histoire de Charlie Gordon, bien au contraire. 

J’aime qu’un roman me surprenne, et Des Fleurs pour Algernon m’a surpris.

Les premières pages, déjà, sont déroutantes, avec l’écriture morcelées et bourrée de fautes d’orthographe de Charlie, avec son absence de ponctuation et la simplicité de ses pensées. 

J’ai beaucoup aimé voir l’évolution de son personnage, de son entourage aussi, à mesure qu’il devenait de plus en plus intelligent. J’ai aimé les problématiques posées, aussi bien concernant son regard sur le monde que sur le regard que les autres posent sur lui. Le questionnement sur l’intelligence et sur l’autre pousse inévitablement à réflexion. 

J’aime également qu’un roman joue avec les genres. Et c’est encore le cas Des Fleurs pour Algernon. Publié comme un roman de science-fiction, c’est surtout un roman psychologique finement travaillé. Je n’ai pas été étonné d’apprendre que Daniel Keyes était chercheur en psychologie.

J’ai trouvé l’écriture parfois un peu vieillotte, mais pas désagréable à lire pour autant. L’histoire de Charlie est touchante, émouvante, intrigante et très humaine et elle se suffit presque à elle-même. 

Si vous aimez les romans psychologiques différents (ou les classiques) et que vous n’avez pas encore lu Des Fleurs pour Algernon, laissez Charlie Gordon vous raconter son histoire.

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