Lu! Entre Deux Mondes, d’Olivier Norek.

25 novembre 2017

Lu! Entre Deux Mondes, d’Olivier Norek.

Entre Deux Mondes

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Adam est un flic syrien infiltré dans la police militaire pour le compte des rebelles. Redoutant d’avoir été démasqué, il organise le départ de sa femme et sa fille pour l’Europe. Il promet de les rejoindre au plus vite mais craint d’être exécuté avant d’avoir l’opportunité de partir. Finalement, une fenêtre s’ouvre et il traverse la méditerranée puis l’Italie et la France pour arriver à Calais, dans la Jungle, où il doit retrouver sa famille. Bastien est un policier français, récemment muté à Calais pour rapprocher sa femme de sa famille après le décès de son père. De sa rencontre avec Adam va naître une collaboration entre deux flics issus de deux mondes différents autour d’un meurtre dont personne à part eux ne se soucie.

Olivier Norek, on ne le présente plus. Lieutenant de police judiciaire, il s’est fait connaître grâce aux aventures du capitaine Victor Coste. Si vous n’avez pas encore lu Code 93 et ses deux suites, Territoires et Surtensions, je vous encourage grandement à vous ruer sur cette trilogie captivante et implacable.

Est-ce nécessaire de préciser le coup de cœur que j’ai eu pour ces trois romans ?

Alors quand j’ai appris qu’Olivier Norek sortait une nouvelle histoire, sans Victor Coste, j’ai été pour le moins intrigué.

Exit les cités de Seine-Saint-Denis et bienvenue dans la Jungle !

Nouveaux personnages, nouveaux lieux mais surtout nouveau sujet.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que quand Olivier Norek écrit une histoire, il ne le fait pas à moitié. Il a sans doute puisé dans son passé d’humanitaire, mais il s’est également rendu sur place pour approfondir son sujet. Et son sujet, il le maîtrise.

Dès les premières pages, il nous met dans l’ambiance avec cette brutalité impitoyable qu’il manie à merveille. Et, tout le long du roman, il maintient un suspense et une tension permanente. Impossible de ne pas enchaîner les chapitres pour découvrir, tout en redoutant, ce qui va se passer ensuite.

Comme toujours, sa galerie de personnages est hétéroclite. Des gentils, des méchants, et tout ce qui se trouve entre les deux. Des actes humains, d’autres inhumains, une sensibilité évidente et une violence intolérable.

L’effet est d’autant plus fort qu’Olivier Norek ne se place ni en juge ni en moralisateur. Il n’est que le narrateur impartial d’une histoire et c’est une de ses plus grande qualité. Ça et le fait qu’il n’a jamais peur, semble-t-il, de faire ce qu’il faut pour le bien de son histoire.

Après les éloges, un léger bémol. Le style d’écriture est un peu différent de ses précédents romans. Moins direct, plus littéraire par moments, peut-être un peu trop. Comme si, par le biais de phrases et dialogues au vocabulaire plus recherché et aux tournures plus élégantes, Olivier Norek voulait remiser son costume de flic au vestiaire et endosser pour de bon celui d’écrivain. Si c’est le cas, sachez que c’est inutile, monsieur Norek. Vous n’êtes pas un écrivain, vous êtes un marqueur d’esprit.

Car malgré cette légère critique, Entre Deux Mondes marque les esprits. Le mien en tout cas. Et si vous n’avez pas peur d’être entraîné dans la fange de la Jungle, que vous êtes capable de lire l’injustice et l’inadmissible sans vous détourner, il marquera le vôtre également.

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