fbpx

Lu! État de Nature, de Jean-Baptiste de Froment.

20 février 2019
État de Nature
Voir sur Amazon

Éternel célibataire, Claude ne vit que pour le pouvoir, qu’il exerce dans l’ombre d’une présidente vieillissante. Jusqu’à ce que ses conseillers le convainquent de prend la tête du pays. Dans le même temps, dans la Douvre, Barbara, une jeune préfète charismatique, devient l’incarnation des envies de révolution des français.

Je voyais ce titre passer à droite et à gauche. Ce premier roman écrit par un ancien conseiller de l’Élysée sur les coulisses du pouvoir. Normalement, la politique, c’est pas trop mon truc. Je préfère garder mes distances avec ce sport étrange, sinon ça me file de l’urticaire.

Mais État de Nature récoltaient de bonnes critiques, et j’aime beaucoup les éditions Aux Forges de Vulcain, alors je me suis laissé tenter.

Dès les premières pages, j’ai trouvé une écriture travaillée. Pas toujours très fluide (forcément, avec des phrases à rallonge, dans la grande tradition, même si ce n’est peut-être pas la meilleure, de la littérature française, si tant est qu’on puisse résumer la littérature française à des phrases à rallonge, truffées de virgules), mais travaillée.

L’histoire oscille entre tragédie et grand guignol, avec ces jeux de manipulation pour savoir qui aura le pouvoir.

Malheureusement, j’ai eu du mal à me passionner pour cette fresque politique sur fond de révolution naturelle, tout à fait d’actualité et pas du tout en même temps. Je ne blâme pas uniquement ce roman, puisque je suis moi-même en période d’écriture et je lis toujours moins dans ces moments-là, sans compter que je sors du dernier King.

Déjà, j’ai eu du mal avec la France fictive. Même si elle ressemble énormément à la France que l’on connaît. Les faux-noms de département, pour ne froisser personne, sont un bon exemple. La Douvre, ça sonne très bien, très français, comme un département endormi. Le Richardin, par contre, pour le département voisin, l’un des plus riches du pays, ça sonne beaucoup moins bien, ça fait lourd.

Les personnages ont manqué un peu d’humanité à mon goût. Surtout Claude, le premier que l’on rencontre, qui semble sûr de lui, calculateur, puis qu’on découvre en fait plutôt faiblard, hésitant, et qui va jusqu’à demander l’approbation de son publiciste. Comme si le contrôle qu’il s’était évertué à exercer sur sa vie n’était qu’une illusion.

Barbara, malgré son physique de star du cinéma un brin stéréotypé, m’a plus plu. J’ai aimé le personnage, les valeurs, la façon de faire, au moins au début. Vers la fin, c’est un peu plus compliqué. Une des morales du roman, je suppose.

J’ai trouvé le personnage d’Arthur intéressant, avec une certaine aura. Par contre, j’ai toujours du mal à situer son âge. Au début, il me paraissait vieux, ancien prof d’université, philosophe publié, qui a quitté la capitale et rejoint la campagne pour entamer une deuxième vie. Puis c’est tout le contraire, il est même appelé « jeune homme » à un moment, ce qui ne colle pas trop avec le prof d’université et philosophe publié.

Si aucun personnage ne m’a pleinement convaincu et que l’histoire en elle-même ne m’a pas passionné, j’ai néanmoins apprécié la fin. J’ai beaucoup aimé, également, que l’histoire soit présentée d’un point de vue futuriste. Même si ce n’est pas omniprésent, ça permet quelques clins d’œil sympas et ça fonctionne très bien.

Je positionne un peu État de Nature dans la lignée de Contretemps, de Charles Marie. Un roman qui a des qualités mais qui n’aura pas réussi à créer chez moi l’engouement attendu.

FacebooktwitterFacebooktwitter

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *