Lu! Éveil, de Cetro.

14 octobre 2016

Lu! Éveil, de Cetro.

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Tom est un écrivain à succès. Marié à une superbe femme, père d’un merveilleux bambin, ils ont même un chien horrible, tout en plis, qui ressemble à un ours, mais qui est adorablement doux. Ils habitent dans une grande maison isolée, à l’écart de la ville, avec pour seuls voisins Paolo et Maeva, son agent et sa femme. Même si le monde se dégrade, ils sont heureux. Jusqu’au jour où Tom perd sa famille dans un accident de voiture. Douze ans plus tard, il se réveil d’un long coma avec une force herculéenne, mais insuffisante pour porter le poids de son fardeau. Dehors, le monde est devenu fou.

Éveil est le premier roman de Cetro que je lis, après en avoir entendu de très bonnes choses sur internet. Ne connaissant rien de son univers, je m’y plonge en explorateur.

Le début du roman m’a un peu laissé perplexe. Cette effusion de bonheur, où tout est parfait (sauf, peut-être, le physique du chien), aurait pu me donner envie d’en rester là. Puis survient l’accident, avec ces témoins étranges qui regardent la voiture dans le fossé, qui éclairent la scène.

Dans cette première partie, Tom est presque un personnage secondaire, et il est seulement fait mention des déviances auxquelles s’adonnent les masses, avec des émissions de télé-réalité stupides où le but est d’humilier l’autre.

Puis on reprend l’histoire douze ans plus tard. Tom sort de son coma, il peut entamer son deuil, tandis que Paolo le recueille chez lui, où Maeva cuisine comme une chef (on a jusqu’au menu complet des repas) et où, surtout, il va faire la rencontre de Maewen, la fille du couple, surnommé Bouille à Bisous. Et là je me suis dit que c’était reparti pour un tour dans le monde des Bisounours.

Heureusement, il y a Jacquot et ses commandes vidéos pour de riches pervers qui veulent assister aux pires méfaits. Meurtres, tortures, viols, j’en passe et des meilleurs. Autant dire que l’écart est parfois grand et qu’on peut passer presque sans transition de bouille à bisous à bouille en bouillie, ce qui peut être assez déconcertant.

L’écriture est assez brute, libre, avec parfois quelques maladresses, mais aussi des formules particulières, ou des noms à coucher dehors, qui rappellent l’accent mis par l’auteur sur l’humour.

On croise des personnages étranges (cette bimbo qui vend la voiture de son grabataire de mari), pathétiques (Raymond), voire même répugnants (les Gérogneau), qui contrastent avec les gentils, que sont Tom et son clan, mais aussi Mandy et ses amis. Le tout comme un représentation de cette société en plein déliquescence.

La fin m’a surpris. Pas par sa plongée dans l’horreur, que j’attendais, mais par son dénouement, que je n’ai pas vu venir et que j’ai trouvé réussi. Néanmoins, j’ai aussi relever un certain nombre d’incohérences qui m’ont un peu dérangées, notamment un décalage entre ce monde vérolé décrit par l’auteur et la réalité qu’il nous montre.

Après ma lecture d’Éveil, je suis un peu mitigé. J’ai été perturbé par les nombreux changements de ton, on passe du mielleux au scabreux presque sans transition. J’ai trouvé les personnages un peu stéréotypés et même quelques passages qui semblaient forcés (par exemple, les interactions entre Tom et Mandy à la fin). Mais en même temps, le roman n’est pas désagréable à lire, et j’ai apprécié la fin, intelligente et bien amenée.

Je retenterai ma chance avec un autre des textes de Cetro dans un futur proche, pour me faire une meilleure idée.

En attendant…

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