Lu! Grossir le Ciel, de Franck Bouysse.

15 avril 2017

Lu! Grossir le Ciel, de Franck Bouysse.

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Gus s’occupe seul de sa ferme, perdue dans Les Doges. Personne ne vient jusqu’ici par hasard et Gus serait complètement isolé du monde sans la présence de Mars, son chien, et d’Abel, son voisin. Au moment du décès de l’Abbé Pierre, pour qui Gus voue une admiration qu’il ne s’explique pas, des questions s’insinuent en lui. Par exemple, pourquoi Abel et son père étaient en froid ? Alors qu’il chasse la grive non loin de la propriété de son voisin, Gus entend un coup de feu. Il y a du sang dans la neige.

J’ai découvert Franck Bouysse l’année dernière, avec son très bon Plateau. J’étais déterminé à lire d’autres de ses romans et Grossir le Ciel me semblait un choix logique. C’est donc tout naturellement que je l’ai ajouté à ma PAL.

Avec l’épaisseur de ce format poche, qui dépasse tout juste les deux cents pages, je pensais que je n’en ferais qu’une bouchée. Pourtant il est resté sur ma table de chevet pendant un peu plus d’une semaine.

Dès les premières pages, j’ai retrouvé l’écriture élégante de Franck Bouysse, et sa manière de dépeindre la pauvreté sociale du paysan resté à l’écart de la société moderne. Si le roman est contemporain (l’Abbé Pierre est décédé en 2007), Gus n’a pas de portable ou d’accès à internet. Il n’a même pas le téléphone fixe.

Dès ces mêmes premières pages, quelque chose m’a dérangé. Le lieu, les personnages, l’ambiance, j’avais l’impression de relire Plateau. Une version plus simple de Plateau. Moins de personnages, moins d’interactions et un rythme très lent pour faire monter une tension qui n’a pas prise chez moi.

L’évidence du lien entre les deux paysans saute aux yeux dès les premières pages et ne réserve aucune surprise, malgré un twist inattendu qui, s’il n’est pas dénué de cohérence, tombe un peu comme un cheveu sur la soupe.

Il y a une certaine émotion brute, dans ce Grossir le Ciel, et plusieurs réflexions qui dépassent le simple cadre de la ferme. J’ai aimé la fin, noire à souhaits, mais je dois avouer que je me suis un peu ennuyé avant d’y arriver, avec ces chapitres longs et lents.

Grossir le Ciel n’est pas un page-turner addictif, je le savais à l’avance. Et je ne remets pas en question le talent de l’auteur pour dépeindre un monde qu’il semble bien connaître. J’aurais seulement aimé découvrir une histoire différente de celle de Plateau.

Peut-être que si j’avais lu celui-ci en premier, c’est le suivant qui m’aurait déçu.

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