Lu! Hell.com, de Patrick Senécal.

30 septembre 2016

Lu! Hell.com, de Patrick Senécal.

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Daniel Saul est à la tête d’une puissante entreprise immobilière. Milliardaire imbu de lui-même, il enchaîne les succès. Le dernier en date, racheter des églises pour les transformer en lofts. Entre deux soirées dans le club échangiste le plus select de Montréal avec Marie, sa vice-présidente, il recroise la route d’un ancien camarade de classe. Martin Charron était un rebut, il est devenu un investisseur hors pair. Il est également membre d’un mystérieux site illégal répondant au doux nom de Hell.com. Hell.com, c’est le club le plus élitiste de la planète, où les hommes les plus riches du monde peuvent assouvir tous leurs fantasmes et leurs envies. Sexe, drogues, armes, pire, rien n’est impossible.

Le Vide m’ayant beaucoup plu, lire d’autres romans estampillés Senécal était une suite logique. Et comme j’en avais entendu beaucoup de bien, j’ai choisi Hell.com. Je m’attendais à du trash, et j’en ai eu. Ceci dit, je m’attendais à tout autre chose.

Le roman commence très différemment du Vide. Pas de flashback/flashforward dans Hell.com, mais une histoire linéaire. Celle de Daniel Saul, donc, héritier de la compagnie de son père. Un personnage à la fois proche de celui de Maxime Lavoie (à qui il est fait rapidement allusion) et complètement différent.

Après une enfance privilégiée et une vie toute tracée, Daniel est devenu un addict du pouvoir plutôt détestable. Il méprise les pauvres, les moches, et tous ceux qui ne font pas partie du club très sélect des grandes fortunes. Il s’ennuie et Hell.com lui offre la possibilité de repousser ses limites.

Mais Daniel n’est pas qu’un homme de pouvoir, c’est aussi le père de Simon, un ado perdu dont il a la garde. Pendant que Simon fout en l’air ses études et se replie de plus en plus sur lui-même, Daniel se promet de gérer, mais plus tard, là il a une soirée sexe extrême qui l’attend.

Daniel goutte, se laisse tenter, puis exciter par les expériences offertes sur le site. C’est trash, pas de doute là-dessus, très trash, même, pour certaines scènes. Puis, presque sans prévenir, Daniel bascule. Pas dans une spirale de violence dont il serait l’instigateur, non, mais tout le contraire.

Exit le PDG sûr de lui, insensible et immoral que je prenais un malin plaisir à observer briser les tabous. Et bonjour Daniel, le père inquiet, plein de remords, qui ne lésinera sur aucune bêtise pour tenter de se racheter. Ça reste trash, mais quelque chose s’est perdu en chemin.

Si le début du roman est agréable à lire, avec la découverte de ce personnage intrigant qu’est Daniel Saul et, encore plus, du mystère qui se cache derrière Hell.com, la seconde partie l’est beaucoup moins. J’ai trouvé que l’écriture perdait de sa noirceur brute pour devenir très scolaire ; que l’évolution de Daniel était, au mieux, bancale ; et qu’il y avait beaucoup de grosses ficelles pour arriver à un dénouement somme toute particulier.

J’aurais aimé avoir honte d’avouer que mon voyage dans Hell.com m’avait fasciné et provoqué cette jouissance malsaine que l’on éprouve à lire des horreurs. Patrick Senécal a une réputation de jusqu’au-boutiste, mais pas dans ce roman. Certes, plusieurs scènes sont violentes, voire très, très violentes, mais l’ensemble est, à mes yeux, teinté de la faiblesse du personnage principal.

Hell.com sera pour moi une déception. Des longueurs, d’heureuses coïncidences et une dernière partie très moyenne m’auront soufflé mon enthousiasme.

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