Lu! Inexorable, de Claire Favan.

1 mars 2019
Inexorable, de Claire Favant
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Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.
Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

J’ai beaucoup entendu parler de Claire Favan. Elle faisait partie de ma liste d’auteur(e)s à lire. Le Tueur Intime, puis Le Tueur de l’Ombre, Dompteur d’Anges, et j’en passe. Je voyais passer et repasser certains titres.

J’ai pourtant décidé de découvrir sa plume avec sa dernière sortie, Inexorable, qui recevait tous les éloges.

Malheureusement, j’ai rapidement compris que quelque chose allait clocher entre Claire et moi.

Au niveau de l’écriture, surtout.

Des petits détails, dans le choix des mots, parfois, dans la structure des phrases, aussi, dans les dialogues, surtout.

La façon dont les informations sont fournies qui alourdit une lecture autrement plutôt fluide.

Par exemple : « Avec un mouvement de recul explicite, Jean Flamand*, le benjamin de la bande, doté d’un physique potelé et de cheveux blonds, tirant sur le roux, coupés en brosse, s’étonne. »
*Ce qui me fait penser qu’il y a beaucoup de personnages secondaires, voire anecdotiques, qui sont nommés sans que ce soit nécessaire.

Il n’y en a pas une tonne, des phrases comme ça, et heureusement, mais il y en a quelques-unes et elles m’ont beaucoup dérangé.

L’auteure a pris le parti de raconter une histoire qui se déroule sur plusieurs années et, au début, utilise beaucoup d’ellipses. Ellipses qu’elle compense en surchargeant d’informations un texte autrement plutôt direct et concis. Le résultat est déséquilibré.

J’ai aussi eu du mal avec les dialogues. Comme souvent. Ici, je les ai trouvé dans l’ensemble faiblards. Le problème, c’est qu’ils représentent une grosse partie du texte. Plus les répliques sont longues, et moins elles sont crédibles, plus elles donnent l’impression d’avoir été écrites par l’auteur et non pour le personnage.

Le sujet, pourtant, m’intéressait. J’ai relu deux fois la préface de Gabriel Favan, le fils de l’auteure, que j’ai trouvé touchante et à laquelle j’ai été très sensible.

Mais l’histoire…

J’ai trouvé la première partie trop survolée, je n’ai pas eu le temps de m’attacher aux personnages, d’entrer dans leur tête, de m’impliquer émotionnellement. Sans compter le père, qui est à lui seul un amoncellement de clichés enchaînés avec une mièvrerie digne d’une mauvaise romance.

La deuxième partie, plus fournie, ne m’a pas plus convaincu. Le côté roman policier est presque grossier. Les ficelles sont énormes, les flics trop nombreux, les déductions/convictions/intuitions paraissent forcées, les justifications faciles, le tout pour une facette de l’histoire qui paraît presque secondaire.

La fin m’a déplu également. Je l’attendais forte, j’aurais dû y laisser mes tripes, mais je l’ai trouvée molle. J’aurais aimé que la psychologie des personnages soit mieux fouillée, qu’on puisse vraiment se mettre à leur place.

Peut-être que le style était trop direct, les chapitres trop courts pour pouvoir entrer dans la tête des personnages.

J’ai facilement tourné les pages, ceci dit, mais sans réel entrain.

Pour une première expérience dans l’univers de Claire Favan, je suis déçu. Il va sans dire que je m’attendais à mieux.

Je retenterai ma chance plus tard, sans doute avec Le Tueur Intime, en espérant que l’expérience sera plus probante.

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