Lu! Les Infâmes, de Jax Miller.

26 août 2016

Lu! Les Infâmes, de Jax Miller.

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Freedom Oliver est alcoolique et suicidaire. Témoin protégé du FBI, elle bosse dans un bar de routier miteux d’une petite ville en Oregon. Dix-huit ans qu’elle est là, après avoir été accusée du meurtre de son mari, un flic du NYPD. C’est finalement Matthew, son beau-frère, qui a écopé de 20 ans derrière les barreaux tandis que Vanessa, devenue Freedom, démarrait une nouvelle vie. Ses enfants lui ont été retirés et confiés à la famille d’un pasteur du Kentucky. Dès que Matthew sort de prison, il se lance à sa poursuite. Et en même temps, Rebekah, la fille qu’elle n’a jamais connue, disparaît.

Tout commence dans un champ où sont éparpillés les morceaux du corps de Rebekah. Un Shérif braque son fusil entre les omoplates de Freedom et s’apprête à faire feu.

Sacré teaser !

On revient une semaine plus tôt, quand Freedom n’est encore qu’une alcoolique planifiant son suicide à venir. L’anti-héroïne est torturée, aucun doute là-dessus. Cette femme s’est rebaptisée Freedom, mais c’est tout ce qui lui reste, car elle a tout perdu et s’interdit toute forme de bonheur. Elle garde malgré tout une certaine humanité et bienveillance envers certaines personnes.Elle peut s’occuper de sa voisine âgée dans une scène avant d’insulter des flics dans un accès de rage alcoolisé dans la suivante.

À l’opposée, la belle famille est presque clichée. La matriarche vulgaire, en énorme surpoids, qui trafic de l’héroïne ; ses enfants sont des drogués alcooliques vulgaires et violents, sauf Peter, qui est handicapé. Ils représentent le déclin des petites bourgades de banlieue paisibles,

Entre les deux, il y a la famille adoptive, dont la foi s’est récemment radicalisée. Repliée sur elle-même, la communauté religieuse a très vite des allures de secte.

Deux hommes flottent un peu autour de tout ça. Mason, le fils de Freedom, qui fait ses gammes en tant qu’avocat en défendant des crapules. C’est un des personnages qui m’a le moins convaincu. Je l’ai trouvé moins travaillé que les autres, peut-être par qu’il a moins de place pour se développer naturellement, peut-être parce que, parfois, il tombe un peu comme un cheveux sur la soupe.

L’autre c’est Mattley, un flic d’Oregon qui s’est entiché de Freedom. Je l’ai trouvé un peu niais, trop chevalier blanc. Ceci dit il s’avère bien pratique à plusieurs moments de l’histoire, peut-être un peu trop même.

L’histoire est à l’image des personnages : à la fois noire et torturée par moments, puis bancale et alambiquée par d’autres. Glauque, poussiéreuse et poisseuse, l’ambiance dépeinte par Jax Miller tient du très bon noir. Si l’écriture est parfois un peu fébrile, elle est brute. Pareil pour la construction, il y a du bon, des lignes claires et bien tracées, et des zones troubles qui se révèlent petit à petit. Mais il y a aussi des éléments qui tombent du ciel à point nommé, des déductions rapides, et des interventions fortuites.

Sans révéler son contenu, la fin m’a un peu laissé sur ma faim. Avec le préambule et l’ambiance générale, je m’attendais à quelque chose d’autre. De plus ambitieux, peut-être.

Je garderai un sentiment un peu mitigé de ce premier roman. J’ai aimé le noir et la lecture est dans l’ensemble plutôt agréable. Mais j’ai trouvé un peu trop de facilité dans l’histoire et j’aurais aimé une fin plus percutante. Il faut dire aussi que j’avais lu de très bons commentaires pour cette histoire, j’en attendais peut-être trop. En tout cas je surveillerai la prochaine sortie de Jax Miller pour me faire une meilleure idée.

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2 Comments

  • Hélène de Montaigu 6 septembre 2016 at 20:03

    Votre analyse est intéressante. Moi aussi cette histoire m’a laissée sur ma fin. Les personnages sont caricaturaux. L’intrigue est moyenne. Pour tout dire, j’ai eu du mal à accrocher.

  • Leo Rutra 6 septembre 2016 at 20:20

    Merci pour le commentaire, Hélène !

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